Les lecteurs de POPnews ont désigné un groupe belge comme grand vainqueur de l'année 1999. Retour sur une année musicale très riche pour la Belgique en compagnie de Charles, notre correspondant local.
A tout Seigneur tout honneur, il serait totalement inconcevable de débuter un bilan, non exhaustif, je m'empresse de le préciser, de la cuvée 99 du rock belge sans commencer par Arno. Le plus francophone des Flamands, plus que jamais proche cousin du regretté Serge Gainsbourg pour ce qui du look, a encore une fois séduit avec son "European Cowboy". Fidèle à son image, Arno Hintjens propose à tout un chacun de parcourir cet univers à la fois naïf et mélancolique qui est sa marque de fabrique. Toujours aussi déjanté, toujours aussi imprégné par le blues, l'Ostendais n'a pas livré l'an dernier, c'est vrai, sa meilleure production. Il n'en reste pas moins que "European Cowboy" est un bon album. En soit, c'est déjà pas SI mal.
Le meilleur n'est pas venu d'Ostende, mais d'un peu plus au Nord, toujours sur le littoral. Début 99, les Anversois de dEUS se signalent au bon souvenir de tout le monde avec leur troisième album : "The Ideal Crash". Le fameux troisième album que les "spécialistes" qualifient souvent de décisif. Et le moins que l'on puisse dire, câest que dEUS a passé son examen de maturité avec brio. The Ideal Crash révèle un groupe adulte où la fougue de la jeunesse, où la témérité des premiers jours est désormais parfaitement maîtrisée. Cependant, le grain de folie des débuts est toujours perceptibles et le son dEUS clairement identifiable. "The Ideal Crash" joue les séducteurs et emmène lâauditeur vers des contrées que le rock nâavait peut-être encore jamais exploré. Hissé au rang de guide de la nouvelle génération en Belgique, dEUS se paye en 99, le luxe de franchir les frontières et de séduire lâensemble du Vieux Continent. De la Scandinavie à l'Espagne, de la Bretagne, voir de la Perfide Albion, aux lointains contrées des pays de l'Est, les fils prodiges du Plat Pays se sont fait un nom parmi les grands.
A la lecture de ce qui précède, on pourrait croire que l'année rock 99 en Belgique s'est limitée à la percée de dEUS. Il n'en est rien. Au contraire, 1999 a fait rimer qualité et quantité au pays du Manneken Pis. La scène anversoise a véritablement explosé avec les albums de Zita Swoon, de Kiss My Jazz (le dernier puisque le groupe de Stef Kamil-Carlens a décidé de mettre fin à son existence) et de Daan, trois formations et artistes de près ou de loin liés à ce que l'on peut appeler le courant "dEUS". Soulwax, bien que le deuxième album de ces Gantois soit sorti fin 98, a également tiré son épingle du jeu lâan dernier. Câest incontestablement sur scène que les Dewaele Brothers sont les plus impressionnants. Tous les ingrédients d'une bonne soirée sont à l'affiche lors de leurs concerts : strass et paillettes, jeu de scène, puissance musicale et surprises sont au rendez-vous.
Enfin, comment ne pas avoir été séduit par quelques "rookies" de la scène belge. Sharko par exemple. Avec son album Feuded, David Bartholomé apporte au rock belge encore un peu plus de folie. Le concept est plus qu'intéressant, une sorte de croisement entre dEUS, David Thomas (?) et un zeste d'Arno, et sur scène, le bonhomme se révèle complètement déjanté. Autre révélation : Vénus. Ces cinq gaillards ont fait mouche avec leur premier album intitulé "Welcome To The Modern Dance Hall" enregistré en Italie, qui leur vaut d'ailleurs d'être invité pour une Black Session dans la prestigieuse émission de Bernard Lenoir sur France Inter. Les curieux auront tout le loisir de juger la musique de Vénus puisqu'ils vont arpenter les routes de France dans les semaines à venir. Entièrement acoustique, leur production n'est cependant pas une pâle copie de ce que propose Louise Attaque.
Vu le bilan 99, on peut légitimement se demander ce que le rock belge va réserver pour l'an 2000. Des surprises. De bonnes surprises…
Charles Van Dievort
POPnews, webzine jeune et joli
