2007 : le bilan

20/01/2008, par | Bilans annuels |
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Cette année, The National ne réédite pas l'exploit de 2003 avec son deuxième album, qui avait dominé notre classement, mais échoue de peu à la deuxième place, distancé de quelques points par la déroutante PJ Harvey...

PJ HARVEY - White Chalk

PJ Harvey - White ChalkTout au long de sa (désormais longue) carrière, PJ Harvey a évolué. La sauvageonne du Dorset était devenue bête savante, chanteuse de cabaret décadent, dangereuse femme fatale, et rockeuse vieillissant avec grâce. Elle revient cette année en lady victorienne, anglaise jusqu'au bout des ongles, gracile, fragile, sans artifice et irrésistible. Elle a changé les règles : moins de guitares, un piano minuscule mais agile, une voix haut perchée, et des chansons enregistrées comme dans le salon de sa maison du Dorset. Pour cet album somptueux, PJ s'est remise en question et ça lui va bien. Ses chansons ont gagné en émotions ce qu'elles ont perdue en amplification, elles hantent l'espace plus qu'elles ne l'envahissent. Cette année, au détour de "Silence" et de "Mountain", je suis retombé amoureux de Polly Jean. (GLP)

 

THE NATIONAL - Boxer

The National - BoxerDe leurs premiers concerts hasardeux dans une Guinguette Pirate bondée, jusqu'aux consécrations live devant 3000 personnes et plus, Matt Berninger et sa troupe sont entrés, mi-rage mi-douceur, dans le coeur de beaucoup. Repéré dès la première heure par POPnews, à qui il offrit même un morceau pour la compilation POPvolume#4, The National a régulièrement pris une place de choix dans nos top ten de fin d'année. C'est donc en toute logique que le dernier né, un "Boxer" plutôt amoché mais attachant, se retrouve en haut du classement, uniquement coiffé au poteau par une PJ Harvey avec qui le groupe partage intensité et honnêteté. Plutôt portées à la mélancolie, comme exsudées d'une fatigue existentielle tenace, les mélodies de "Boxer" ne jouent pas au plus malin : à coup d'accords amples et simples, et portées par un chanteur éploré mais jamais démonstratif, elles atteignent le plus sûrement du monde leur cible. (GLP et DL)

 

THE INNOCENCE MISSION - We Walked in Song

The Innocence Mission - We Walked in SongUn peu de douceur dans un monde de bruit. Voilà l'effet que m'a fait "We Walked In Song", le dernier album en date du trio de The Innocence Mission. Une sorte d'achèvement musicale d'une longue quête, engagée il y a presque deux décennies - et une douzaine d'albums - par Karen Peris et ses boys. Dans ce disque tout est magnifique, le velours des voix, la ligne claire des guitares, la grâce des mélodies. Jamais l'épure n'a été aussi finement travaillée, comme en témoignent les six premiers diamants de ce disque. Rien à jeter, tout est parfait. Le monde peut vaciller, pourvu qu'une platine joue à tue-tête "Brotherhood of Man" ou "Into Brooklyn, Early in the Morning" longtemps, longtemps. (LT) 

 

LONEY, DEAR - Loney, Noir

Loney Dear - Loney Noir Pour moi, cette année était l'année de Loney, Dear. En 2007 j'ai écouté (souvent en boucle) les quatre albums d'Emil et je ne me suis pas ennuyé une seule seconde. Je les connais désormais par coeur mais ils me surprennent toujours et un titre comme "Saturday Waits" m'émeut à chaque écoute. Construit couche sonore après couche sonore, laborieusement, artisanalement avec une obsession pour les harmonies et une dévotion pour les mélodies qui font mouche, "Loney, Noir" est sans nul doute le meilleur disque de l'année et possiblement le meilleur disque de 2008, de 2009 et même de 2010. Ou bien est-ce "Sologne" ? A moins qu'Emil ne sorte enfin un nouvel album. (GLP)

 

PIANO MAGIC - Part-Monster

Piano Magic - Part MonsterAvec un album taillé pour la scène sous le bras, 2007 aurait dû être l'année Piano Magic : des salles de concert débordant de fans en furie et Paul Banks d'Interpol se prosternant aux pieds de Glen Johnson pour mendier une première partie. Hélas, ce ne fut pas plus le cas pour "Part-Monster" en 2007 que pour "Disaffected" en 2005. Le groupe avait pourtant mis toutes les chances de son côté, incluant ici une version retravaillée et imparable de "Incurable", ou s'acoquinant avec Simon Rivers (The Bitter Springs, déjà présent sur "Low Birth Weight") et Terry Edwards (Gallon Drunk) pour le superbe et long en bouche "England's Always Better", bref, en sortant un très bon album. Piano Magic demeure un groupe (trop) culte, et c'est vraiment trop injuste. Cinquième, quand même.(GS)

 

 

ELECTRELANE - No Shouts, No Calls

Electrelane - No Shouts No CallsChant du cygne pour les quatre demoiselles de Brighton, qui se découvrirent in extremis bêtes de scène pour défendre "No Shouts, No Calls" (en particulier pour ce concert à la Cigale lors du Festival Les Femmes s'en Mêlent que peu de personnes présentes oublieront, y compris elles). Une épitaphe discographique sans révolution, certes, mais sur laquelle on retrouve tout ce qui faisait le sel de la musique d'Electrelane, de l'envie et de la passion, des mini-hymnes à reprendre à tue-tête, du calme et de la fureur. Comme jet d'éponge, on a vu moins digne.(GS) 

 

THE SHINS - Wincing the Night Away

The Shins - Wincing The Night AwayAvec le handicap d'être sorti en début d'année et donc de s'exposer à un oubli injuste, ce troisième album des Shins réussit tout de même à se hisser dans notre top 10. Même si on peut reprocher à James Mercer de s'être parfois laissé aller à user de plus grosses ficelles que par le passé, l'homme n'a pas faibli au moment de l'album de la confirmation et "Wincing the Night Away" n'en reste pas moins un disque bourré de mélodies en or massif, dont les refrains vont se coller au fond de la boîte cranienne dès la première écoute. Un album ouvertement pop, avec du style, et un style singuler. (GS)

 

ANIMAL COLLECTIVE - Strawberry Jam

Animal Collective - Strawberry JamDifficile bouillie pour les uns, mixture éminemment goûtue pour les autres, ce "Strawberry Jam" ne manque en tout cas pas de saveur. Décidément peu enclins au vieillissement prématuré, les jeunes fous d'Animal Collective balancent un disque d'une énergie positive folle, qui irradie le monde de sa bonne humeur improbable mais ô combien communicative, tout en mettant une sacrée gifle à qui veut bien les entendre de la bonne oreille. Ceux-là tendront la joue droite avec grand plaisir. (JCD) 

 

AU REVOIR SIMONE - The Bird of Music

Au Revoir Simone - The Bird of MusicLes filles ont du coffre ou plutôt elles ont UN coffre. Un coffre à jouets plein de clochettes et de claviers antiques dans lequel elles piochent pour accessoiriser leurs poupées/chansons. Moins pimbèches que les Pipettes, plus intéressantes que The Concretes, plus douce que The Organ (dont elles mériteraient pourtant le nom) et plus abordable que Printed Circuit, elles réussissent sur cet album à confirmer les espoirs investis dans leur précédent opus et naviguent à l'envie entre electro lounge, krautrock et dark wave. Un album léger pour 2007.(GS)

 

THE CORAL - Roots and Echoes

The Coral - Roots & EchoesPeut-on trouver subitement l'inspiration quand celle-ci n'a jamais fait de grandes gerbes d'étincelles ? The Coral prouve que oui avec ce magnifique "Roots & Echoes", leur quatrième album en date qui relance la machine quelque peu embourbée d'un groupe pop anglais de seconde division. A coups d'influences hétéroclites regardant dans le rétro - de la pop moelleuse des sixties, de la northern soul à la sauce américaine, du rock old school - The Coral parvient à tirer un disque pop ouvragé aussi intemporelle que vivifiant. En mode mineur ou majeur, le feu de l'inspiration crépite sur la plupart des morceaux servis par des guitares rugueuses, des arrangements vintage et un chant exalté aux inflexions "morrisoniennes". Les meilleurs artisans pop 2007 ? (LT) 

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