Albums - Dana Hilliot and His Friends, The 18th Day of May, The Capstan Shafts

06/04/2006, par Jean-Charles Dufeu | Albums en bref |
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ALBUMS par Jean-Charles Dufeu

DANA HILLIOT AND HIS FRIENDS - MisfitDANA HILLIOT AND HIS FRIENDS - Misfit
(Greed Recordings) - [site]

En décembre 2004, le premier album de Dana Hilliot and his Friends secouait durablement quelques esprits jusqu'à s'imposer à eux comme l'un des disques de l'hiver. Moins ambitieux dans son exécution (les chansons sont à peu près toutes construites autour d'un piano fédérateur) et plus ramassé dans sa forme (25 minutes), ce second volet des aventures acoustiques de Dana Hilliot n'en est pas moins un beau disque, où l'on retrouve avec grand plaisir la voix traînante, solennelle dans son éternelle complainte, de cet homme énigmatique, à l'épanchement facile et touchant, aux confidences mêlées d'impudeur légère ("Looking for a Prostitute") et de laisser-aller cathartique ("Song for L"). De toutes ces confessions, l'auditeur se fait à la fois le réceptacle et le miroir. Au delà de toute volonté de paraître, d'impressionner ou d'accrocher l'attention, Misfit est l'une de ces mystérieuses réussites intemporelles qui rendent la musique tellement moins vaine que toute tentative de l'expliquer par des mots.

THE 18TH DAY OF MAY - The 18th day of mayTHE 18TH DAY OF MAY - The 18th day of may
(Ryko /Naïve) - [site]

Vous l'aurez sans doute compris après un rapide coup d'œil à la pochette : the 18th Day of May est un collectif folk à tendance bucolique dont les inspirations sont à puiser dans ce que les années soixante ont fait de mieux dans le genre (mais oui enfin ! soyez perspicaces). On peut citer Bert Jansch, dont le groupe reprend sagement ici une chanson ("Deed I Do"). Mais la référence première est sans nul doute Fairport Convention, auxquels l'instrumentation variée (flûte, harpe, violons, orgue, etc.), l'alternance entre les timbres féminin et masculin, et l'esprit général des compositions, mêlant une certaine légèreté au vent humide qui souffle dans les campagnes anglaises, renvoient immanquablement. Certes, les chansons de ce sympathique groupe londonien n'ont pas toutes la trempe des compositions de leurs aînés et compatriotes, mais on leur sait gré néanmoins de se confronter si directement à leur modèle. Après une mise en jambes simplement plaisante, la fin de l'album est à a ce titre plutôt bien ficelée et mérite plus qu'une oreille égarée dans ces chemins boisés où nous promène le disque.

THE CAPSTAN SHAFTS - Euridice ProudhonTHE CAPSTAN SHAFTS - Euridice Proudhon
(Kittridge Records) - [site]

Encore un album d'une durée anormalement courte (moins d'une demi-heure) pour un nombre de chansons anormalement élevé (22). Et bien dans ce domaine, The Captan Shafts se montrent plus convaincants qu'Adam Green, quoique dans un tout autre registre. Ici, c'est de la pop très lo-fi, enregistrée à la va-comme-je-te-pousse avec entre autres une guitare plus ou moins acoustique (elle s'offre quelques solos bringuebalants de temps en temps), une vieille batterie et quelques bonnes intuitions de mélodies, parfois un peu rustiques, parfois très judicieuses. Ça pourrait éventuellement ressembler à quelques exercices de jeunesse de Stephen Malkmus, s'il avait eu dix fois moins de temps et de moyens pour s'enregistrer. C'est en tout cas une expérience étonnante que d'écouter ce disque. Sur le plan musical bien sûr, car ces chansons rapiécées sont systématiquement tuées dans l'œuf comme s'il s'agissait de laisser à la postérité des pistes de mélodies à exploiter. Mais pas seulement : posez le disque sur votre platine, appuyez sur lecture, attendez la fin du disque, et vous aurez l'impression d'avoir vécu une heure et quart en accéléré. Troublant mais fort plaisant.

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