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Concerts

The Raincoats – Silencio, Paris, 20 novembre 2014

A l’occasion de la sortie de son film “Eden”, belle évocation de l’époque des raves et de la French touch, le Silencio, club privé parisien, avait donné pendant une semaine carte blanche à Mia Hansen-Løve. L’occasion pour la jeune réalisatrice de programmer une sélection de films très variée et quelques concerts. Après Golshifteh Farahani (virtuose du piano avant d’être actrice, notamment dans “Eden”) et Chassol, et juste avant des DJ sets de Gilb’R ou Pedro Winter (alias Busy P, que l’on a croisé en repartant, avec son allure d’éternel ado), c’est un groupe culte – et appartenant à une autre époque – qui se produisait sur la petite scène, dans une ambiance forcément intimiste : The Raincoats, qui n’ont plus sorti d’album depuis près de 20 ans, mais continuent à se produire sporadiquement en live (on se souvient d’un passage au BBmix il y a quelques années).

The Raincoats

Pas grand-chose à voir avec la house garage et les tubes de Daft Punk qu’on entend dans “Eden”, a priori. Certes, mais ceux qui ont vu le premier film de Mia Hansen-Løve, “Tout est pardonné”, se souviennent peut-être qu’on y entendait plusieurs morceaux (dont leur reprise du “Lola” des Kinks) de la formation post-punk féminine britannique, considérée comme une influence sur le mouvement “riot grrrl”, célébrée dans les années 90 par Kurt Cobain ou Sonic Youth. Une histoire de connexion, sans doute, via Olivier Assayas (compagnon de Mia et présent lui aussi ce soir-là) et son frère Michka : sur la couverture de son recueil d’articles “In a Lonely Place, Ecrits rock” paru il y a un peu moins de deux ans aux éditions Le Mot et le Reste, on le voit tout sourire à côté de deux membres du groupe. Une photo prise à Londres en mai 1980 par Pierre René-Worms (deux autres clichés du groupe figurent dans son recueil « New Wave », avec textes du même Michka Assayas et de François Gorin).

The Raincoats

Ces deux musiciennes, Ana da Silva et Gina Birch, fondatrices des Raincoats, on les retrouve 34 ans plus tard sur la petite scène du Silencio. Une formation en duo minimaliste : les deux au chant, la première à la guitare, la seconde à la basse ou à la deuxième guitare, quelques bandes et effets, et c’est tout. Le set de trois petits quarts d’heure mêle des morceaux des débuts à d’autres plus récents, sans qu’ils se différencient vraiment. C’est toujours la même approche : pas de jolies chansons façon girls band, plutôt des expérimentations volontiers grinçantes, d’où émergent parfois une mélodie, quelques mots, un crescendo qui nous happent. “Beaucoup de morceaux parlent de l’oppression”, remarque Gina, mais on constate surtout que la musique des Raincoats n’a rien perdu de ses vertus libératoires. Impermébale aux modes, si l’on peut se permettre ce mauvais jeu de mots, et peut-être réservée à quelques happy few, certes. En tout cas, ce soir-là, on était heureux de faire partie du club.

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