Love

permalien | Retour à la fiche artiste

> Love: pour certains historiens du rock friands d'anecdotes, on ne doit à Arthur Lee, leader de Love, que deux choses : la découverte des Doors et le look de Jimi Hendrix. Si une photo d'Arthur Lee période 65-66 suffirait ? vous convaincre de la véracité de la deuxième affirmation, la première est plus sujette à caution ; il n'empêche qu'en conseillant à Jac Holzman, alors directeur artistique d'Elektra, d'aller voir - et apprécier - le groupe de Jim Morrison dans un petit club de Venice, le London Fog, Arthur Lee a probablement causé en partie la perte (commerciale) de son propre groupe.

Eclipsé, entre autres, par le succès des Doors, le chef-d'oeuvre de Love, "Forever changes", sorti en 1967, n'obtiendra pas la reconnaissance que méritait son ambition. Il s'agit pourtant d'un album incroyable où se mêlent guitares doucement psychédéliques et arrangements de cordes somptueux. Sur "Alone Again Or", superbe introduction, cordes, trompette et guitare acoustique sont à l'unisson et nous entraînent vers des territoires où peu de groupes pop se sont aventurés depuis, à part peut-être les Beatles d' "A day in the Life" ou Left Banke sur "There's Gonna Be A Storm". Plus loin, on retrouvera de belles ballades comme "Old Man" ou "Andmoreagain" ou un gros comprimé de Vitamine C à consommer sans respecter la prescription, "Maybe the People Would Be the Time or Between Clark and Hilldale" (sic). Au menu côté paroles, Contes de la Schizophrénie ordinaire et psychédélisme de saison : ce n'est pas forcément en cela que le disque a le mieux vieilli.

Après un petit séjour en prison pour utilisation d'arme, Arthur Lee a reformé Love au début des années 2000. Pas de nouvel album, mais de grandes tournées, passant même pas la France, qui n'eut toutefois pas droit à l'heure à la relecture intégrale (avec orchestre) de "Forever Changes", immortalisée en DVD.

Arthur Lee s'est éteint le 6 août 2006, victime d'une leucémie, à l'âge de 61 ans. A titre posthume (forcément...), il convient de rééavaluer l'influence du trop discret guitariste Bryan Mac Lean, auteur de "Alone Again Or" en particulier et sans doute de beaucoup plus. Ce qui est sûr, c'est que Love a engendré une descendance assez séduisante, des Boo Radleys de "Spaniard" aux Pale Fountains de "Pacific Street", et même Belle and Sebastian, que certains esprits chagrins accuseront d'avoir décalqué leur splendide "Dog on Wheels" sur le "Maybe the people..." sus-cité. Mais ce serait bouder son plaisir d'avoir deux chansons splendides au lieu d'une...

Guillaume Sautereau

Discographie Sélective :

> Love (Elektra)

> Da Capo (Elektra) : Un album un peu psyché, qui mérite le détour, ne serait-ce que pour le parfait "She comes in colours". On peut d'ailleurs entendre une magnifique et (car ?) improvisée reprise de ce titre par Michael Head, leader des Pale Fountains, dans l'émission "You'll never walk alone", diffusée sur Arte il y a bien longtemps.

> Forever Changes (Elektra)
> Four Sail (Elektra)
> Out Here (Blue Thumb)
> Love Revisited (Elektra)
> False Start (Blue Thumb)
> Reel to Real (RSO)
> The Best of Love (Rhino)
> Love Live (Rhino)
> Studio/Live (MCA )
> Golden Archive (Rhino)

> Comes In Colours (Raven) : Une compilation qui reprend presque intégralement "Forever Changes" et les meilleurs autres titres du groupe.

> Love Story (Rhino) : Un joli coffret qui réconcilie avec les rééditions et autres compilations douteuses...

> Arthur Lee and Love (New Rose) : Un album globalement assez indigeste, que le miraculeux "Five String Serenade", repris plus tard par Mazzy Star, n'a pas sauvé des bacs des soldeurs...

 

  • Facebook
  • Twitter

Retour à la fiche artiste

les derniers articles


»» tous les articles
»» toutes les chroniques de disque
»» tous les posts du blog
»» tous les CR de concerts et festivals

les artistes