Albums - Ash, Albert Hammond Jr., The Maccabees, Son Lux

06/08/2015, par Séverine Garnier et | Albums en bref |
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ASH - Kablammo!

Les rois de la power-pop nord-irlandaise n'avaient pas sorti d'album depuis "Twilight of the Innocents" en 2007, préférant s'exercer sur le format court (le projet "A-Z") ou, dans le cas de leur leader Tim Wheeler, s'échapper en solitaire. Le temps a passé, mais le groupe qui revient aujourd'hui aux affaires ressemble trait pour trait au Ash tant aimé des années 90. Punchy, diablement efficace, "Kablammo!" ravive donc la flamme adolescente de "1977" ou "Free All Angels", à la faveur d'une poignée de brûlots à l'énergie tonitruante  ("Cocoon", "Shutdown"). Comme une réponse à ce nécessaire retour aux sources, Wheeler en profite pour se livrer, et non sans succès, au jeu de la ballade sentimentale. "For Eternity" ou "Moondust"  garantissent ainsi à l'album les changements de rythme indispensables à sa bonne tenue dans le temps. La plus belle réussite se situe sans doute à mi-chemin entre ces deux dynamiques majoritaires, lorsqu'une "Machinery" à la mélodie crampon rappelle que ce groupe a toujours excellé dans l'art du single pop imparable. (J.S.)

 

ALBERT HAMMOND JR. - Momentary Masters


Près de 15 ans après le classique "Is This It", que reste-t-il de notre amour pour The Strokes ? Le dernier album du groupe est très loin d'avoir laissé un souvenir impérissable, tandis que le chanteur Julian Casablancas, qui joue désormais les gros bras en solo, oublie trop souvent d'écrire de bonnes chansons. Et puis il y a Albert Hammond Jr. De retour avec un troisième disque solo, le guitariste serait-il le dernier gardien du temple ? Sans éviter complètement les ratés, à l'image de ce qui ressemble fort à un plagiat des Arctic Monkeys ("Caught By My Shadow", qui pourra éventuellement resservir en blind-test), le New-Yorkais signe ici un disque léger et plutôt sympathique, fait d'évidence pop ("Born Slippy", "Losing Touch") et même d'incursions disco-funk ("Power Hungry"). Si l'exercice délicat de la reprise dylanienne ne lui pose aucun problème ("Don't Think Twice"), AHJ atteint surtout sa cible en fin de parcours avec les concis "Drunched In Crumbs" et "Side Boob", dont l'urgence crâneuse rappelle étrangement l'âge d'or… des Strokes. (J.S)

 

THE MACCABEES - Marks To Prove It

Pour illustrer son quatrième album, The Maccabees a dévoilé ses deux plus efficaces extraits, “Marks to Prove It” qui ouvre l’album et lui donne son nom puis “Spit It Out”. Passés ses titres frondeurs qui méritent leur place parmi le bon rock de la bande FM, le reste de l’album est plutôt composé de balades cuivrées mélodieuses au piano (“Silence”, “Slow Sun”, “Pioneering Systems”, “Dawn Chorus”), parfois à consonance folk (“River Song”) et d’envolées lyriques pop-rock (“Kamakura”, “Ribbon Road”, “Something Like Happiness”, “WW1 Portraits”) rappelant vocalement Win Butler et musicalement Arcade Fire. Pas de joyau tel que “Feel to Follow” mais quelques pierres brutes à polir. Trois ans après l’éclatant “Given To The Wild”, The Maccabees continue à faire ses preuves sur la scène indie rock anglaise. (S.G.)  

 

SON LUX - Bones 


L’attente d’un nouvel album de Son Lux était forte à l’annonce de "Bones". Si vous aviez aimé "Lanterns", son prédécesseur, vous pourriez ne pas adhérer à cette quatrième livraison de Ryan Lott (sans compter sa collaboration au sein de Sisyphus avec Serengeti et Sufjan Stevens). Le brillant compositeur s’est entouré du batteur Ian Chang et du guitariste Rafiq Bhatia, déjà présents sur scène à ses côtés, et cette fois dès le studio. Le résultat est un virage pop abrasif et touffu dont on peine à suivre les courbes. Passant de l’aérien au terrien, on creuse parmi les onze pistes sans trouver de réel os à ronger. La signature vocale, attachante, est toujours là pour nous guider mais point d’étoile telle que "Easy" pour nous tenir éveillé sur la durée. On se suspend à "Flight" dans la lignée de "Lost Is to Trying". On aurait envie d'y croire encore au choeur de "Now I Want" mais le changement synonyme ici de liberté nous a égaré (S.G.) 

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