A Bruges, la mort en musique

02/07/2008, par | Autre chose |
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"Bons baisers de Bruges" (après "Sans Sarah, rien ne va", encore un titre français nullard) est typiquement le genre de film qu'on va voir pendant la Fête du cinéma, en se disant que si ce n'est pas bien, au moins on n'aura pas payé cher. Mais en fait c'est plutôt bien. Ce premier long métrage du dramaturge irlandais Martin McDonagh est bien écrit, bien interprété (Colin Farrell va vraiment finir par devenir un grand acteur), constamment surprenant, et fait un excellent usage d'une des villes médiévales les plus cinégéniques d'Europe. Au début du film, deux tueurs à gages, Ray et Ken, arrivent dans la "Venise du Nord" après un contrat qui a mal tourné, et tuent le temps en attendant de nouvelles instructions de leur patron. Mais l'humour noir et politiquement incorrect des premières scènes va vite laisser place à une tragédie sanglante (qu'on ne racontera évidemment pas ici), et le polar anglais un peu trop malin à une réflexion nettement plus profonde sur le Mal, la Mort et le Destin. Cerise sur le gâteau, la musique est fort bien choisie. Il y a d'abord un score de l'éclectique Carter Burwell, le compositeur attitré des frères Coen depuis "Blood Simple" : du piano mélancolique, essentiellement, avec un thème nettement plus musclé pour accompagner une séquence de poursuite nocturne. Et puis quelques morceaux des Pretenders, Regina Spektor, Townes Van Zandt, et d'un groupe américain que POPnews a beaucoup défendu, les Walkmen (j'ai regardé le générique de fin, je n'avais pas tout reconnu). Bonne pioche, bon film.

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