2010 : le bilan

11/01/2011, par la Rédaction | Bilans annuels |
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On va devoir s'y habituer : plus le temps passe et plus les gens meurent. La musique a beau être éternelle, elle ne déroge pas à cette règle. On avait quitté 2009 abasourdi par une hécatombe dont le triste point d'orgue fut le suicide de Vic Chesnutt, le jour de Noël. Après le décès le 30 décembre 2009 de Rowland S. Howard, guitariste de Birthday Party et compère du tout aussi regretté Nikki Sudden, 2010 n'a pas tardé à prendre la relève. La rubrique nécrologique de cette nouvelle année a gardé le rythme en s'ouvrant bien tristement par la mort de la chanteuse Lhasa de Sela, dès le 1er janvier, suivie rapidement par celle deMano Solo, dix jours plus tard. Les morts pénibles mais presque naturelles de quelques vétérans s'y sont ensuite enchaînées (en admettant qu'une mort naturelle dans le rock soit trente ans plus précoce qu'ailleurs) : Alex Chilton de Big Star, Pete Quaife des Kinks, la chanteuse folk, Kate McGarrigle, mère de Rufus et Martha Wainwright, Ari Up des Slits, le légendaire producteur punk Malcolm McLaren, le graffiteur Rammellzee, vétéran du hip-hop à défaut de l'être dans la vie, au même titre que Guru, MC du groupe Gan Starr, Larry Cassidy de Section 25 et plus récemment Don Van Vliet, aka Captain Beefheart, dont l'increvable coeur de boeuf a finalement fini par lâcher. La nouvelle génération n'a pas non plus été en reste ces douze derniers mois, décimée par des morts imprévisibles (le batteurDenis Wielemans, tué dans un accident de voiture à l'âge fatidique de 27 ans), spectaculaires (Devon Clifford, batteur de You Say Party! We Say Die, effondré en plein concert, Charles Haddon, chanteur d'Ou Est le Swimming Pool, littéralement "suicidé sur un parking" en plein festival) ou plus "classiques" (Jay Reatard, décédé dans son sommeil des suites d'une intoxication à la cocaïne, Eyeda, rappeur emporté par une overdose). Mais on se souviendra peut-être plus particulièrement de 2010 comme l'année de la disparition de Mark Linkous, qui mit fin à ses jours au printemps dernier : tête pensante de Sparklehorse et auteur d'un album (posthume) au titre forcément évocateur, "Dark Night of the Soul", le musicien laisse une plaie profonde dans le monde de l'indie-pop, marqué par ses nombreuses collaborations. On laisse donc à son ami Daniel Johnston le soin d'apporter les mots de la fin (empruntés à sa chanson "Hey Joe", d'ailleurs reprise par Sparklehorse) à cette triste rubrique funéraire, avant de s'accrocher pour ce qui nous attend en 2011. "There's a heaven and a star for you." (JCD)

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