Albums - Beck, Ben Kweller, Jude

03/11/2006, par | Albums en bref |
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ALBUMS par Vincent Le Doeuff


BECK- The Information
(Interscope / Universal) [site] - acheter ce disque

Eh bien revoilà du bon Beck. Cela faisait un moment qu'on avait envie de refaire ce jeu de mot pourri, déçu qu'on était par "Sea Change" et "Guero". Car franchement qui attendait fiévreusement (à part ses fans bien sûr) les nouvelles productions du Californien ? La parution des albums de Beck était devenue anecdotique. Je m'étais fait à l'idée que Beck n'arriverait plus à nous concocter des albums aussi fantastiques que "Odelay" ou "Mellow Gold" et je le voyais avec peine chercher le génie d'antan en recrutant les Dust Brothers pour "Guero".
C'est ici avec Godrich que Beck retrouve un peu de sa verve. Car non "The Information" ne sera pas l'album de l'année, il ne faut plus compter sur l'Américain pour de telles ambitions, mais on retrouve avec délectation l'esprit foutoir de Mr Hansen. Alors il y a du bon et du moins bon, mais essayer de repérer les bonnes idées parmi ce vaste bordel de sonorités est une activité captivante. Avec un "New Round" bluffant, un "Nausea" enthousiasmant, "The Information" est une très bonne surprise. Beck is back.

BEN KWELLER- Ben Kweller
(Sony) [site]
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La "malédiction des Ben" aurait-elle encore frappé ? Après Folds, Lee et Harper, voilà encore un Ben bien décevant, mais pas pour les mêmes raisons. Si on a remarqué depuis un bon moment que Lee était cramé, ce n'est pas le cas de Kweller. Mais pourquoi donc le Texan rend-il ses albums si plats et creux ? Sur "Sha Sha" et "On My Way" il compensait cela par une énergie contagieuse et un décalage ravissant qui transformaient ses compositions en véritables petits brûlots pop. Pour ce troisième album, l'Américain s'est calmé et a voulu assurer un songwriting plus posé. Le problème, c'est qu'avec les défauts expliqués au-dessus, cela rend ses morceaux assez "gnangnan". Le côté naïf ressort davantage (surtout avec des lyrics tels que : "together, it's much better"...) au détriment de la causticité qui plaît tant chez le créateur de "Commerce, Tx". On aurait presque envie de prendre Kweller par le col et de le renvoyer au studio. Quel gâchis.

JUDE- Redemption
(Naïve) [site]
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Jude nous a habitués à alterner le bon ("No One is Really Beautiful" et "Sarah") et le moins bon ("King of Yesterday"). Songwriter talentueux doté d'une voix extraordinaire, guitariste honorable, Jude Cristodal est l'archétype du beautiful loser : une ascension rapide suivie d'un naufrage dont il a encore du mal à se relever, ajouté à cela le fait que le gars est apparemment abonné aux déboires sentimentaux. Si avec tout ça il n'arrive pas à nous faire des jolis albums...
Jude a ainsi une bonne base pour faire pleurer sur son sort et concocter de somptueuses ballades. Le contrat fut généreusement rempli sur "Sarah". L'Américain ne s'endort pas pour autant sur ses lauriers et nous offre ici un opus plus enjoué, ne voulant pas trop tirer sur la corde de la sensibilité.
"Redemption" a beau me convaincre à chaque écoute que Jude va mieux, que ses morceaux n'en ont pas pour autant perdu en qualité, que c'est sans doute même un très bon album... eh bien je lui trouve quand même peu d'intérêt. Je vous l'avais dit, que c'était un loser...

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