Albums - Hugo Race & True Spirit, Rockets Burst From The Streetlamps, Hall, Ranaldo, Hooker

14/05/2006, par | Albums en bref |
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ALBUMS par Vincent Arquillière

HUGO RACE + TRUE SPIRIT - Taoist PriestsHUGO RACE + TRUE SPIRIT - Taoist Priests
(Glitterhouse/Differ-Ant) - acheter ce disque

Membre éphémère des Bad Seeds de Nick Cave (époque "From Her to Eternity"), Hugo Race n'a jamais connu le succès de son compatriote, malgré un nom aussi facile à retenir. Il a en revanche gagné le respect et l'estime de ses pairs, et pas des moindres : Gary Lucas - ancien collaborateur de Captain Beefheart et Jeff Buckley, entre autres - l'a ainsi décrit comme "l'un des artistes les plus originaux et excitants en activité". Doté d'une belle voix de basse qui ne consent jamais à quitter les graves, Race chante des blues ténébreux au tempo invariablement lent. On pense un peu à Morphine, le groupe du regretté Mark Sandman, voire à Tom Waits ou aux Tindersticks (batterie plus jazz que rock, trompette bouchée, atmosphères nocturnes...). Ce "Taoist Priests" s'en distingue toutefois par le soin apporté au façonnage sonore, qui prime ici sur le songwriting proprement dit. Guitare slide perdue du côté de Paris, Texas, écho, chœurs méditatifs, clapotis électroniques et autres effets en arrière-plan... Tout semble fait pour plonger l'auditeur dans une sereine extase, voire de béatitude (cf. le nom du groupe et le titre de l'album). Les non-initiés risquent de trouver ça un peu long (une heure) et regretteront l'absence de morceaux vraiment accrocheurs. Difficile quand même de ne pas se laisser envoûter par certaines chansons et par la belle musicalité de ce disque inclassable.

ROCKETS BURST FROM THE STREETLAMPS - Departed + Odds and Ends EPROCKETS BURST FROM THE STREETLAMPS - Departed + Odds and Ends EP
(Archenemy)

A l'auditeur qui, face à cet album de Rockets Burst From The Streetlamps, chercherait quelque information sur un groupe dont il n'a jamais entendu parler, l'emballage apporte des renseignements contradictoires : disque "made in Canada" mais label américain ; copyright daté de 2004 au verso du boîtier, mais de 2003 dans le livret... Une rapide recherche nous apprend qu'il s'agit d'une formation de Boston, dont ce "Departed" (accompagné d'un gros e.p.) fut le second et ultime album, longtemps repoussé - d'où peut-être les deux dates. Mais à l'écoute, on pourrait presque croire qu'il s'agit d'un groupe anglais du début des années 90, tant le son de RBFTS est souvent proche de celui des formations noisy/shoegazers/dream pop de l'époque : mélodies efficaces, pédales d'effets écrasées à la fin de presque tous les (longs) morceaux, voix féminine et masculine mixées "en dessous" et à la limite de la justesse (lui chante un peu comme Stephen Pastel, et le deuxième morceau du disque aurait fait un honnête single pour Creation en 1987)... C'est donc plus une curiosité qu'une grande révélation posthume. Mais au-delà du plaisir un peu nostalgique - voire franchement régressif - de retrouver ce qu'on aimait tant il y a quinze ans chez les Pale Saints, Ride, Spiritualized, Lush ou les Boo Radleys de "Everything's Alright Forever", force est de reconnaître que les chansons tiennent plutôt bien la route et, contrairement à celles de certains groupes français de l'époque, ne sont pas que de pâles copies des originaux. Un petit plaisir à peine coupable, donc.

HALL - RANALDO - HOOKER - Oasis of Whispers
(Alien8/Differ-Ant) - acheter ce disque

En attendant la sortie début juin du nouvel album de Sonic Youth - dont la créativité ne se tarit décidément pas avec les années -, les fans les plus acharnés pourront jeter une oreille sur ce live où s'illustre Lee Ranaldo, qui, comme ses camarades de jeu, multiplie les expériences radicales en marge du groupe. Préposé à la guitare et aux "collages", il est accompagné ici de Glen Hall (saxophone et autres vents) et de William Hooker (batterie). L'ensemble - huit originaux et une reprise d'un standard de Sonny Rollins, "Blue Seven" - flotte entre free jazz, cool postmoderne façon Lounge Lizards, rock noisy et musique concrète. On ne peut pas franchement dire que l'ami Lee tire la couverture à lui, dans la mesure où les dialogues saxo/batterie constituent les meilleurs moments du disque - les moins hermétiques, en tout cas. Détail qui a son importance : les morceaux de "Oasis of Whispers" ne sont pas vraiment récents puisqu'ils ont été enregistrés en septembre 2001. Mais avant ou après le 11 (ou les deux, rien n'indiquant qu'il s'agisse d'un unique concert) ? Ce n'est pas précisé.

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