2010 : le bilan

11/01/2011, par la Rédaction | Bilans annuels |
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Chillwave is witching my house

(playlist spotify spéciale à écouter en lisant)

C'était le sujet récurrent des conférences de rédaction de POPnews ces deux dernières années : "mais qu'est-ce que c'est que ça, la Chillwave ? Est-ce qu'on ne devrait pas envoyer quelqu'un faire un sujet ?".

Personne n'était disponible, comme d'habitude, et de toute façon on ne savait pas où aller.

On ne savait pas où aller, parce que plus que tout autre, cette appellation d'origine non contrôlée avait pris naissance dans les limbes électroniques de l'internet. Pas de Manchester ou Seattle pour la Chillwave (tiens, avec ou sans espace au fait ?). On ne savait pas trop non plus si le phénomène allait perdurer en 2010 ou si un inéluctable retour de bâton condamnerait le genre à la niche. D'un autre côté, ses limites sont connues depuis le début, elles les constituent et font même une grande partie de son charme : rythmiques synthétiques kitsch et terriblement efficaces piquées aux années 80, chant lointain et effacé, mélodies comateuses et filtrées, nappes brumeuses, entre psychédélisme alangui et shoegazing, façon Boards of Canada, mélodies approximatives mais enivrantes, options lofi et DIY. Musique de danse loin de l'esprit club. Lointains parents : Boards of Canada et toute la scène IDM des années 90, Hot Chip, Animal Collective ou Ariel Pink voire MGMT. Éloge du flou, de l'imparfait, de la nostalgie insaisissable d'une vingtaine d'étés perdus, toutes choses qui rendent facilement l'écoute d'une chanson obsessive.

En 2010, ces artistes qui s'étaient la plupart du temps fait un nom grâce à 2 morceaux et un remix mis en ligne sur MySpace (et à Pitchfork) ont continué à essaimer leur production sur le net - du pain béni pour blogueurs à sensation -, ont parfois même sorti des albums (Toro Y Moi, Small Black, Blackbird Blackbird...), sans nécessairement convaincre sur la longueur, ont fait de la scène, avec bonheur parfois (Neon Indian, grand bonheur même), se sont remixés entre eux (Small Black, Washed Out) ou ont remixé les autres (Caribou, Glasser, sans oublier le génial remix de "Another Likely Story" d'Au Revoir Simone par Neon Indian paru en 2009), bref, le foisonnement n'a pas cessé. Il y a bien sûr un certain effet de mode là-dedans, un peu d'opportunisme et de facilité, mais impossible de bouder le plaisir de cette vague de fraîcheur et de ses embruns. En 2011, on attend déjà le deuxième album de Toro Y Moi ("Underneath the Pine", qui sort le 22 février), la suite des aventures du lutin Alan Palomo de Neon Indian ou du pionnier malgré lui Ernest Greene de Washed Out. Ou de la douzaine de groupes qui auront sorti un morceau sur Soundcloud ou MySpace pendant que j'écrivais cet article.

En attendant, trouvez le nom de votre prochain projet musical chillwave et habillez-vous chillwave, apprendre qui se cache derrière "Psychic Chasms" de Neon Indian, le tout en écoutant la playlist spotify spéciale concoctée par tenoot.

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