2009 : le bilan

14/01/2010, par la Rédaction | Bilans annuels |
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Quelques soirées pour lesquelles il aurait mieux valu renoncer à la finale des Masters de "Questions pour un Champion" et assister à ces concerts qui feront date...

Television Personalities, Paris, La Flèche d'Or, 28/01

Génialement pathétique ou pathétiquement génial, difficile à dire, mais généreux en tout cas : à la veille de la septième édition du festival Mo'Fo', dont il aurait fait un parrain idéal - d'ailleurs, il sera à la prochaine, dans quelques jours -, Dan Treacy était enfin de retour sur une scène française, après moult occasions manquées depuis qu'il joue régulièrement. Pendant presque deux heures, tour à tour cabot et presque absent, il déversa les classiques à la va comme je te pousse, alternant l'essentiel et le dispensable, histoire de donner la définition la plus complète de l'expression "loser magnifique".
(GS)

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DM Stith/The Acorn, La Maroquinerie, Paris, Le 15 mai 2009

Dès que l'Américain DM Stith commence à chanter, d'une voix haut perchée et insaisissable, c'est le frisson assuré. Plus chaleureuses, moins hantées que sur disque, ses chansons devant autant au folk qu'à la musique contemporaine gardent néanmoins toute leur fascinante étrangeté. Pour autant, le garçon, désarmant de simplicité et de gentillesse, n'a rien d'un génie tourmenté. Stith est plutôt, à l'instar de ses amis et voisins à Brooklyn, Sufjan Stevens et Shara Worden (My Brightest Diamond), un honnête artisan qui ne peut se satisfaire de la banalité.
Lui succédant sur la scène de la Maroquinerie devant une petite centaine de spectateurs, les six musiciens de The Acorn ont l'air également très heureux d'être là. Perpétuant la tradition canadienne de groupes à large effectif (Godspeed, Arcade Fire, Broken Social Scene...), le très avenant Rolf Klausener et ses acolytes d'Ottawa s'avèrent tout aussi impressionnants sur scène que leurs illustres prédécesseurs. Mélange idéal d'acoustique et d'électricité parfois féroce, leur beau son rend justice à des chansons d'une grande finesse d'écriture, souvent exaltées mais ne forçant jamais sur l'emphase. Les musiciens s'échangent les instruments, sont parfois quatre à chanter ; ce groupe où les ego semblent bien tenus est remarquable de cohésion et de générosité. 
(CD)

A lire sur DM Stith
Compte rendu de concert
Interview
Heavy Ghost
Curtain Speech

Neil Young, festival Primavera, Barcelone, 30 mai

La presse locale avait promis 2 h 30, on n'aura eu au final qu'une heure quarante. A part cette légère déception, pas grand-chose à reprocher à Neil Young qui, comme on pouvait s'y attendre, aura été l'attraction principale du Primavera 2009. Ne puisant que très peu dans ses derniers albums (pas plus mal...) pour laisser la part belle à des classiques inusables tirés de "Everybody Knows This Is Nowhere", "Harvest" ou "Rust Never Sleeps", le Loner – toujours bien entouré sur scène – garde à 63 ans une énergie impressionnante, et entendre quelques milliers d'Espagnols gueuler le refrain de "Down by the River" est une expérience, euh... marquante. Les déchirants "Needle and the Damage Done" et "Mother Earth" (à l'orgue) calment un peu les esprits, avant un unique et surprenant rappel : une reprise de "A Day in the Life", chanson des Beatles dont la sublime mélancolie n'aurait pas déparé l'album "After the Gold Rush". Ce qu'on appelle une rencontre au sommet. 
(VA)

Neil Young à Primavera
Neil Young au Zénith (4 juin 2009)

Pixies, Zénith, 15 octobre

La fosse est pleine à craquer. Les lumières se tamisent et le grand écran derrière la scène passe un montage vidéo fait d'extraits d'"Un Chien Andalou". La vidéo doit bien durer un quart d'heure et, sur les toutes dernières minutes, le groupe monte sur scène, s'accorde en attendant la fin du film et démarre le set par... "Dancing the Manta Ray" ! Choix assez déconcertant que cette B-side pourtant réjouissante : le public qui était près à en découdre reste un peu scotché (il se rattrapera plus tard). Moi j'adore : on retrouve l'esprit joueur des Pixies : le groupe va ainsi enchaîner quatre face B ("Weird at My School", le tonitruant "Bailey's Walk" et "Manta Ray") avant de passer au plat de résistance : l'intégrale de "Doolittle" ; là, pour le coup, le public se déchaîne et devant la scène, il est difficile de ne pas se laisser happer par le gigantesque pogo... 
(CD)

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Momus au festival BBmix, Boulogne-Billancourt, Carré Bellefeuille, 24 Octobre 2009

Chantant sur une bande, sans musiciens, le dandy anglais Momus arrive, en costume mais avec le visage caché par une sorte de keffieh, pour entonner un air en l'honneur du héros Beowulf, aidé par la puissante amplification de son iPhone. Puis il avance le visage découvert, mettant en évidence son habituel bandeau noir et un visage de presque sexagénaire assez juvénile et prêt à assurer la partie théâtrale du show. Dans des prestations dégingandées et souvent grotesques (entre la gesticulation sexuelle compulsive et de fausses danses de salon), il enchaîne les titres les plus reconnaissables de sa carrière, piochant surtout (parmi vingt albums) dans les titres de "Tender Pervert" qui ont plutôt bien vieilli. Ses obsessions (Dieu, le sexe, la mort) sont servies avec le savoir-faire d'un excentrique juché au-dessus de la mêlée, qui se permet - en ultime facétie - de livrer une version particulièrement buggée de "Ashes to Ashes" qui ne peut plaire qu'aux amateurs de profanations à la régulière. 
(DL)

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Peter Walsh/The Apartments, Paris, l'Européen, 11 novembre

On est dans l'état d'une personne qui reverrait l'un des ses meilleurs amis après quinze ans de séparation quand Peter Walsh monte sur scène, accompagné d'Eliot Fish (bassiste sur "Drift" et lors des concerts de novembre 1994 en France, ce soir à la guitare électrique). Démarrage en douceur avec "World of Liars", puis "All You Wanted", un single de 1984 ici réduit à l'essentiel. "All His Stupid Friends", avec Fabien Tessier des 49 Swimming Pools au clavier, est le premier sommet du concert. Suivront des morceaux tirés des quatre albums des Apartments, enrichis de subtiles touches de clavier et/ou de trompette, et même parfois de tambourin.
Par moments, l'intensité que met Walsh dans son interprétation a quelque chose de cathartique, voire d'effrayant. Il ne se contente pas de jouer ses chansons, il les vit, au plus profond de son être, nous les jette en pâture. Il en remodèle les lignes mélodiques, semble les réinventer au fur et à mesure, jusqu'à la rupture parfois – des fins en crescendos presque suffocants. C'est bouleversant (le mot n'est pas trop fort), en même temps, incroyable de maîtrise, de justesse, d'intelligence musicale. De loin le plus beau concert de cette année.
(VA)

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Yo La Tengo, Bataclan, Paris, 30 novembr

Voilà un groupe qu'on ne raterait pour rien au monde, parce qu'on est sûr qu'il va nous surprendre. Après 25 ans de carrière, Yo La Tengo pourrait pourtant se contenter de relever peinardement les compteurs. Mais non : il suffit de jeter un coup d'oeil sur leurs setlists pour constater qu'Ira Kaplan, Georgia Hubley et James McNew en renouvellent une bonne moitié d'un soir sur l'autre, et se contentent rarement de jouer note sur note les versions des albums. Des morceaux noisy chantés par Ira deviennent ainsi de fragiles ballades murmurées par Georgia ("Double Dare"), "Nuclear War" a droit à un énième remodelage, "Blue Line Swinger" est étiré (étripé ?) au-delà du raisonnable, tandis que le trio joue lors d'un des nombreux rappels les backing bands pour Wreckless Eric et Amy Rigby, vieux routiers qui assuraient la première partie. Après deux heures de pur bonheur, Ira trouvera encore la force d'aller au stand de merchandising pour faire quelques dédicaces, voire répondre aux questions "total nerd" de l'auteur de ces lignes : "Le morceau chanté par James au rappel ? C'était une reprise d'Adam & the Ants. Sans doute le plus gros tube qu'on ait joué ce soir." Les amis, vous revenez quand vous voulez. 
(VA)

A lire sur Yo La Tengo
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