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ADRIAN
CROWLEY - Season Of The Sparks
(Chemikal
Underground / PIAS)
[site]
- acheter
ce disque
"Seasons
of the Sparks" est déjà le cinquième
album (en dix ans) de l'Irlandais Adrian Crowley, mais pour
nous c'est une révélation – au sens
fort du terme. Révélation d'une voix qui d'emblée
s'impose et en impose, sans effets de manche pourtant ;
d'une écriture très personnelle et originale
derrière un apparent classicisme ; d'un véritable
univers, poétique et mystérieux, semblant
régi par les lois de la nature. Si l'on veut absolument
classer la musique de ce trentenaire, on parlera de ballades
folk (anglaises, et aussi un peu irlandaises) et de pop
de chambre délicatement arrangée, on évoquera
Nick Drake et Leonard Cohen, Bill Callahan et Cathal Coughlan
(dans ses moments les plus apaisés), Laura Veirs
et Mark Kozelek, ou nos brillants compatriotes Marc Morvan
et Ben Jarry, on mentionnera que le Dublinois est un ami
de James Yorkston, avec qui il a enregistré récemment
un mini-album de reprises de Daniel Johnston, et que Ryan
Adams le considère comme "l'un des meilleurs
songwriters dont les gens n'ont jamais entendu parler".
On ajoutera, à titre anecdotique, qu'il a vécu
un an à Toulouse à la fin des années
90, que son deuxième album était réalisé
– en cinq jours – par Steve Albini, et qu'il
cite Gainsbourg et Dominique A parmi ses (impeccables) influences
sur sa page MySpace. Détails utiles pour cerner un
peu sa personnalité et son art, mais qui bien sûr
n'expliquent en rien la beauté envoûtante de
ce disque.
Il s'ouvre par une jolie ritournelle de boîte à
musique, "Summer Haze Parade", avec un harmonium
rappelant "Strawberry Fields Forever". Un morceau
qu'on pourrait qualifier d'évanescent. Mais que dire
alors de "The Beekeeper's Wife", qui suit, ou
de "Squeeze Bees" (encore des abeilles), reprise
de l'iconoclaste Ivor Cutler ? Là, on bascule carrément
dans l'impalpable, l'immatériel : pas de véritable
mélodie, mais des notes étirées, des
bruissements de cordes, l'impression d'être bercé
par le ressac de la mer… Si Crowley est tout à
fait capable d'écrire des morceaux solidement charpentés
comme le presque radiophonique "The Wishing Seat",
il n'hésite pas à emmener par moments sa musique
près des terres "ambient" de David Sylvian,
Brian Eno ou Robert Wyatt. "Season of the Sparks"
trouve ainsi le juste équilibre entre songwriting
et exploration sonore, séduction immédiate
(avant tout grâce à sa voix, mixée très
en avant) et sens de la nuance, l'oeuvre, bien que concise
- un peu plus de 36 minutes -, ne dévoilant tous
ses charmes qu'après plusieurs écoutes recueillies.
Bien plus qu'un engouement de saison, donc.
Vincent Arquillière
acheter
ce disque
Summer
Haze Parade
The Beekeeper's Wife
The Wishing Seat
The Three Sisters
Squeeze Bees
Liberty Stream
Horses Like to Dream All Night
Season of the Sparks
Swedish Room
Pay No Mind (to the Dawn Cryer)
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