Albums - The Year Zero, Caroline

16/10/2006, par Ursagraph | Albums en bref |
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THE YEAR ZERO - Oceania, I Will Return
(Skipping Stones)

La pochette est assez peu conventionnelle pour ce style musical : un château maritime tout droit sorti de "Blade Runner" (ou d'une pochette de Yes ou Gong diront les plus méchants) illustre ce nouvel album de The Year Zero, duo électronique évanescent américain. Ce signe avant-gardiste est pourtant le seul élément hi-tech de "Oceania, I Will Return". Car révolutionnaire n'est pas vraiment le terme qui sied le plus à ce disque : une pop lo-fi enregistrée dans une chambre enfumée sur un Tascam 424 (à savoir le contraire du studio de Jean-Michel Jarre). Rodney Sellars aux instruments et la délicieuse Lili de La Mora au chant et à la guitare assurent le service de ce voyage intersidéral douillet et lumineux.
Pas révolutionnaire, mais vraiment sincère. Entre un My Bloody Valentine affalé sur un canapé et une certaine béatitude scandinave, les titres semblent hésiter entre clins d'oeil au courant Shoegazing et caresses amicales à l'electronica germanique. La rythmique est plutôt en mode automatique (bizarre pour un ex-batteur de punk californien) car ce sont les guitares lancinantes et les synthés liquoreux qui s'offrent la meilleure place dans ce château - vraiment - dans les nuages.
Kramer, ici en charge du mastering, nous rappelle qu'il a été à l'origine d'excellentes découvertes indés US (les débuts de Galaxie 500, April March ou Low, c'était lui). Comme pour toutes ses productions passées, "Oceania,..." est un très bon disque de pop aérienne.
On apprend par ailleurs que Lili prépare un album solo sur lequel on retrouvera sa copine Joanna Newsom. On frétille déjà à l'idée d'entendre ce duo de crevettes têtes en l'air...

CAROLINE - Murmurs
(Temporary Residence / Differ-Ant)
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Caroline Lufkin est née à Okinawa au Japon et réside désormais en Californie, USA. Ces éléments géographiques pourraient suffire amplement à résumer ce premier album, coincé entre une electro-pop américaine très en verve ces temps-ci (voir la chronique ci-dessus) et des vocalises asiatiques.
A la suite d'un premier simple sorti l'an passé (le mignon "Where's my Love ?" qu'on retrouve sur ce disque), Temporary Residence ouvre son cœur à cette voix fluette et rafraîchit son catalogue post-rock d'un coup de baguette magique. Bien sûr, la tentation björkienne est toute proche, même si la musique de cette muse est bien plus intrigante qu'amusante. A l'image de "Everylittlething", mi-dance mi-comptine, le disque est assez contrasté pour que l'ennui se tienne à bonne distance. Une personnalité qu'on imagine rêveuse et distante, mais un disque vraiment attachant au bout de plusieurs écoutes.
Un prénom qu'on espère être plus qu'en "résidence temporaire" dans nos oreilles. Une place est déjà toute chaude entre Stina et Emiliana !

 

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