Albums - Blaine L. Reininger, Steven Brown

11/06/2007, par | Albums en bref |
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Blaine Reininger - Elektra / Radio Moscow SoundtracksBLAINE L. REININGER - Elektra / Radio Moscow Soundtracks
(LTM) [site]

Membre fondateur de Tuxedomoon, Blaine L. Reininger a sorti de nombreux disques solo depuis le début des années 80, notamment dans la période où il ne faisait plus partie du groupe (1983-87). Ce CD rassemble deux travaux de commande plus récents : une musique composée pour des représentations de la pièce "Electre" de Sophocle par une compagnie grecque en juillet de l'année dernière, et la bande originale de "Radio Moscow", film obscur signé par un certain Nicholas Triandafyllidis en 1995, dans lequel Reininger tenait d'ailleurs un rôle.
Enregistrées à Athènes, où le musicien réside aujourd'hui, ces deux œuvres instrumentales s'inscrivent dans la lignée des compositions les plus atmosphériques de Tuxedomoon (dont leur tout dernier album, une BO d'ailleurs, "Bardo Hotel Soundtrack". Employant essentiellement le piano et les cordes, "Radio Moscow" propose une sorte de musique de chambre moderne, assez proche parfois des Rachel's et du Penguin Cafe Orchestra. Encore plus minimaliste, "Elektra" repose davantage sur les textures sonores que sur les mélodies, rappelant la bande-son de l'exposition de David Lynch à la Fondation Cartier. Rythmes lents, notes tenues, dissonances, bruits électroniques d'origine inconnue, échos de chœur grec ("Orestes"), de musique orientale ("Miroloyia") ou de la scène indus-expérimentale fin seventies de San Francisco ("Third Stasimon") : plutôt que de surligner à gros traits les accents tragiques de la pièce, BLR a préféré créer des ambiances envoûtantes et mystérieuses. Ambiances suffisamment évocatrices pour que cette vingtaine de pièces sonores puissent être appréciées sans les images qu'elles accompagnaient à l'origine.

Steven Brown - Brown Plays Tenco - studio & liveSTEVEN BROWN - Brown Plays Tenco - Studio & Live
(LTM) - acheter ce disque

De tous les projets solo de Steven Brown, autre membre fondateur du groupe américano-européen, "Brown Plays Tenco" (à l'origine un EP 5 titres, augmenté ici d'une dizaine de prises live) est sans doute l'un des plus singuliers. Amoureux de l'Italie, le multi-instrumentiste se fit conseiller au milieu des années 80 quelques disques d'anciennes vedettes de la chanson dont la renommée n'avait guère dépassé les frontières du pays. Il se prit alors de passion pour Luigi Tenco, chanteur qui avait accumulé les succès dans les années 60 avant de se donner la mort, en janvier 1967, juste après avoir participé, plus ou moins contre son gré, au festival de San Remo avec sa fiancée, une certaine Dalida (spécialiste des relations tragiques). Ecorché vif, Tenco aura souffert durant toute sa brève carrière d'être considéré comme un chanteur de charme ou de variétés, alors que ses textes étaient souvent engagés (il eut d'ailleurs maille à partir avec la censure), et que son romantisme exacerbé le rapprochait davantage d'artistes comme Roy Orbison ou Del Shannon qui, outre-Atlantique, avaient porté la mélancolie au sommet des hit-parades.
Chantant ses chansons dans leur langue d'origine (sauf la première, adaptée en anglais), Brown en respecte l'esprit tout en les parant d'arrangements plus contemporains et impressionnistes, entre épure acoustique (piano, contrebasse, flûte...) et froidure synthétique. Quant aux morceaux live, tirés de deux concerts italiens de 1988, ils révèlent à la fois un compositeur profondément original (car il ne s'agit pas uniquement de reprises de Tenco), un saxophoniste talentueux et un chanteur habité - tout cela dans la même personne, ce qui n'est pas rien.

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