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9/04/2008 - 16:14 par Luc TaraminiUne fois n'est pas coutume ce n'est pas de musique dont j'ai envie de parler mais de photographies. Celles de Saul Leiter précisément. L'exposition des clichés de cet Américain à la Fondation Henri-Cartier Bresson s'achève le 13 avril et il ne restera bientôt plus que le catalogue d'expo pour pleurer. Pleurer de bonheur en voyant ses clichés en couleur. Ceux pris autour des années 60 dans un New York qui n'est plus avec grosses berlines et vitrines de drugstores saturés de publicités à l'ancienne. Affectionnant les reflets, les cadrages alambiqués, les flous maîtrisés, il donne à ces photos une impression onirique d'une réalité pourtant banale (il avoue ne pas courir le monde mais simplement faire le tour de son quartier avec son appareil en bandoulière). A quelques exceptions près, la salle consacrée aux clichés noir et blanc n'offre qu'un intérêt relatif. Beaucoup de sujets convenus mais au milieu quelques perles jouant sur la vitesse, le flou, le grain comme cette photo célèbre des chapeaux rappelant les images heurtées de Cassavetes dans "Shadows".
Avec la couleur, Saul Leiter a trouvé son langage. Celui d'un graphiste qui pense volume et masse, qui fait dans la suggestion plutôt que dans le descriptif ne fermant aucune porte sur ce que le spectateur croit voir. Il n'y a pas de lien direct avec la musique et pourtant, à plus d'un titre, le travail de Leiter entre en résonance avec les pochettes de disques de jazz d'Atlantic (celles de Mingus…) ou encore les photos plus tardives d'un Henry Fritz pour Elektra Records ("Morisson Hotel"). Courte et intense, cette expo consacrée aux travaux personnels d'un homme qui n'avait aucun goût pour la notoriété, même s'il fut photographe de mode, fait l'effet d'une bonne claque. On ressort groggy, avec l'envie de bouder sa palette graphique et ses filtres Photoshop pour jeter un oeil neuf sur tout ce qui nous entoure et si possible à ras du sol. Finalement, en tant que photographe, Leiter était plutôt un bon peintre, rêveur et insaisissable.
Posté dans Humeur | 2 commentaires »- Le 09/04/2008 - 16:54 par Vincent A.
Pas vraiment besoin de courir le monde quand on habite New York,
le monde est déjà au coin de la rue. Weegee, autre
photographe de génie récemment exposé
à Paris, l'avait bien compris. La superbe photo sur la
pochette de "I'm Your Man", le tribute à Leonard
Cohen sorti au début des années 90, c'était
lui. - Le 09/04/2008 - 16:20 par Luc
I know i know.
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