2007 : le bilan

20/01/2008, par | Bilans annuels |
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Quelques concerts qui nous ont transportés cette année.

Tortoise + The Ex, Maison des arts, Créteil, 16 février

Sur le papier, le mariage n'allait pas forcément de soi. D'un côté, les Bataves de The Ex, anarcho-punks curieux de musiques d'ailleurs (Ethiopie, notamment), menant depuis la fin des années 70 une carrière d'une rectitude admirable. De l'autre, les Chicagoans de Tortoise, qui après avoir révolutionné le rock au milieu des années 90, s'étaient fait un peu oublier. Au final, on aura vu ce soir-là trois concerts époustouflants : un de The Ex, intense, percutant, sans concessions ; un de Tortoise, virtuose, audacieux, parfaitement maîtrisé ; et un dernier rassemblant les deux groupes et tous ces qualificatifs, qui aura fait reculer encore davantage les limites des musiques amplifiées. (VA)

Meeting People is Easy, le Divan du Monde, Paris, 17 mars

Franchement, avec le recul, cette affiche était exceptionnelle ; pas de grands noms, bien sûr, mais tout de même : une introduction avec Encre à la kora, Thee Stranded Horse, l'un des meilleurs disques made in France de l'année et une superbe invitation au voyage. Ensuite monte sur scène Dale Grundle, alors seul membre de son projet The Sleeping Years ; l'homme n'a pas chanté sur scène depuis des lustres, mais le miracle est bien là : les chansons sont magnifiques, la voix toujours aussi chancelante. A tel point qu'on aura suivi la plupart des ses apparitions parisiennes (dont un autre concert mémorable de subtilité au 1bis à Ivry où il était accompagné de Michelle, sa contrebassiste). Et, en guise de clôture, c'était un bonheur de se laisser porter par les vagues de l'Adriatique que nous concoctaient, derrière leurs machines, les trois membres du groupe electro italien Port-Royal (encore une fois, un des meilleurs albums de l'année dans sa catégorie). (ChD)

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Bonnie "Prince" Billy, le Trianon, Paris, 19 mars

Particulièrement rare sur nos terres, Will Oldham n'aura eu aucun mal à remplir le Trianon en cette fin d'hiver. D'abord seul, ensuite accompagné par une violoniste, puis par le guitariste un peu ours et white trash qui assurait sa première partie (Sir Richard Bishop), le barbu de Louisville donna pendant une heure et demie un récital piochant dans sa pléthorique discographie et ses nombreux pseudonymes, entre petits classiques ("I See a Darkness", "Horses", sublimes) et perles méconnues, plus une poignée de reprises. Le tout sans que la monotonie ne pointe jamais le bout de son nez. Ce soir-là, malgré une technique instrumentale quelque peu limitée (ce dont il s'excusera d'ailleurs), Bonnie "Prince" Billy fut à la fois bouleversant et drôle, l'artiste nous faisant découvrir entre les morceaux un humour pince-sans-rire qu'on ne lui connaissait pas. 
(VA)

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Joanna Newsom, la Cigale, Paris, 16 avril

Malgré tout le bien qu'on pouvait penser de ses disques ("The Milk-Eyed Mender" et l'ambitieux "Ys"), il était impossible de prévoir le succès d'un tel concert.
La luxuriance orchestrale de "Ys" allait-elle passer la rampe ? Le charme acidulé de la voix capricieuse de Joanna Newsom saurait-il provoquer plus qu'une émotion attendrie ? Les sceptiques ont pu s'en convaincre eux-mêmes : voix impériale et imprévisible, grande tenue de scène du quatuor, le "Ys Street Band" formé pour l'occasion (harpe, violon, caisses claires, mandoline), grâce absolue de la présence de la musicienne, chaleureusement applaudie après chaque morceau de bravoure. Et pour ne pas laisser douter de l'avenir, une magistrale version du rare "Colleen", présent sur un récent EP. Une artiste a rencontré son public.(DL)

Low, Black session, Maison de la Radio, 23 avril

En introduction à cette Black session, sans doute l'une des meilleures de l'année, Bernard Lenoir a très justement présenté Low comme un groupe qui ne triche pas : la violence cathartique de certains morceaux, notamment ceux du dernier album (pourtant assez loin du hardcore ou du metal), m'a presque mis mal à l'aise. Un peu comme Godspeed, mais en plus désespéré et oppressant encore. Comment ne pas avoir la chair de poule quand Alan, après un long solo de guitare à faire grincer les dents de Ian Curtis, retourne derrière le micro et chante "All the babies… are gonna die" ? Même si la sérénité n'est pas absente de leurs chansons, notamment quand Alan et Mimi unissent leur voix (le bassiste les rejoint parfois), et si le couple fait même preuve parfois d'un humour pince-sans-rire, l'impression qui prévaut est celle d'une violence sourde, tout entière contenue dans le titre du dernier album, "Drums and Guns". 
(VA)

Lire la chronique de "Drums and Guns"

Le concert de l'année ! Le genre de moments incroyables où l'on se dit quand ils se terminent : "quelle chance j'ai eu d'y être..."
Dans un show totalement barré, Kevin Barnes et sa clique d'allumés en font voir de toutes les couleurs à l'audience réduite (mais ô combien chanceuse ! ) de la petite salle rennaise. Intimidé, l'auditoire n'ose pas approcher de trop près l'arène des fauves. Qu'à cela ne tienne, si tu ne viens pas à Kevin Barnes, Kevin Barnes viendra à toi... Voilà le chanteur en combinaison-bas résilles qui descend dans la fausse tout en continuant sa chanson... Au passage, il embrasse quelques nénettes effarouchées... Remonte sur scène pour la suite de cette performance hors pair. Deux heures et demie de délire total. On ne sait plus où donner de la tête... ni des oreilles... L'Ubu grouille de curiosités en tout genre : vidéos psychédéliques à rendre fou un psy projetées sur les murs, déguisements farfelus (un ange, un Russe, un androgyne, une lapine et le maître de cérémonie, Mr Barnes en kimono, bas résilles et bottes de sept lieues bleues), sans compter les multiples petits actes individuels et givrés (chant du haut d'un escabeau et j'en passe) et la musique qui part dans tous les sens. Au royaume des fous, les Of Montreal sont rois. On ne rêve alors que d'une chose : faire partie de leurs sujets...
(MG)

Lire la chronique de "Hissing Fauna, Are You the Destroyer?"

CocoRosie, Art Rock, Saint-Brieuc, 27 mai, Garden Nef Party à Angoulême, 21 juillet, le Diapason, Rennes, 26 septembre

Pas vraiment taillée pour les stades, la musique enfantine des soeurs CocoRosie passe pourtant bien en festival. Bien sûr, on préfère savourer cet instant féérique, seuls avec elles dans la petite salle confinée du Diapason où elles ont installé une table avec deux tasses à thé et une théière... Il n'empêche : une prestation de CocoRosie, qu'elle se passe devant 500 ou 10 000 spectateurs, c'est toujours magique. La complicité entre les frangines est palpable et est pour beaucoup dans le charme qu'elles développent. Leur univers onirique et infantile prenant des allures différentes à chaque spectacle (nouveaux costumes, nouveaux décors, nouvelles vidéos, nouvelles setlists), on ne s'ennuie jamais avec ces musiciennes du jouet restées bloquées en enfance. Un enchantement ! 
(MG)

Lire la chronique de "The Adventures of Ghosthorse and Stillborn"

Durutti Column, festival Primavera, Barcelone, 2 juin

Loin de l'image d'autiste neurasthénique qu'il se trimballe depuis près de trente ans, Viny Reilly est un type qui prend son pied sur scène. Enfin, peut-être pas autant que Bruce Mitchell, son fabuleux et fidèle batteur. Un bassiste et, sur les derniers morceaux, une chanteuse métisse complétaient le line-up, qui nous offrit sous le soleil de Barcelone une heure de musique d'une beauté forcément rare. 
(VA)

Lire la chronique du concert du 3 septembre 2005 au Forum Des Images

Steely Dan, Grand Rex, Paris, 10 juillet

Le prix élevé des places pour ce concert de Steely Dan pouvait se justifier par le caractère événementiel de leur passage (ce groupe qui ne fut longtemps qu'une entité de studio avait-il même déjà joué en France ?), le nombre important de musiciens et de choristes présents sur scène, et leur exceptionnel niveau de jeu. C'est clair, on était venu là pour écouter de la musique, pas pour discuter avec son voisin (qu'on ne connaissait pas, d'ailleurs) en sirotant une bière tiède. Et on a été servi : un son parfait, pas une note de travers, des solos aux petits oignons. Evidemment, Steely Dan est un groupe de pervers pour pervers, cachant derrière un son poli à l'excès des abîmes de noirceur. Mais aussi des émotions vraies au détour d’un changement d’accord subtil, et c'est bien ce qu'on était venu chercher, loin d'une démonstration stérile de virtuosité jazz-rock pour démonstrateurs de chaînes hi-fi, à laquelle certains sourds aimeraient encore réduire la paire Becker-Fagen. Le fabuleux "My Old School", en finale d'un concert qu'on aurait évidemment voulu deux fois plus long, nous restera ainsi dans la tête pendant plusieurs jours. 
(VA)

Björk, Rock en Seine, Saint-Cloud, 26 août

Grande revanche scénique de l'Islandaise, après la sortie de "Volta", album plus ou moins chaleureusement accueilli. Attendue en star de clôture de Rock en Seine, elle n'aura pas déçu. Derrière les oripeaux visuels (oriflammes animalières, jeu de runes, lasers, robe impossible), une majesté vocale intacte, une énergie dévastatrice (les morceaux sont enchaînés sans que la voix ne fléchisse), une capacité à faire alterner gigues disco et ballades prises dans le givre (un majestueux "Pagan Poetry") qui laissent franchement pantois. Faisant basculer progressivement son univers du poético-onirique à la transe punkoïde ("Raise your flag...higher...higher"), elle assume parfaitement la versatilité de son inspiration et renoue avec les tendances les plus "techno Castafiore" de son répertoire, ce qui est redevenu un splendide compliment. 
(DL)

Lire la chronique de "Volta"

Bertrand Belin, JP Nataf et Bastien Lallemant, festival Le Festin, au Saint-Patrick, Bleury (Yonne)1er septembre

Première édition d'un festival campagnard avec un banquet digne d’Astérix (mais avec des bardes sans bâillon) et une triple affiche (au Saint-Patrick, un café-concert convivial à Bleury) réunissant Bertrand Belin, l’ex-Innocents JP Nataf et Bastien Lallemant. Représentant ce que la chanson d’ici peut offrir de plus subtil et enthousiasmant, les trois artistes se connaissent, s’apprécient et jouent parfois ensemble. Ce fut le cas ce soir-là : après trois sets individuels, ils interprétèrent en trio (plus un batteur équipé de casseroles et marmites !) quelques chansons de leurs répertoires respectifs. L'une des soirées les plus conviviales et chaleureuses de cette année. 
(VA)

Yo La Tengo, le Trabendo, Paris, 11 septembre

Deux heures : il fallait au moins ça pour donner une juste idée de l'oeuvre de Yo La Tengo, l'une des plus profuses, variées et aventureuses de l'indie-rock américain de ces vingt dernières années. Ce soir-là, au Trabendo, on aura donc entendu aussi bien des ballades dignes des Kinks que des dérives électrocutées sorties de la cuisse du Velvet, des covers de rock garage que du slam mutant faisant se rencontrer Sun Ra et les Last Poets. Goût du risque, passion intacte, humilité, humour pince-sans-rire ("il paraît que votre nouveau président est ami avec le nôtre, j'espère que ce n'est pas vrai") et respect du public (des fans de longue date, pour l'essentiel) : les ingrédients d'un concert réussi, pour ne pas dire unique - le trio d'Hoboken est de toute façon connu pour ne jamais jouer les mêmes morceaux d'un soir à l'autre. 
(VA)

Lire la chronique de "I Am Not Afraid of You And I Will Beat Your Ass"

Arcade Fire, Garden Nef Party à Angoulême, 21 juillet

La réputation sur disque d'Arcade Fire étant à mes yeux un peu surfaite, c'est avec beaucoup d'interrogations que j'appréhende leur prestation scénique. C'est avec de nombreuses réticences que je vois s'installer toute une panoplie de pupitres et enseignes lumineuses à l'effigie de leur "Neon Bible". Mais dès les premières notes, toute crainte est dissipée. Le dispositif scénique est à la hauteur de l'évènement. La troupe canadienne n'a pas son pareil pour distiller une joyeuse ivresse musicale. La quinzaine de musiciens présents sur scène festoie dans un joyeux bordel. Les instruments tournent. Les images captées en temps réel diffusées sur l'écran géant couvrant le fond de scène permettent d'apprécier pleinement la performance de Régine Chassagne à la batterie qui fait passer Meg White pour une enfant de choeur ! S'il y a un endroit ou le feu prend avec Arcade Fire c'est bien sur scène. Arcade Fire, il faut les voir pour le croire... (M. G.)

Lire la chronique de "Funeral"
Lire l'interview de 2005

LCD Soundsystem, Garden Nef Party à Angoulême, 21 juillet, et Route du rock à Saint-Malo, 17 août

Au Garden Nef Party festival d'Angoulême, en juillet, LCD Soundsystem avait livré en clôture un concert d'une puissance phénoménale. Programmés encore plus tard à la Route du rock (ils sont arrivés sur scène à 2 h 30 passées), le débonnaire James Murphy et ses acolytes ont réussi à faire aussi bien, faisant danser comme des possédés des festivaliers pourtant éreintés (dont l'auteur de ces lignes). LCD sur scène en 2007, c'est peut-être la fusion la plus aboutie (et la plus intelligente) entre l'énergie du rock et celle de l'electro qui tabasse. De loin le meilleur son de tout le festival (que Murphy est même allé vérifier dans le car-régie de Radio France !), pour un set conçu comme un mix techno, avec des montées auxquelles il est impossible de résister. Le génie de ce groupe, c'est de se reposer autant sur les machines que sur l'huile de coude et la présence humaine. De ce point de vue, James Murphy, malgré un jeu de scène réduit à l'essentiel, est sans doute l'un des plus grands performers actuels. Combien de producteurs peuvent en dire autant ? 
(VA)

Sonic Youth, festival Primavera, 2 juin, Route du rock, 17 août, festival de jazz de la Villette, Paris, 29 août

Pas d'album en 2007 pour Sonic Youth (juste celui de Thurston Moore, très plaisant et aux guitares étonnamment assagies), mais quelques concerts événements qui auront montré que ces vétérans étaient aussi pertinents aujourd'hui qu'hier. Dix-neuf ans après sa sortie, les New-Yorkais auront ainsi joué dans son inégralité leur grand oeuvre (aujourd'hui archivé à la bilbiothèque du Congrès !), le double album "Daydream Nation", avec ses sommets presque pop ("Teenage Riot", "Candle"), ses plaines mystérieuses, ses gouffres dangereux… Loin de toute nostalgie, le groupe, vu à Primavera et à la Route du rock, est apparu régénéré, prêt à repartir pour vingt ans de plus.
On a retrouvé les Américains fin août à la Villette, accompagnés de l'ex-bassiste de Pavement Mark Ibold et de trois musiciens de free jazz. Le concert s'est ouvert par une impro de... 45 minutes, délire bruitiste parfois éprouvant, où l'on avait du mal à distinguer le n'importe quoi du génie. Heureusement pour ceux qui étaient avant tout venus écouter Sonic Youth, le groupe livra une deuxième partie nettement plus proche de leurs concerts habituels. Avec, en finale, le génial "Expressway to Your Skull" dans une version d'anthologie, sur laquelle nos jazzeux intimidants revinrent semer longuement la zizanie. 
(VA)

Lire la chronique du concert à la Route du Rock

Nervous Cabaret, festival En Fanfare, jardins des Tuileries, Paris, 16 septembre

Idée audacieuse que de programmer Nervous Cabaret, groupe plutôt rock à la base (même s'il compte une section de cuivres), dans un festival consacré aux fanfares de toutes sortes. Mais passé l'effet de surprise, quelques dizaines de curieux et de promeneurs du dimanche rejoignent les fans (avec lesquels le chanteur Elyas a sympathisé lors de ses nombreuses escales parisiennes) au pied de la scène, posée au beau milieu des Tuileries sous un soleil ardent. En costumes vintage (et robe fluo pour la bassiste), les New-Yorkais livrent un concert puissant quoique un peu statique – jusqu'à ce qu'Elyas, abandonnant sa guitare HS, donne enfin la pleine mesure de sa présence scénique. Joli souvenir. 
(VA)

Lire la chronique de "Drop Drop"
Lire l'interview de novembre 2007

Dean & Britta, Bowery Ballroom, New York, 16 octobre

Du millier (!) de concerts du CMJ Festival, sorte de Midem indé se tenant chaque automne à New York pendant cinq jours, celui de Dean (Wareham) & Britta (Phillips), ex-membres de Luna, faisait partie de ceux qu'on ne voulait absolument pas manquer. A défaut d’être un immense chanteur, Dean est toujours un formidable guitariste et l’incarnation absolue du cool. Ce soir-là, le groupe jouait deux fois moins fort que les autres (dont les Rosebuds et Voxtrot), et ça faisait du bien. Cerises sur le gâteau, un vieux morceau de Galaxie 500, premier groupe hyper influent de Wareham ("Strange"), et, pour finir, la reprise somnambulique du "Ceremony" de New Order que les mêmes Galaxie 500 avaient enregistrée pour un maxi au siècle dernier. Un mois et demi plus tard, on retrouvera le quartet à la Flèche d'or, à Paris, pour un concert forcément trop court, mais conclu par une belle version de "Bonnie & Clyde". La vieille classe. 
(VA)

Young Marble Giants, festival BB Mix, Boulogne-Billancourt, 28 octobre

Plus de vingt-sept ans après leur passage aux Bains-Douches (diffusé en direct par Bernard Lenoir dans "Feedback"), Alison Statton et les frères Moxham (Stuart à la guitare, Phil à la basse et en bonus Andrew à la batterie électronique) revenaient en France dans le cadre du festival BB mix à Boulogne-Billancourt pour jouer une poignée de chansons uniques, sublimes, et devenues depuis totalement mythiques. C'est peu dire que leur son, leurs mélodies et leurs textes n'ont pas pris une ride. Le concert fut suivi par une rencontre avec les quatre musiciens, qui permit d'apprécier leur humour et leur simplicité, et aussi d'apprendre qu'ils préparaient… un second album (pas sûr qu'il faille forcément s'en réjouir, mais vu les emplois du temps bien chargés de chacun, pas sûr non plus qu'il voie le jour prochainement). 
(VA)

Lire la chronique de "Colossal Youth"

Gallon Drunk, la Maroquinerie, Paris, 29 octobre
A défaut d'avoir toujours de grandes chansons (quoique certains albums se réécoutent très bien aujourd'hui), les Londoniens de Gallon Drunk, apparus au début des années 90, avaient un look, un son, une attitude. Et ça n'a pas changé, même si la formation a été quelque peu remaniée. Le chanteur James Johnston, qu'on a aperçu ces dernières années avec Nick Cave et Mick Harvey ou dans "Clean" d'Olivier Assayas, reste une bête de scène comme on en voit peu, et les trois autres assurent méchamment. Les gommeux en jean slim et perf soigneusement râpé peuvent aller se rhabiller fissa : il n'y a bien que dans leurs rêves qu'ils pourront approcher l'intensité, la furie, l'énergie primitive de "Some Fool's Mess", conclusion d'un très grand concert de (vrai) rock'n'roll. 
(VA)

Gossip, Festival des Inrocks, la Cigale, Paris,10 novembre

Sans mauvais jeu de mots, ce fut énorme. Tête d'affiche d'une des soirées du dernier Festival des Inrocks, à la Cigale, le trio de Portland mené par la volumineuse Beth Ditto a livré une prestation incendiaire face à un public totalement acquis à sa cause (et un poil butch pour les premiers rangs). Ce soir-là, la surcharge n'était pas que pondérale, tant la fosse était pleine au-delà du raisonnable, ne laissant d'autre choix que de se mouvoir au rythme de la marée humaine. Sur le petit tube "Standing in the Way of Control", Beth se retrouva dans la fosse et une partie du public sur scène, dans un joyeux bordel. La chanteuse la plus charismatique de l'année ? 
(VA)

Vic Chesnutt/Okkervil River, la Cigale, Paris, 13 novembre

Il faudra sans doute du temps pour se remettre de pareil concert où l'on a entendu les mouches voler dans la salle, suspendus que nous étions aux vibrantes déflagrations vocales de Vic Chesnutt. Entouré entre autres de membres de Silver Mt Zion et de Guy Piccioto (Fugazi), qui l'ont aidé à accoucher du sublime "North Star Deserter", le songwriter d'Athens n'a jamais paru aussi intense dans l'immobilisme. Une leçon de maître, y compris pour les excellents Okkervil River et leur chanteur remuant qui eurent la lourde tâche d'ouvrir le bal. Même la reprise de "Ruby Tuesday" des Stones, avec des choeurs assurés par tous les musiciens, s'en est trouvée toute chamboulée ! (L.T.)

Lire la chronique de "North Star Deserter"
Lire la chronique de "The Stage Names"
Lire l'interview de septembre

The National, l'Elysée Montmartre, Paris, 14 novembre

Après les avoir vus ces dernières années dans la plupart des petites salles de la capitale, on était heureux de retrouver nos amis américain de The National à l'Elysée-Montmartre, signe d'un changement de statut gagné à force d'opiniâtreté. Sans être le plus intense qu'il nous ait été donné de voir, le concert d'une heure trente montra un sextette (augmenté par moments d'un trompettiste et d'un tromboniste) en pleine possession de ses moyens, aussi impérial dans le faux plat – la plupart des titres de "Boxer" – que dans les accès de rage d'"Alligator" (les imparables "Secret Meeting", "Abel" et "Mr November", tranchants comme des rasoirs). Il faudra attendre le rappel pour que le groupe se détache un peu de ses deux derniers albums, offrant une face B dépouillée, "You've Done It Again Virginia", puis une version à rallonge du magnifique "About Today", tiré du mini-album "Cherry Tree", et qui figurait aussi sur une compilation de POPpnews. Autant dire que le plaisir, comme le concert, était complet. 
(VA)

Lire la chronique de "Boxer"
Lire l'interview de mai

Electrelane, le Trabendo, Paris, 24 novembre

Un chouïa moins fort qu'à La Cigale (festival Les Femmes s'en mêlent, 27 avril) mais encore une claque sonique de la part d'un groupe à l'intensité scénique rare. C'est seulement par la force de leur musique, essentiellement instrumentale (surtout sur scène où la setlist évite soigneusement les chansons ), que les laconiques demoiselles de Brighton emportent les fans de rock indé.

Ce soir-là, elles faisaient encore le plein de spectateurs. Mais, cette fois, ils avaient la larme à l'oeil. Les quatre fortes têtes ont annoncé qu'elles prenaient un break d'une durée indéterminée. L'émotion est là. La bouteille de champagne offerte par Emma Gaze en guise de merci ne consolera pas un public quasi dévot. (M. G.)

Lire la chronique de "No Shouts No Calls"
Lire la chronique du concert au Trabendo
Lire la chronique du concert à la Cigale

Piano Magic, Klima, Le Nouveau Casino, 7 décembre

Le "gang Piano Magic" (si vous permettez ce raccourci) a été très actif en 2007, avec la sortie d'un album de Piano Magic, du premier album de Klima et du chouette projet parallèle de Glen Johnson et Cédric Pin, Future Conditional. Et comme la qualité était une nouvelle fois au rendez-vous, on ne peut que déplorer la relative discrétion dans laquelle Piano Magic et Klima effectuèrent une petite tournée dans notre pays à la fin de l'automne. Pourtant, c'est dans un Nouveau Casino plein et enthousiaste que le groupe de Glen Johnson a livré un concert explosif et intense, prouvant qu'il maîtrisait de mieux en mieux l'exercice. Des versions de "St-Marie" ou "Part-Monster" à pleurer, une reprise de Dead Can Dance en bonus, un "(Music Won't Save You From Anything But) Silence" au final tribal, le groupe aurait pu jouer des heures sans lasser. Vous n'êtiez pas là ? La prochaine fois, il faudra sans doute aller en Turquie, en Pologne ou en Espagne pour applaudir Piano Magic. (GS)

Lire la chronique de "Klima"
Lire la chronique de "Part-Monster"

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