Albums - Ramona Cordova, Spider

11/09/2006, par Jean-Charles Dufeu | Albums en bref |
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ALBUMS par Jean-Charles Dufeu

RAMONA CORDOVA - The Boy Who Floated Freely
(Clapping Music / Rue Stendhal) - [site] - acheter ce disque

Voilà encore un petit jeune parti conquérir le monde avec quelques lourds handicaps : une voix androgyne intéressante, un sens des arrangements dépouillés et un certain talent pour enchainer des mélodies dans une atmosphère informelle et décontractée. Mais, fort heureusement pour lui, Ramona, qui est en fait un garçon, ne se contente pas seulement de copier une formule éprouvée (et quelquefois éprouvante) mis au goût de la hype récemment par l'ami Devendra, qui, lui non plus, n'est pas une fille. Il y a assez d'étincelles dans l'écriture décomplexée de ce jeune homme pour tenir en haleine un auditeur pourtant fatigué d'avance à l'idée de s'engloutir un nouveau disque du nouveau jeune prodige folk bidouilleur et malin. C'est vrai, il a ces qualités, Ramona, et c'est presque malheureux pour lui. Mais son songwriting est ambitieux et la palette de ses chansons plus large que la rosace de sa guitare acoustique, ce qui est tout à son honneur. On se laisse donc bercer, au gré de dérives flamenco, de pépiements d'oisillons, de quelques envolées pop, de complaintes sur fingerpicking, tout en souhaitant que ce jeune homme ne s'envole pas dès que le vent tournera.

SPIDER - The Way To Bitter Lake
(Autoproduction) - [site]

La première fois que j'ai écouté Vashti Bunyan, j'ai été assez déçu (ce qui m'a d'ailleurs valu un avertissement écrit de la part de la direction de POPnews). Toutes les fois suivantes, je n'ai pas vraiment réussi à me défaire de cette première impression (j'ai donc fini par m'exiler à l'étranger pour ne pas me faire taper dessus trop souvent). Trop fragile, trop féminine, trop jolie presque, la voix de la vétérane ne m'a jamais vraiment touché, à mon grand désespoir. C'est un peu le même type de réaction qui m'attendait au tournant à l'écoute de ce disque, héritier à bien des égards du folk plus que délicat de Vashti Bunyan. Il n'y a vraiment aucune raison de se plaindre : tout est parfaitement calme, soyeux, confortable à de très rares exceptions près, bienvenues aussi du reste. Tout est très délicatement conçu, de la voix cristalline de la chanteuse (et seul vrai membre du groupe d'ailleurs) aux arpèges cotonneux des guitares acoustique ou électrique. Tout est très beau et réussi et il faudrait vraiment ne pas avoir de cœur pour ne pas se laisser émouvoir par une chanson telle que "The Bitter One", entre autres, qui sait mêler une mélodie envoûtante à une virtuosité d'exécution sobre et poignante, tout en cordes lacrymales convoquées avec toute la justesse qui convient. Ben oui, c'est vrai, c'est beau, il n'y a rien à dire. Et malgré tout, il y a des fois où, justement, j'échangerais volontiers mon cœur contre des tripes et Lookaftering contre n'importe quel album de Led Zeppelin... Mh, je sens que je vais encore me faire mal voir.


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