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Disques

John Frusciante – Curtains

JOHN FRUSCIANTE – Curtains
(Record Collection) – achetez ce disque

JOHN FRUSCIANTE - CurtainsEnregistrer six albums en six mois, les publier dans la foulée : tel était le but que John Frusciante s’était fixé début 2004. Pari tenu : nous voici en 2005 et "Curtains", nouvellement dans les bacs, vient clore en beauté le cycle. Qu’on ne se méprenne pas sur l’à-propos d’un tel challenge : ni caprice de star, ni pause récréative entre deux disques des Peppers, cette suite d’enregistrements s’est présentée comme l’aboutissement logique d’une pratique de musicien et d’homme, qui envisage son travail comme prolongement naturel de la vie, geste esthétique à part entière.
Forcément inégale, au risque parfois du délayage, la série a pourtant offert son lot de surprises, dont ce disque n’est pas la moindre : après les expérimentations des précédents opus, leur électricité patente, Frusciante retrouve une approche cosy et acoustique, ce qui ne veut pas dire forcément folk. Enregistré chez lui sur un antique 8-pistes à bandes, "Curtains" dégage une chaleur et une intimité toutes particulières, accentuées ici et là par de subtils arrangements (piano, melodica ou encore mellotron). La plupart des chansons, toutes assez brèves, sont immédiatement séduisantes, mais suffisamment trompeuses pour ne se révéler totalement qu’au bout de plusieurs écoutes. Se détachent d’emblée "Lever Pulled", le bien nommé "Ascension" et ses chœurs magnifiques, presque gospel (assumés par Frusciante lui-même, comme sur tout le disque) ou encore "Anne", sa modulation mélodique venue de nulle part et son final de guitares éblouissant. Mais on est bientôt tout autant séduit par la puissance nue de "Control", "The Real" ou "A Name". Enfin, "Leap Your Bar", avec son piano tout en délicatesse insinuante, n’est pas sans rappeler Sophie Moleta, et donc Kate Bush (pour ceux qui s’en souviennent…). Les textes, comme d’habitude avec Frusciante, sont très peu distanciés, d’une sincérité presque effarante. Ce qu’il nous raconte n’est pas franchement gai, il y a même de fortes chances pour que ce soit douloureux, et pourtant on se sent curieusement réconforté, accompagné par cette voix solitaire et fervente, qui nous parle de perte de soi, de peur et de l’étonnement sans cesse renouvelé d’être au monde.

Mikaël

The Past Recedes
Lever Pulled
Anne
The Real
A Name
Control
Your Warning
Hope
Ascension
Time Tonight
Leap Your Bar

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