Albums - Elf power, Linda Smith

06/03/2002, par Jean-Christophe Mauger | Albums en bref |
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ELF POWER - The winter is comingELF POWER - The winter is coming
(Shifty disco / Poplane)

L'un des travers favoris des chroniqueurs de disques est de créer des oppositions souvent factices entre deux albums qui n'ont pas forcément de rapport entre eux, les qualités de l'un s'appréciant au regard des défauts de l'autre et inversement. Cet exercice un peu vain mais assez utile permet dans le cas qui va nous occuper de comprendre pourquoi un album est raté - et l'autre pas. Le premier " The winter is coming " d'Elf power arbore fièrement les oriflammes de sa supposée ambition : label du collectif Elephant 6, production Dave Fridmann (Flaming Lips, Mercury Rev) et neuf mois d'enregistrement dans une ville pour laquelle chacun d'entre nous éprouve un vieux fond d'affection (Athens, Georgie). Malheureusement, tous ces antipasti ne suffisent pas à masquer l'indigence du plat principal, à savoir la cruelle absence de chansons construites et le manque de mélodies un tant soit peu captivantes - tout au plus peut-on extirper deux gentilles ballades à la guitare acoustique en début de seconde mi-temps. Pire, l'écoute de ce gloubi-boulga sonore, avec la voix noyée dans le mix et les couches de guitare sédimentées, finit par devenir à la longue très irritante et les titres des morceaux (" Embrace the crimson tide ", " The sun is forever ", " The albatross " et je vous épargne les plus tartes) font penser à du Jethro Tull. " The winter is coming " ? Non, en fait, il s'en va et s'il le souhaite il peut partir avec ce disque.


Linda Smith - Emily's houseLinda Smith - Emily's house
(Preference recordings / Home made music)

Après ce mille-feuilles bétonné, c'est avec soulagement qu'on aborde les rivages plus feutrées fréquentés par Linda Smith et son " Emily's house ". Ici, pas de producteur galonné ou de traçabilité pachydermique, mais de vraies mélodies toutes simples que Linda a écrites et enregistrées en un mois dans un studio mis à sa disposition par une fondation artistique (la Millay colony for the arts) et qu'elle nous livre ici dans une version brute et sans fioritures (une guitare jouée modestement, un synthé tout neuf, une boite à rythmes et basta). L'influence des quatre (moins deux) de Liverpool est ici totalement évidente mais cette pop-folk très ligne claire et primesautière trouvera forcément ses adeptes, entre ceux qui goûteront la voix limpide de Linda, le côté bricolo attachant de l'interprétation, la concision du propos (30 minutes, cela change des logorrhées de certains) ou la gravité sereine de textes sur le bonheur de la solitude. Doux et folâtre, " Emily's house " se révèle être un compagnon idéal pour guetter l'éclosion des premières primevères.

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