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ADAM GREEN

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Ta voix rappelle parfois Johnny Cash ou Nick Cave.
Vraiment ? J'aime ce genre de voix, marquées par le blues, comme les chanteurs de la Motown, mais aussi comme Lou Reed ou Jim Morrison. J'aime aussi Scott Walker, cette résonance baryton. Dire qu'avant, je ne savais même pas chanter, et maintenant, on me complimente sur ma voix ! Ceci dit, je chante mieux sur album, car je fais autant de prises que je veux. Sur scène, je reste amateur... (Réflexion) Mais, vous savez, ma voix n'a pas beaucoup évolué depuis "Gemstones"...

(Lâchant le morceau) Euh, pour être francs, nous connaissons surtout "Friends of Mine"...
Oh, vous n'avez pas écouté "Gemstones" ? Bon, ben, je vous le dis : j'avais déjà cette voix qui vient du ventre. Mais c'est marrant, ce que vous me dites, parce qu'en Allemagne, "Gemstones" est disque d'or. Pour moi, c'est un album plus fort que "Friends of Mine". Et sans "Gemstones", je n'aurais jamais pu faire cet album. Je ne savais pas vraiment écrire de chansons. J'ignorais comment fonctionnait un studio. Mais ce dernier album, c'est vraiment le mien. Personne d'autre n'aurait pu le faire.

Tu as commencé à chanter très jeune, avec les Moldy Peaches, non ?
Oui, à 12 ans. J'ai rencontré Kimya Dawson, qui bossait chez un disquaire. Chaque mercredi soir, dans un coffee shop, je chantais (surtout des reprises) et Kimya m'a repéré. Elle m'a dit qu'elle aimait bien ce que je faisais. Alors on a commencé à répéter ensemble, elle m'emmenait à des concerts. Puis elle m'a trouvé un job dans sa colonie de vacances. Et le premier disque des Moldy Peaches est la somme disparate de toutes ces chansons qu'on a enregistrées dans ma cave, entre mes 12 et mes 18 ans.

Où est-elle, aujourd'hui ?
A Seattle. Elle a un bébé.

Une reformation serait envisageable ?
Sans doute, mais pas dans l'immédiat. On aimerait refaire un disque, mais plus tard, bien plus tard. Il faudrait que nous retrouvions les mêmes circonstances qui nous ont poussés à composer ensemble : pas d'argent, pas de contrat... Peut-être quand j'aurai 40 ou 50 ans. On serait alors meilleurs qu'au début, car plus expérimentés.

Pourquoi composes-tu des chansons si courtes ?
Je trouve qu'il est important d'être concis. Je suis parano à l'idée que je pourrais ennuyer les gens avec des albums trop longs. Je pourrais faire des chansons plus longues, en prenant des chœurs, en faisant tourner les refrains, en faisant des solos, etc. Mais j'ai choisi de me concentrer sur le squelette de chaque chanson, sur le cœur de chaque mélodie. Je n'aime pas faire du remplissage. Et ça me prend du temps! Une chanson de deux minutes peut me prendre un mois de travail. Alors une chanson de quatre minutes, je n'ose pas imaginer tout le temps que je passerais dessus ! Moi, j'aime les albums qui durent 30 minutes, car on peut aller au bout et, si on en veut plus, on n'a qu'à le réécouter du début. Je déteste les albums dont on n'arrive pas à aller au bout. Il arrive souvent que je n'atteigne jamais les trois dernières chansons d'un album, car je n'arrive jamais à aller aussi loin ! Ryan Adams est l'exemple du type qui a fait trop d'albums, avec des doubles albums et tout : je n'arrive pas à m'imaginer quelqu'un capable d'écouter tout ça ! Le bon rythme pour moi, c'est un petit album par an. Comme ça, on n'écoeure pas les gens et s'ils en veulent plus, ils n'ont pas à attendre longtemps. Et en plus, ils évoluent en même temps que l'artiste.

Pourquoi avoir choisi la musique ?
Je ne sais pas, j'aurais pu faire autre chose. Petit, je voulais être un grand peintre. Mais les gens aujourd'hui ne sont plus tellement réceptifs à la littérature, à la peinture. La musique a pris la place de tout ça. Les albums sont devenus des petits morceaux d'art. L'avantage, c'est que ça attire un public large et très varié. A mes concerts, je vois des ados, des adultes...

Dernière question : as-tu rencontré Jessica Simpson ?
Non.

Elle doit te détester, non ?
Je pense qu'elle à autre chose à faire. Ecrire son autobiographie, peut-être...

Propos recueillis par V et Jean-Charles Dufeu