Albums - Alex Delivery, Function

13/09/2007, par David Larre | Albums en bref |
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ALBUMS par David Larre


ALEX DELIVERY - Star Destroyer
(Jagjaguwar / Differ-Ant) [site] - acheter ce disque

Bienvenue au rayon des disques inclassables, et par voie de conséquence, difficiles à repérer dans la masse. Le premier, sorti il y a quelques mois, provient d'un groupe basé à Brooklyn qui s'appuie sur la diversité d'origine et de formation de ses membres pour proposer un assez extravagant cocktail : entre kraut-rock, fanfare, noise à tendance métal ou folk asthénique. Fort d'un premier morceau bulldozer ("Komad", duo de voix blanches sabordé par un bruit de fond corrosif ouvrant droit sur une cavalcade électro archaïque - avec cuivres apparemment synthétiques - sans destination claire), le groupe lance en avant, et un peu dans toute les directions, son bolide sonore. On y retrouve un peu la manière particulière qu'a Sonic Youth de salir le son en le faisant sonner de manière coupante, ou de briser la courbe mélodique par quelque trouvaille rythmique déstabilisante. S'il n'a encore ni la carrière ni l'aura de ces illustres aînés, Alex Delivery joue pourtant aussi sur une palette plus large, soigne particulièrement les détails (bidouillages électroniques, arrangements de cordes soignés, bruitages indus) et est affecté d'une sorte de grâce mélancolique qui donne envie de suivre de près la suite de sa trajectoire.

FUNCTION - The Secret Miracle Fountain
(Locust Music / Differ-Ant) [site] - acheter ce disque

Issu d'un travail collectif baladé aux quatre coins du monde par son initiateur, Matt Liam Nicholson, "The Secret Miracle Function" mérite sans doute mieux que le sort qui lui a été fait il y a quelques mois dans ces colonnes et peut-être un peu moins que le 8.2 pointé de Pitchfork. Les morceaux, pour la plupart construits sur une base folk-rock à tendance planante, ont été proposés à des musiciens qui, du Japon à l'Égypte en passant par l'Italie et Brooklyn (encore), se sont essayés à en épouser les volutes sinueuses, pour y imprimer leur marque. Le premier exploit tient dans la manière dont le plus (de musiciens, de propositions, de production) épouse la cause de l'épure, en insinuant par de petits détails - drones, digressions instrumentales, ponctuations vocales - des prolongements directs de perspective. Ce refus du spectaculaire demande beaucoup d'attention de la part de l'auditeur, mais lui donne au final - attendre tout de même 75 minutes - beaucoup. Le second exploit consiste à oser, au fur et à mesure du disque, de plus en plus la sortie de route en forme d'acculturation, la fin du disque, de tablas en chants carnatiques, offrant son lot de surprises world ambient. Il fallait sans doute que cette musique américaine se dévête progressivement de ses oripeaux pour entrer, jusqu'à un certain point, dans la découverte de l'étranger auquel elle se frotte.

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