Albums en bref - The Catenary Wires, FFS, Ostyn, La fille de la Côte

11/08/2015, par , Séverine Garnier et | Albums en bref |
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THE CATENARY WIRES - Red Red Skies

Amelia Fletcher et Rob Pursey possèdent en commun l'un des plus prestigieux CV de l'indiepop des 30 dernières années, de Talulah Gosh à Tender Trap en passant par Heavenly ou Marine Research. Leur nouveau projet, The Catenary Wires, a vu le jour lorsque le tandem a quitté Londres pour s'installer dans la campagne britannique. Loin de l'agitation urbaine, leur musique s'est alors laissé gagner par la mélancolie. Sous un éclairage pop-folk tendre et contemplatif, les huit titres de ce mini-album produit par Brian O’Shaughnessy (Comet Gain, The Clientele...) laissent libre cours à des envies de calme et d'introspection. Deux voix complices dialoguent à mots feutrés sur une trame acoustique, évocation aigre-douce d'une romance qui se conjugue au passé. Ecrites au cœur de l'hiver, ces chansons intimistes évoquent parfois les Magnetic Fields de Stephin Merritt ("Throw Another Love Song in the Fire"). Elles entretiennent surtout la belle tradition des duos mixtes sur le thème de l'amour vache, à la manière de Nancy & Lee ou de Jim Reid et Hope Sandoval ("The Records We Never Play"). (J.S.)

 

FFS

Quand un groupe collabore avec un groupe, cela donne un supergroupe. Evidemment, il revendique de ne faire ni la musique de l’un, ni celle de l’autre. Question : faut-il aimer Franz Ferdinand ou Sparks ou les deux pour apprécier leur fusion ? Pas nécessairement mais cela peut aider. Qu’est-ce qui réunit le quatuor écossais (“Take Me Out”) du groupe américain des années 70 (“This Town Ain't Big Enough for Both of Us”) ? De toute évidence une redoutable énergie à concevoir des morceaux jouissifs (“Call Girl”, “Police Encounters”, “So Desu Ne”, “The Man Without A Tan”) ainsi qu’un second degré facétieux (“Piss Off”, “Collaborations Don’t Work”, “The Power Couple”). Ce qui ne les empêche pas de se poser (“Little Guy From The Suburbs”) dans un album deluxe contenant quatre pistes de plus ("So Many Bridges", "King Of The Song", "Look At Me" et "A Violent Death"). Enregistré en deux semaines fin 2014, l'ensemble est produit par John Congleton (St Vincent, David Byrne, Anna Calvi). Avec FFS, la bande d’Alex Kapranos et les frères Mael forment une joyeuse association de malfaiteurs dont on s’étonne que le hold-up musical ne soit pas survenu plus tôt. (S.G.) 

 

OSTYN


Ostyn est le nom de Bert, chanteur-guitariste, leader du groupe Absynthe Minded et celui choisi pour son projet solo. L’album est paru en début d’année mais il n’est jamais trop tard pour évoquer les bons disques et “No South Of The South Pole” en est un. Il y a un dénominateur commun aux groupes issus de la scène belge : leur capacité à produire des chansons de qualité. Pour réaliser son disque, Ostyn s’est adjoint les services de Luuk Cox, producteur electro sous le nom de Shameboy, venu apporter son expérience des sons synthétiques. Les amateurs de Deus, Girls In Hawaii et My Little Cheap Dictaphone apprécieront toujours l’univers d’Ostyn, empruntant des chemins plus sinueux que ceux arpentés collectivement avec Absynthe Minded. Qu’il soit à la basse (“Telling All Your Secrets”, “I Like Your Brew”), à la guitare (“Libertine”, “No South Of The South Pole”) ou au clavier (“Crank”, “Toothache”), la copie d’Ostyn, loin du brouillon, est une collection de bons points formant une belle image. (S.G.)

LA FILLE DE LA CÔTE

La fille de la côte

Ce duo français fait voyager le label Kütu de ses montagnes auvergnates à la côte d’Azur, ou plutôt la Riviera. C’est un disque d’été, mélancolique comme certaines périodes savent l’être, avec toute la langueur et le romantisme qu’évoquent le bleu de la mer et la végétation de la région. Il y a une vraie langueur dans le chant, des instrumentations savamment dosées pour laisser place à l’imaginaire, et l’envie de prendre la voiture pour arpenter les routes, découvrir “Le lavandou”, admirer le bleu de “La Riviera” ou de lézarder sur la terrasse du Bellevue. Entre pop 60’s et folk délicat, difficile de ne pas se laisser porter, même bercer par ces neuf chansons qui nous rappellent que l’été n’a qu’un temps et qu’il constitue une parenthèse unique dans l’année. A déguster sous les arbres, bien au calme, le disque de La fille de la côte ravira les vacanciers et les autres aussi. (M.C.)

 

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