Albums - Orwell, Donna, Frandol, Jacques

25/08/2000, par Gildas | Albums en bref |
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ALBUMS - par Gildas

ORWELL
(Europop2000 / POPlane)
Des violons souples, amples et délicats soutenus par une rythmique fraîchement importée de Bristol et un sample rugueux comme du papier de verre, voici le nouvel habillage de la pop façon Orwell. En reprenant les chose là où Autour De Lucie les avaient laissées après leur premier album et en opérant une transition toute en douceur Orwell devient le chaînon manquant entre "French indiepop" et "French touch". Le parfait compromis entre les Yachines et Air. Ici le recourt à la technologie n'a rien du dernier gadget à la mode mais opère une saine relecture des classiques de la pop sixties. Les textes tout en français coulent de source grâce à une voix bien maîtrisée et à une attention toute particulière apportée à la production. Enfin, les 2 chansons enregistrées live qui concluent ce mini album prouvent qu'Orwell passe très bien l'épreuve du concert sans être esclave de la technologie nouvellement apprivoisée. A surveiller de très près.

DONNADONNA
(Lofdstudio) [site]
Entrez dans l'univers de Donna et découvrez la noirceur. Très inspiré par #3 de Diabologum, Donna peint touche à touche des tableaux en noir et blanc, ou plutôt en noir et gris. Les guitares et les samples tissent un post rock plombé fixant la ligne d'horizon basse et sombre des paysages torturés décrits par les paroles tordues. Dépité, résigné, l'univers de Donna n'est pas gai entre maladie ("l'hôpital") et quotidien désespérant ("la maison", "le travail") il ne fait pas beau se réveiller chez eux. Parfois la voix du chanteur se fait traînante et peut ainsi devenir agaçante mais quand elle se fait plus assurée la réussite est totale. Lent, calme, désabusée et très prenant l'album de Donna pêche par excès de jeunesse et par une certaine naïveté qui affaiblit un peu le contenu des paroles.

FRANDOL - demodemodemodesmots
(CCM les labels)

Les Roadrunners avait prouvé que le rock français avait sa place dans le monde de la musique. Après la fin des Roadrunners Frandol (leur chanteur) revient et prouve qu'il a sa place sur la scène rock / chanson française. Sans rompre totalement avec l'énergie de son ancien groupe, Frandol creuse une voie plus mélodiques ou les textes en français jouent un rôle primordial. Le long break qui a suivi la fin du groupe aura été bénéfique à Frandol qui s'est mis a écrire en incluant de nouveaux sons à sa palette. Les cordes de l'ensemble Matheus et les sons trip hop entrent ici en collision avec les morceaux rock/chanson à la miossec et il en sort une gerbe d'étincelles dont les plus belles nous sont ici présentées. Pas de frime ici, juste la sincérité et l'honnêteté de l'auteur pour 5 titres (dont un écrit en collaboration avec Christophe Miossec et une reprise de Serge Gainsbourg) à l'émotion immédiate.

JACQUES - TO STARSJACQUES - To Stars
(Setanta / POPlane)
Le premier Jacques ("How to make love") laissait très largement l'auditeur sur sa faim. Après le faste de spleen du premier Jack, l'autre entité d'Anthony Reynolds, ce premier opus de la collaboration Reynolds/Momus semblait bien fade. Pour sa seconde apparition Jacques bombe un peu plus le torse et se laisse un peu plus aller, ce qui fait le charme des chansons de Reynolds remonte a la surface et attaque les neurones vulnérables des amateurs de sensations pop. La musique a des odeurs de bitume mouillée le matin, d'herbes folles battues par le vent, d'encre mauve. La musique évoque le spleen du garçon fraîchement éconduit, de l'éternel solitaire les yeux sur ses chaussettes. Le morceau de bravoure de cet album étant à mon goût une reprise d'Abba à vous faire oublier que le disco ait un jour existé.

 

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