Pavement

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PAVEMENT

1992 : un petit bout de chandelle brûle discrètement sur la pochette d'un single dans les bacs indies. Avec "Trigger Cut" et "Summer Babe", deux mélodies simples et parfaites, Pavement signe une carte de visite prometteuse. Il ne faudra pas longtemps à ces américains de Stockton CA, pour affirmer un potentiel mélodique pressenti. Avec sa paire de guitaristes et son batteur déjanté, Pavement offre un Slanted and Enchanted, premier album d'exception, faussement je-m'en foutiste. Entre un "Loretta's scars" sautillant ou un "Here" religieux (que reprendront bien plus tard les Tindersticks), S. Malkmus et ses joyeux acolytes soniques soufflent le chaud et le froid, entre le souffre et le velours, la morsure et la caresse. Et dans la foulée, comme pour ne laisser souffler personne, arrive l'époustouflant "Watery Domestic", Ep 4 titres, qui asseoit définitivement le groupe.

Pavement détient la formule magique des mélodies bruitistes simples et efficaces : une guitare gronde dans le lointain, une autre miaule tout près, le rythme est calme et joyeux, la voix de S. Malkmus apaisante et fragile fredonne doucement. Si l'on met de côté le "Westing (by musket and sextant)" de 1993, fourre-tout expérimental et brouillon, Pavement revient réellement sur le devant de la scène en 1994 avec Crooked Rain, le toujours très attendu deuxième album. Exit G. Young le batteur, trop imprévisible au goût des autres membres du groupe, mais le talent reste indemne. Pourtant, les douze nouveaux titres brillants et enchanteurs apportent un fait nouveau : Pavement s'est assagi, et sa musique aussi. Loin de déplaire, on retrouve la même force mélodique, la même délicatesse musicale, la même naïveté originale.

Désormais, on attendra toujours Pavement avec impatience, avec anxiété aussi, se demandant toujours si le charme ne sera pas rompu, si la magie musicale opérera encore. Mais Pavement de décevra jamais. Suivront Wowee Zowee en 1995 et Brighten the Corners en 1997 : plus mélancoliques, encore et toujours irréprochables. Pavement garde la même ligne de conduite, la même constance, intégrant désormais au hasard quelques touches de clavier discrètes, quelques électrosons subtils, quelques notes de flûte. Avec son premier album, Pavement avait réintroduit l'accident, la surprise, la pirouette noisy. Au fil des années, l'aire de jeux s'est réduite. Trop souvent catalogué au rayon des cancres bruitistes, Pavement joue maintenant sur la pointe des pieds, dans la pénombre, le coeur à nu, la voix résignée et pathétique, désabusée. La musique de Pavement est unique. Chaque nouvel album n'est pas le meilleur, mais c'est celui que l'on préfère.


> Discographie :

> Slanted and Enchanted (Big Cat, 1992)
> Crooked Rain, Crooked Rain (Big Cat, 1994)
> Wowee Zowee (Big Cat, 1995)
> Brighten The Corners (Big Cat, 1997)
> Terror Twilight (1999)

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