A surveiller : The 99 Degree, Anna Meredith, We. The Pigs, Witching Waves

01/02/2016, par et | A surveiller |
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The 99 Degree

The 99 Degree n'a pas encore de maison de disque ; pourtant, cette jeune formation de Manchester ne devrait pas tarder à se faire un nom au-delà des scènes du nord-ouest britannique. C'est en 2014 que Joe Sartini (chant) et Phil Turner (guitare, voix) ont lancé le groupe, cherchant à tout prix à éviter de tomber dans les sempiternels clichés de la musique locale. Chez eux, aucune réminiscence de baggy sound, aucune tentation de reproduire à l'identique les lignes de basse de Peter Hook. Rejoints par Paul Fetherstone (basse) et Craig Trickett (batterie, voix), les garçons préfèrent parler surf et garage-rock, psyché, rockabilly ou B.O de westerns spaghettis. Leur joyeux foutoir évoque parfois celui des Coral débutants ("The End of the Line"), tandis que certains les imaginent déjà en concurrents directs des Londoniens Fat White Family. La sortie de leur premier titre officiel "Dead or Alive" (quelques démos sont par ailleurs écoutables en ligne) marque le début d'une aventure qui pourrait être passionnante. (J.S.)

 

Anna Meredith

anna meredith

Nous avons découvert Anna Meredith en 2012 avec un morceau nommé “Nautilus”. Loin de l’opacité que l’on trouve dans les fonds marins, ce titre instrumental, mélange de sons synthétiques et de cornes offrait au contraire une structures faussement complexe qui n’oubliait pas de laisser du temps pour la respiration. Les membres de Foals, toujours à l'affût, ont immédiatement accroché et joué le single en musique de fond pour leur entrée sur scène lors de la tournée Holy Fire. Si les morceaux d’Anna Meredith ressemblent souvent à de mini symphonies bidouillées au synthé, c’est parce que, joueuse de clarinette, elle vient tout simplement du monde du classique. Son CV affiche, entre autres, un poste de compositrice pour l’orchestre symphonique d’Ecosse. La musique d’Anna Meredith est passionnante car elle arrive à s’affranchir de la technique pour obtenir un résultat qui s’adresse autant au corps qu’à l’esprit.  Sur son disque à sortir en mars sur Moshi Moshi/PIAS, elle s’essaie même à une structure plus pop (l’excellent “Taken”) et au chant. Ce dernier reste parfois approximatif, mais il faut le considérer comme une force plutôt qu’une anomalie car il renforce l’esprit artisanal qui se dégage parfois du disque. Sans que leurs musiques soient comparables, nous ne sommes jamais très loin de l’esprit d’une Bjork ou d’un Philip Glass. Vous l’aurez compris, écouter Anna Meredith vous demandera un minimum d’investissement, mais vous ne regretterez pas d’avoir découvert son univers qui se dévoile toujours un peu plus à chaque écoute. (D.J.)

 

We. The Pigs

Ces Suédois n'en sont pas vraiment à leur coup d'essai, puisque We. The Pigs apparaissait dès 2012 au programme d'une compilation numérique parue chez Discos de Kirlian. Quatre ans plus tard, le sextet de Malmö (qui cite Slowdive, Ride ou My Bloody Valentine comme principales sources d'inspiration), est de retour avec un EP en guise de première véritable référence discographique. Toujours soutenus par le même label barcelonais, Veronika, Martin et leurs quatre camarades présentent un mélange concis et accrocheur de shoegaze et de noisy-pop. Portées par des guitares pleines d'échardes façon The Jesus & Mary Chain et une voix faussement candide comme aux plus belles heures de Sarah Records, ces quatre titres ne cherchent pas à réécrire l'hsitoire. A l'image de celles des groupes de la scène C-86, auxquelles elles nous font souvent penser, les chansons de We. The Pigs possèdent pourtant cette qualité essentielle, plus importante encore que l'ambition ou l'originalité : la sincérité. (J.S.)

 

Witching Waves

Witching Waves

Les injustement méconnus Witching Waves vont prochainement sortir leur deuxième album, “Crystal Café” sur Soft Power Records. Jusque là restés au stade de l’underground, ces adeptes du “do it yourself”, sortent régulièrement des titres sur de bonnes vieilles cassettes. Ils risquent rapidement de passer à l’étape supérieure au regard de “Twister” et “The Threat”, les deux premiers extraits de “Crystal Café” récemment dévoilés. Leur post-punk est moins brouillon que sur les enregistrements précédents. Les guitares sont plus tranchantes, la basse mise en avant, apportant une fondation supplémentaire à des mélodies à couper le souffle. Si la voix d’Emma gagne également en assurance, l’équilibre reste fragile, et c’est ce qui fait tout le charme du trio. Le groupe est également féru de reprises, puisqu’il s’est attaqué au répertoire d’artistes aussi variés que les Pet Shop Boys, Kanye West, ou bien les Rolling Stones. Il n’y aura que 300 vinyles de “Crystal Café” de pressés. Ne perdez pas de temps pour commander votre exemplaire, car, dans son style, nous tenons d’ores et déjà l’un des meilleurs disques de l’année. (D.J.) 

Crédit photos : Mark Kean (Anna Meredith), DR (Witching Waves)

Merci à Antoine Lang, Jake May et Phil Turner.

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