Albums - Vega 4, Matthew, The Promise Ring

03/07/2002, par Guillaume Sautereau | Albums en bref |
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ALBUMS - par Guillaume

VEGA 4 - SatellitesVEGA 4 - Satellites
(Taste Media/ Naïve)

Comme quoi il ne suffit pas de reprendre "Revolution" pour le compte d'un opérateur de téléphonie orange pour l'être, révolutionnaire. Dommage, la combine aurait pu fonctionner, et suffire à mettre ces satellites en orbite, parce qu'à l'écoute de cet album, on sent confusément que les Vega 4 sont plutôt d'habiles songwriters potentiels. À partir de ce constat, les fans de Muse (dont le groupe partage, quel hasard, le label et la production), des premiers Radiohead, de The Verve voire de Travis ou de Coldplay (sur les morceaux les plus calmes et les plus digestes) seront ravis. Trop de ressemblances dans l'air du temps pour qu'on passe l'éponge. Pour le reste, si l'on a un peu de mal avec le lyrisme vain à la Richard Ashcroft et la vaine débauche d'énergie à la Muse, on préférera attendre un hypothétique "Vega 4 Unplugged" pour goûter en paix les trois ou quatre très bons titres de cet album ("Radio Song", "The Caterpillar Song", "When Love Breaks Down" ou "Better Life", notamment).

MATTHEW - Everybody DownMATTHEW - Everybody Down
(Rykodisc / Naïve)
Contrairement à ce que pourrait laisser penser une écoute distraite de ce disque, il ne s'agit pas du projet solo du chanteur de Muse. Je me prends même à espérer que les quatre garçons qui composent Matthew n'ont pas nommé leur groupe en hommage au sieur Bellamy. Mais bref, là encore, les gentils gens qui aiment Muse et les premiers Radiohead (on pourrait croire en lisant la chronique du dessus que je me répète mais détrompez-vous, ce n'est pas vraiment moi), ceux qui aiment les chanteurs romantiques mais sévèrement burnés quand même, à l'intensité quasi christique qui ululent à nos chastes oreilles et les guitares qui bastonnent sévères adoreront Matthew. Un peu moins subtils que leurs voisins du dessus de Vega 4 (un peu plus américains ?), les Matthew séduisent toutefois comme eux davantage sur les trucs plus calmes ("In the Wonder") mais frôlent souvent l'indigence la plus totale ("Streams"… et si on écoutait Aerosmith plutôt ?). À leur crédit, on peut mettre un certain côté franc du collier, "sincère" quoi, c'est toujours ça. Et si on les laissait grandir, ces petits ?

THE PROMISE RING - Wood/WaterTHE PROMISE RING - Wood/Water
(Anti / PIAS)
Eux sont déjà grands, et semblent ici tourner leurs vestes (de bûcheron) : adieu le grunge, bye bye le punk rock, vive la pop. Un peu mou, limite Middle of the Road, bien emballé à l'américaine (pourtant c'est Stephen Street qui est aux manettes), ce "Wood/Water" n'est pas loin de filer direct à la corbeille. Et puis, bien longtemps après qu'on a éteint la platine CD, le refrain de "Stop Playing Guitar", vieux slow à briquets, reste incroyablement en tête (il faut dire que les paroles sont faciles à mémoriser : "yeah yeah oh yeah... yeah yeah (ad lib)). Verdict après réécoute : à part quelques feux de paille ("Stop Playing Guitar", limite, ou "Suffer Never", imitation plutôt réussie du "Race for the Prize" des Flaming Lips), The Promise Ring s'enlise non loin du programme Europe 2 ("Become One Anything One Time") et l'on ne les y sent pas vraiment à leur place. Pas plus qu'ils ne convainquent sur l'ambitieux (et raté) "Say Goodbye Good" et ses phantasmes d'hymnes avec plein de gens qui chantent en choeurs à la fin. Un album agréable à écouter les jours où l'on n'a vraiment rien à faire de mieux, sans trop se poser de questions. Ce qui, franchement, n'est déjà pas si mal, mais n'est sans doute pas le résultat attendu par ces garçons un peu à côté de leurs pompes.

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