Granville - Interview

16/09/2013, par Benoit Crevits | Interviews |
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Quelques mois après la sortie du premier album, Granville le présentait au théâtre de la Coursive, devant un parterre plein. Le set fut énergique et plutôt bien accueilli. Entourée de quatre musiciens, Mélissa, bandeau dans les cheveux, ressemblant à une petite indienne, dansait avec des gestes chaloupés sur la scène dans une longue jupe à fleurs noires, nonchalance et petite moue telle la Lolita de Nabokov. Rencontre juste avant.

 

Rouen a eu un âge d'or avec Les Dogs, Les Olivensteins. Aujourd'hui, j'ai l'impression qu'il se passe quelque chose à Caen.

(Sofiane) Il faut rendre à César ce qui est à César. C'est la scène de Saint-Lô qui a vraiment explosé et s'est déplacée vers Caen. Il y a eu effectivement les Concrete Knives et aussi Orelsan qui ont explosé et ont bougé sur Caen. Les projecteurs, eux, se sont tournés sur la ville... Pas mal de groupes, de gens ont décidé de créer des assos comme "Happy Daymon", "Freaky Tunes" qui ont permis à des groupes de jouer dans des lieux plus ou moins improbables, comme des friches, des squats, des bars. Ces structures ont permis aux groupes de jouer, de s'améliorer, de s’aguerrir, de percer, et du coup ça crée une émulation dans la région.

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"Quand on aura 20 ans, on sera chanteur." C'est gagné, donc ?

(Melissa) J'ai pas encore 20 ans, moi, contrairement aux autres. C'est moi qui ai gagné ! C'était effectivement comme une évidence dans nos vies et une très grosse envie. En plus on a passé le cap des trois ans avec le groupe. La chanson "Adolescent" par du postulat un peu pessimiste que l'aventure allait foirer et que notre musique n'allait pas sortir de notre salon. Sur scène, cette chanson est vraiment particulière. On a toujours beaucoup d'émotion lorsqu'on la chante.

 

Un titre de l'album s''intitule "Nancy Sinatra". "Bang Bang" bouleverse la vie du personnage de la chanson. Nancy Sinatra est une icône pour vous ? Des chansons ont-elles été un déclencheur pour vous ?

(Sofiane) Cette chanson est un clin d’œil. "Bang Bang" est bien évidemment un modèle d'écriture. "La chanson de Prévert" de Gainsbourg l'est également, tout comme "Sloop John B" des Beach Boys (originellement d'une chanson populaire traditionnelle des Caraïbes, ndlr). Plus que d'être des sources d'inpiration, ces chansons ont façonné notre réflexion, notre oreille, et nous ont donné envie de créer d'une certaine manière.

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Qui a travaillé à la production du disque ?

(Sofiane) L'album a été coréalisé par Valentin Montu et un ami à nous qui s'appelle Nicolas Brusq, qui avait déjà travaillé sur l'album de Kim Novak. On voulait vraiment travailler avec lui. Nous voulions sonner très reverbéré, très "roomé", avec des sons de guitares à l'américaine, mais à l'américaine qu'on aime nous, avec des groupes comme Best Coast, Tennis. Il n'y avait qu'un gars qui pouvait faire ça pour nous en France et il habitait à 200 mètres de chez nous... On a donc mixé l'album dans sa chambre. Ca a demandé un peu de temps. Nous avons fait deux sessions. La première a duré une semaine et demie et n'a servi à rien : on s'est trompés. On a fait piste par piste. C'était trop calibré, trop carré, sur un tempo trop fixe. On y est retourné. Nous avons enregistré en live sur une semaine avec un tempo moins régulier. C'est comme ça qu'on voulait sonner et c'est comme ça que les groupes qu'on aime sonnent et procèdent.

 

D’où vient la chanson "Les Voiles" ? D'un rêve ?

(Sofiane) C'était un matin. C'est parti d'une balance basse/batterie en résidence : juste une note de basse qui allait bien. Je me suis greffé là-dessus avec un riff de guitare en le triturant un peu. Arthur est parti dans les loges. Il n'y avait plus que Mélissa et moi sur scène. On a trouvé une petite mélodie en disant « c'est mal, c'est mal, c'est mal » et ensuite on s'est regardé et on a dit « les voiles, les voiles, les voiles... » A partir de ça, on a écrit un texte, et en studio on a rajouté des cloches, des claps et un beau larsen de guitare à l'intro que j'avais fait lorsqu'on a écrit la chanson et qu'on a gardé. Ce morceau est le dernier de l'album en version CD et le premier sur la version vinyle. On tenait à ce que ce titre soit en premier sur le vinyle, justement à cause de ce larsen. On souhaitait entendre le craquement du vinyle puis l'enchaînement du larsen. C'est vraiment un morceau qui nous met à l'aise, surtout en début de set, qui nous détend et qui nous permet d'être comme à la maison.

Crédit photo : Diane Sagnier

Merci aux Francos

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