POPNEWS POPNEWS
Bilan 2007 - POPnews
> newsletter


> fils RSS
le fil de news


RSS Forum
RSS MP3
RSS blog
RSS Podcast

> pub
maison de disques, labels, distributeurs: profitez de la publicité que peut vous apporter popnews. infos

Bilan 2007 > Résurrections


On les croyait morts, perdus, oubliés, et pourtant ils sont revenus cette année, en forme, en chair, en os ou en CD.

Happy Mondays

On avait de bonnes raisons de les enterrer, les joyeux drilles des Happy Mondays, vu que c'est ce qui est arrivé cette année – au sens propre - à leur découvreur Tony Wilson, fondateur de l'Haçienda et de Factory, rien que ça. Qui plus est, avouons qu'on imaginait assez les frères Ryder et Bez vieillissant prématurément et profitant des royalties de la grande époque pour s'éclater tranquillos dans leur coin.
Eh bien non, les Happy Mondays ont fait leur retour, presque au complet, et en forme, après – tenez-vous bien – quinze ans d'absence (on passera charitablement sous silence les quelques come-backs purement alimentaires dans l'intervalle). Même si tout cela sent à fond l'opération marketing, c'est tout de même plus classe que de ressortir un énième best-of. Mais le plus surprenant dans l'histoire, c'est que l'album est bon. En revanche, sur scène, c'était juste passable : lors de leur concert à la Cigale en novembre, les gesticulations absurdes de Bez et l'énergie d'une chanteuse d'appoint auront tenté de faire oublier le "chant" franchement limite d'un Shaun Ryder pas très concerné. Bon, c'était toujours mieux que lors de certains concerts "mythiques" de la "grande" époque, où ils étaient trop défoncés pour jouer.

Lire la chronique de "Uncle Dysfunktional"

Catherine Howe

On n'avait jamais entendu parler avant cette année de l'Anglaise Catherine Howe et de son mirifique premier album "What a Beautiful Place", sorti à l'origine en 1971. Merci donc aux bienfaiteurs du label Numero d'avoir réédité ce bijou de folk-pop orchestral et pastoral, passé inaperçu à l'époque en raison de la faillite de la maison de disques qui l'avait publié. Accompagnée par de brillants musiciens de sessions et le London Symphony Orchestra, Catherine Howe, âgée à l'époque de vingt ans seulement, s'y révèle comme une artiste d'un immense talent et d'une grande sensibilité, à classer aux côtés de Judee Sill, Joni Mitchell ou Laura Nyro. Perdues pendant trente-six ans dans les limbes de l'oubli, les chansons frémissantes de ce "song cycle" ont gardé une telle fraîcheur qu'on les croirait enregistrées cette année par un petit prodige du néo-folk.

Vic Chesnutt

Soyons honnête : on ne l'attendait plus vraiment, après des albums plutôt corrects mais pas franchement renversants. Alors ce nouveau disque de l'homme d'Athens a de quoi nous mettre en joie : chantant ses mélodies mises à nu ou un folk torturé au fer rouge des guitares, Vic Chesnutt fait mouche avec ses chansons finement accompagnées par les voix entrelacées et les instruments des membres du label Constellation et nous revient - il fallait tout de même le faire après des disques comme "West of Rome" ou "Is the Actor Happy?" - avec l'un de ses albums les plus poignants.

Lire la chronique de "North Star Deserter"

Alpha

Premier véritable album vocal depuis le "Stargazing" de 2003, "The Sky is Mine" vient rappeler l'excellence d'Alpha à un moment où son histoire semble s'enfoncer dans une confidentialité regrettable. Publié et disponible sur le label du groupe, apparemment soumis aux aléas de la distribution, le disque est aussi le fruit d'une refonte interne : Andy Jenks, cofondateur en partance, apparaît à la basse, sur un seul titre, tandis que Wendy Stubbs, chanteuse dès la première heure, a écrit ou cosigné avec Corin Dingley la quasi totalité des morceaux. Elle pose d'ailleurs presque seule sa voix sur des plages qui ont conservé intact l'esprit de cette musique capiteuse : mélodies rêveuses, aspirations stratosphériques, fusion du piano, de l'harmonium ou des cordes dans une électro ambient, tentation permanente d'une soul blanche qui lierait pour l'éternité Burt Bacharach, Michel Legrand et Scott Walker. Le groupe a par ailleurs prouvé qu'il n'était pas qu'une créature de studio en donnant un beau concert, à la fois intime et épique, fin août au festival Rock en Seine.

Lire la chronique de "Stargazing"
Lire la chronique de "The Sky Is Mine"

The Sleeping Years

C'était une autre époque : les (meilleures) radios lançaient alors des flèches sucrées en provenance du Royaume Uni, Chirac n'allait pas tarder à se faire élire (pour la première fois) président de la République et Dale Grundle mêlait sa voix à celle d'Alice Lemon au sein des Catchers, un groupe capable de nous consoler de toutes les vicissitudes de l'époque. Des années plus tard, le talent du chanteur des Catchers est toujours intact et son projet, The Sleeping Years, a accouché de trois merveilleux EP (tant au niveau visuel que sonore). Et POPnews a suivi de très près ce come-back discret mais très réussi : interview, chroniques, un petit MP3 exclusif, compte-rendu de concerts et même, le blog de The Sleeping Years sur l'enregistrement de leur album à sortir en 2008... A suivre donc !

Lire les chroniques de "You and Me Against the World", "Setting Fire to Sleepy Towns" et "Clocks and Clones"
Lire l'interview de juin
Lire le blog sur "Les Sleeping Years en studio"

The Jesus And Mary Chain

A défaut d'un nouvel album (il paraît qu'ils y travaillent), les frères Reid auront fait un come-back scénique très remarqué en 2007. Avec notamment un concert au mégafestival Coachella (et le fantasme ultime Scarlett Johansson qui vient chanter les choeurs sur "Just like Honey" - les veinards...) et un autre, plus que digne, à Rock en Seine. L'occasion de retrouver un son unique et génial (bien qu'il soit une somme d'emprunts à l'histoire du rock et de la pop) qui a fait un paquet d'émules, de Black Rebel Motorcycle Club aux Raveonettes. A signaler également, la sortie en début d'année du sympathique "Little Pop Rock", album enregistré par Jim et William avec leur soeur Linda, sous le nom de Sister Vanilla.

Lire l'interview de Sister Vanilla de mars

Dinosaur Jr

Cela faisait dix ans que J. Mascis n'avait rien sorti sous le nom de Dinosaur Jr, et dix-huit ans que le line-up d'origine (avec Lou Barlow) n'avait rien enregistré. Réconcilié, le trio a signé avec "Beyond" un album pas indigne des "Bug" et "You're Living All Over Me" d'antan. Des cheveux un peu plus filasses (et blancs pour Mascis), des solos un peu plus gras, mais un sens mélodique toujours imparable et un son toujours aussi monstrueux sur scène, le mur d'amplis Marshall n'étant pas là que pour décorer.

Lire la chronique de "Beyond"

Alexandre Varlet

Alexandre Varlet

Dix ans de carrière et seulement trois albums au compteur. Alexandre Varlet prend son temps. Avec "Ciel de Fête", il a trouvé un équilibre parfait entre écriture poétique ciselée et mélodies folk-rock veloutées, produites par l'orfèvre Nicolas Leroux (Overhead). Plus concis que par le passé, plus intense que jamais, le trentenaire est engagé sur la voie d'une maturité artistique qu'il incarne à merveille sur ce disque comme sur scène. Un vrai plaisir à ne pas bouder.

Lire la chronique de "Ciel de fête"
Lire l'interview d'octobre

Superflu

Superflu

Comme Holden et Tue-loup, Superflu est une formation née au milieu des années 90 et qui a pris le temps de marquer son territoire par petits cercles concentriques de plus en plus larges. Après une pause de cinq années où il s'en est fallu de peu qu'on l'oublie, le groupe de Nicolas Falez revient en pleine forme avec des chansons rock douces-amères qui laissent éclater de subtiles mélodies et quelques saillies de guitare bien senties. Avec "La Chance", Superflu a toujours la fièvre, comme le dit la chanson. Encore pour dix ans ? On l'espère.

Lire la chronique de "La Chance"
Lire l'interview de mai

Prefab Sprout

Cela faisait des années qu'on n'avait plus de nouvelles de Paddy McAloon, ce génie de la pop. Il est réapparu en catimini en 2007, sur un CD bonus accompagnant la réédition de "Steve McQueen" (1985), où il réinterprétait en solo voix-guitare quelques chansons du chef-d'oeuvre de Prefab Sprout. On ignore si l'inspiration lui est revenue, mais la voix est toujours aussi exceptionnelle, et ces versions acoustiques célestes sont parmi les choses les plus émouvantes qu'on ait entendues cette année.

En parlant de revenant, à l'orée de 2008, il serait inconvenant d'omettre le retour tant de fois annoncé et autant de fois repoussé de My Bloody Valentine. Oh, certes, de musiques de film en remixes, Kevin Shields se rapprochait petit à petit du radar ces derniers temps. Mais de là à imaginer que concerts et, peut-être, un nouvel album, seraient au programme pour 2008 - dix-sept ans après !
Remarquez, avec dix-sept ans de recul, même si l'influence de "Loveless" ne s'est légitimement pas démentie sur plusieurs tonnes de musiciens depuis, il est tout de même amusant de constater l'empressement que mettent nouveaux et anciens fans à payer illico leur billet dans le seul but masochiste de se faire dézinguer l'appareil auditif par les Irlandais pendant vingt (très longues) minutes d'une improbable coda bruitiste à "You Made Me Realize". Dix-sept ans plus tard ou pas, My Bloody Valentine sur scène, on demande à voir.

Photos par Julien Bourgeois [site]