Albums - Philippe Crab, Stéphane Lu, The Bad Machines

17/05/2006, par Christophe Dufeu | Albums en bref |
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ALBUMS par Christophe Dufeu

PHILIPPE CRAB - L'Autre SoirPHILIPPE CRAB - L'Autre Soir
(site)

Sur son album, Philippe Crab invente la chanson ambulatoire : ses onze morceaux arrangés minutieusement aux limites de la chanson, du rock et du jazz nous promènent d'une rive à l'autre de ce port qui fait la pochette de son album (très belles illustrations de Manon Defosseux). Ses chansons, l'auteur / compositeur les a ouvragées, dosant savamment guitares oniriques et fougueuses, accompagnant ses morceaux de claviers ludiques et harmonieux ("Maigres théories"). Musique peaufinée, c'est certain, mais les paroles ne sont pas en reste, délivrées en flot continu, nous fouettant le visage comme des embruns, tout au long de cette balade. Parfois, c'est vivifiant et enthousiasmant ("Après la nuit", "Le Train 5555"), parfois peut-être un peu irritant ("Sous le bois, Léon"). Au final, cette voix continue qui a chaussé, semble-t-il, les bottes de Bashung ne s'en tire pas si mal et, prenant corps dans cet album au même titre que tous les autres instruments, réussit à créer un univers vraiment original où l'on sautille et gambade entre deux rencontres inattendues, comme dans une BD de Tardi.

STEPHANE LU - Chlorophylle BabiesSTEPHANE LU - Chlorophylle Babies
(Novalis Impulse) - [site]

Si l'album de Philippe Crab peut évoquer la BD française, celui de Stéphane Lu ira plutôt lorgner du côté des comics américains, roulant des mécaniques sur un trottoir d'Harlem, ou bricolant dans une cabane au milieu d'un désert en Arizona. Sa musique, il est parti la chercher dans tous les coins, sur les BO de Lalo Schifrin, dans les réserves de Monsieur Gainsbourg ("Chloro-Filles"), piochant dans la pop, la soul, le punk, le funk mélangeant le tout en une joyeuse tambouille ; pour faire la fine bouche, on pourra y trouver quelques grumeaux (le dispensable "Est-ce que tu viens pour les vacances ?") mais aussi (et surtout) quelques morceaux de choix : "Jack-in-the-box" et ses chœurs aguicheurs, le groovy "Inter-Lu-de 1", la belle reprise du "Smoke and Mirrors" des Magnetic Fields ou bien "Anymore" débutant en comptine électro pour finir en formidable apocalypse free-jazz. Album chewing-gum, donc, malléable et élastique à souhait mais qui fort heureusement, ne perd pas son goût au fur et à mesure qu'on l'écoute...

THE BAD MACHINES - Telling LiesTHE BAD MACHINES - Telling Lies
(MVS / Productions Spéciales) - [site]

Pop toujours, ici au sens le plus traditionnel du terme avec "The Bad Machines" - duo échappé de Farrah et Montana. On pourra goûter cet album comme un bonbon acidulé : côté sucre, la voix très sensuelle de Michelle Margherita ravira les adeptes du genre - dont je suis, c'est vrai ; côté acide, les guitares, bidouillles et programmations de Paul Scott, qui sans trouer la moquette, équilibrent assez agréablement le disque. Mais, sur ce genre de créneau, The Bad Machines ne sont pas vraiment les seuls et c'est justement lorsqu'ils ne marchent pas sur les charmants mais encombrants pieds de Shirley Manson, comme malheureusement sur "Two Heads", leur titre introductif, ou "Kidz", qu'ils s'en tirent le mieux : en poussant le côté électronique à la Kraftwerk sur "Schadenfreude" ou ... "Autobahn" ou en s'aventurant du côté de Broadway sur le charmant "Fighting to Stay As You're Sliding Away". Un bonbon vous dis-je... mais attention à vos dents...

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