Rééditions - Josef K, The Delmontes, Brighter

15/12/2006, par | Albums en bref |
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ALBUMS par Vincent Arquillière

josef k - entomologyJOSEF K - Entomology
(Domino / PIAS) [site] - acheter ce disque

Après avoir compilé des raretés d'Orange Juice et des Fire Engines, le label Domino - qui fait décidément un excellent usage des millions amassés grâce au succès de Franz Ferdinand et des Arctic Monkeys - ressuscite un autre groupe majeur du "Sound of Young Scotland", Josef K. Cette "Entomology" ornée d'un insecte très kafkaïen reprend peu ou prou les mêmes titres que les précédentes anthologies et rééditions de LTM, Marina et Rev-Ola, mais devrait être plus facile à trouver. Dans ses notes de pochette, Paul Morley cite quelques influences des quatre d'Edimbourg : le Velvet, Devo, Magazine, Pere Ubu, Television, Buzzcocks - auxquelles on pourrait ajouter Subway Sect, Joy Division et les Talking Heads pour le léger côté funky. Les mêmes, sans doute, que pour bon nombre de groupes de l'époque, sauf qu'aucun ne sonnait comme Josef K.
Ce qui frappe à la première écoute - et pareillement à la centième -, c'est l'extrême tension qui se dégage de ces chansons, plus angoissées que vraiment sombres. A quelques rares exceptions près ("It's Kinda Funny", "Variations of Scene", "Chance Meeting"...), Paul Haig, Malcolm Ross, David Weddell et Ronnie Torrance jouaient vite et sec, avec un sens de l'urgence proprement stupéfiant, comme si les murs du studio se rapprochaient et qu'ils devaient absolument finir avant d'être écrasés (leur musique dégage d'ailleurs un étrange sentiment de claustrophobie). Au cours d'une "carrière" fulgurante en forme de suicide commercial (trouvant le son de leur premier album trop policé, ils décident de ne pas le sortir et en enregistrent un autre à la place), Josef K n'aura pas signé un seul morceau dispensable et aura très souvent frôlé le génie. Ce génie propre au rock, celui des Ramones, Young Marble Giants, Jesus and Mary Chain ou Galaxie 500, de tous ces musiciens ordinaires qui inventèrent un style comme par inadvertance, en dépassant simplement leurs limites.

THE DELMONTES - Carousel
(LTM)
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L'Anglais James Nice, archéologue quasi névrotique du post-punk avec son indispensable label LTM, exhume un nouveau groupe oublié : les Delmontes, quintette (puis trio) mixte écossais en activité de 1979 à 1982, qui compta dans ses rangs une future Pastels, la batteuse Bernice Simpson. Exhumer, c'est le mot, puisque le groupe ne réussit à sortir que deux singles durant son existence ("Tous les soirs" en 80, "Don't Cry Your Tears" l'année suivante), et puisque cette compilation soignée - historique de la formation, photos, crédits complets - compte une bonne vingtaine de titres. La plupart sont des démos d'une qualité sonore pas toujours optimale, mais où perce néanmoins l'originalité du groupe. Devant autant au rock garage et au psychédélisme du coffret "Nuggets" qu'à l'esprit libérateur de l'après-punk, le son des Delmontes était sans doute plus proche de la scène de Liverpool (les Teardrop Explodes, notamment, dont ils assurèrent la première partie) que du label Postcard.
Sans être d'immenses songwriters, les Ecossais avaient le don de composer des chansonnettes à la fois entraînantes et légèrement tordues, qui, avec un peu de chance et un meilleur timing, auraient pu leur valoir une carrière à la B-52's. Il n'en fut rien, et les Delmontes jetèrent l'éponge au début de l'année 1983, dans une indifférence quasi générale. Il n'est pas trop tard pour les redécouvrir.

brighter - out to seaBRIGHTER - Out to Sea
(Matinée)
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Après avoir rassemblé les singles de Brighter sur une première compilation il y a trois ans, le valeureux label pop californien Matinée propose vingt autres chansons de ce groupe phare du label Sarah Records, soit le reste de leur modeste œuvre. Outre l'unique album du groupe, "Laurel", "Out by the Sea" réunit des titres extraits d'obscurs flexi-discs (mais nos plus jeunes lecteurs, pour qui le CD est déjà un support obsolète, savent-ils ce qu'est un flexi-disc ?) et une bonne ration d'inédits parfois supérieurs aux morceaux publiés par le groupe durant sa brève existence (1989-1992). Brighter pratiquait une pop ligne claire très classique, souvent mélancolique, parfois plus enjouée, à la limite de l'insipide mais sauvée par un sens de la mélodie rarement pris en défaut. Pas vraiment indispensable, mais on a le droit d'avoir un petit pincement au coeur en réécoutant leurs chansons.

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