Albums - Zukanican, Beth Kleist, Makino

02/03/2007, par David Dufeu | Albums en bref |
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ALBUMS par David Dufeu


ZUKANICAN - Horse Republic
(Pickled Egg / La Baleine) - [site] - acheter ce disque

Ces cinquante-cinq minutes de dérive jazz-rock rebuteront sans doute ceux qui ont depuis longtemps mis de côté leurs albums de Gong et de Magma. Mais n'enterrons pas si vite cette "république des chevaux" dont la dynamique dépasse bien souvent les délires seventies indigestes qu'elle évoque au premier abord. Certes, les longues plages striées de cuivres sont parfois un peu poussives, mais le travail rythmique à l'oeuvre chez Zukanican, fait de batterie nerveuse et de boucles de basse rebondie, constitue un socle solide à cette expérimentation. Presque entièrement instrumental, l'album, qui se réclame de Sun Ra, Can ou Captain Beefheart, connaît ses meilleurs moments dans ces boucles obsédantes, sur lesquelles viennent se poser de lancinantes, ou stridentes, phrases de cuivres. Au final, un album qui tient autant du post-rock que du jazz, et qui s'écoute tantôt distraitement, tantôt intensément, évoquant tour à tour Bill Pullman en saxophoniste enfiévré dans "Lost Highway", ou les boucles tribales des oubliés Skree. Ajoutez à cela quelques bruitages divers et variés, et vous obtenez un album dense - peut-être trop pour être immédiat -, riche, parfois passionnant, légèrement enivrant, et qui se dégustera parfaitement à l'heure de l'apéritif.

BETH KLEIST - An Evening Return
(Hippocamp) - [site]

Beth Kleist n'est pas une chanteuse, mais un duo électro allemand, qui pratique un minimalisme un peu austère au premier abord, mais, comme c'est souvent le cas avec les (bons) albums de click'n'cuts, acquiert au fil des écoutes la bonification qui sied aux adeptes du "Less is More". Après quelques escapades internationales respectives, Philipp Bückle (Teamforest) et Nils Quak (alias nq, dans Progressive Form) se rendent compte qu'ils sont voisins à Dortmund, et décident de conjuguer leurs obsessions en créant Beth Kleist. Le résultat est assez convaincant, et place le duo sur des confins certes déjà explorés (Tujiko Noriko, Gel:), mais encore assez sauvages pour apporter exotisme et rêverie, une rêverie douce, aux tempos tranquilles, mais sans cesse pervertie par des rythmes chancelants, aux contours brouillés, créant une impression de flottement propice à la dérive onirique. Rien de très nouveau dans l'idée de déconstruire les attaques instrumentales, mais la réalisation est assez fine, et a le bon goût de ne pas en rester au minimum syndical en proposant quelques échappées plus denses et soutenues, enrichies en textures synthétiques, plutôt bien senties.

MAKINO - Makino
(Inexpression) - [site]

Martine et Lionel sont sur un bateau. Ce bateau s'appelle Makino, et il dérive tranquillement au gré d'une bise pop tranquille un peu déstructurée, mais pas trop. Les deux Aquitains de Makino ne doivent pas être des gens stressés, ils font de la musique sans style précis, et avec une sorte de cool absolu, en forme de ballades continuelles. Ils n'ont pas peur d'appeler "Inexpression" l'association qui les gère, et leurs morceaux ont pour nom "Besoin d'ailes"ou "Un humaniste ?". Ils le disent sur leur site, ils se sentent libres, Makino, tellement libres que la voix (sans doute Martine) prend des libertés totalement inattendues : elle chante tout le temps faux. Volontairement. Enfin, j'espère, parce que là, c'est vraiment très faux, beaucoup plus faux que Laetitia Sadier, de Stereolab, la seule référence explicite de l'album, a priori. Martine chante un peu comme Thom Yorke s'il était complètement fou. En plus, elle chante des paroles bizarres et vaguement surréalistes, parfois dans le registre de l'intime, pas toujours bien senties.
Bref, Makino, c'est rigolo, mais c'est pas toujours très beau.

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