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ALBUMS
- par Stéphane
THE
REINDEER SECTION - Son of Evil Reindeer
(Bright
Star Recordings / PIAS)
- [site]
Il se passe de drôles de choses en Ecosse. Tous les
musiciens indie du coin semblent se connaître, boire
la même bière, partager le même goût
d'une pop policée et le même attrait pour des
projets un peu bâtards comme celui-ci. The Reindeer
Section, ce n'est pas franchement un groupe, plutôt
un collectif (c'est cool, ça, un collectif, bien
plus fashion que les traditionnels "groupes")
qui peut recourir ponctuellement aux compétences
de musiciens comme Eugene Kelly des Vaselines, Norman Blake
de Teenage Fanclub, John Cummings de Mogwai ou Aidan Moffat
d'Arab Strap, autour d'un noyau dur composé principalement
de Gary Lightbody. Ce monsieur, au cas où ça
vous aurait échappé, a commis plusieurs albums
avec ses compères de Snow Patrol, un groupe qui se
distingue surtout par ses compositions les plus lentes et
mélodiques (les autres font un peu trop rock bourrin
à mon goût). Ici, avec sa section à
géométrie variable souvent agrémentée
de cordes et de cuivres qui ont le bon goût de se
faire légères et discrètes, il prouve
une fois de plus qu'il peut être un compositeur de
très bonne tenue. Mieux que ça encore : sur
ce disque, vous trouverez des bijoux de pop mélancolique
et automnale, avec des bourrasques et des averses, des étés
indiens et des frissons. Et la cerise sur le gateau : la
merveille "Whodunnit?" chantée par un Aidan
Moffat décidément abonné aux collaborations
lumineuses après laudanum.
LANGLEY
SCHOOLS MUSIC PROJECT - Innocence & Despair
(Basta
Records / Import)
Monsieur Jeanjean, vous étiez mon prof de musique
en 6ème et vous aviez un méchant cheveu sur
la langue. Comme plusieurs dizaines de millions de petits
français, j'ai appris grâce à vous à
meurtrir les oreilles de toute la famille avec ma flûte
à bec. En outre, si vous aviez fait l'effort de réactualiser
régulièrement vos cours, ce n'est pas Trénet
et sa "Nationale 7" que vous auriez demandé
à la classe de 6ème 2 de chanter, mais "Space
Oddity". Et aujourd'hui, je pourrais moi aussi ressortir
mes vieux enregistrements, ceux que je retrouverais, avec
un peu de chance, dans les greniers de la maison familiale
comme les enfants de cette obscure école canadienne
qui ont eu la chance, eux, de chanter dans les années
70 les tubes interplanétaires de Bowie, des Beach
Boys ou de John Lennon
Le "musical project"
des écoles de Langley ne doit pas vous impressionner,
Monsieur Jeanjean : à voir, c'était sans doute
aussi charmant et ridicule que la fête de fin d'année
que vous aviez organisée
vous savez, celle
où mon frère chantait "non, non, je ne
veux pas faire la guerre" déguisé en
vahiné (et néanmoins fort inspiré).
Sur le disque canadien, il y a des fausses notes (beaucoup),
de l'émotion (parce que c'est toujours émouvant,
un enfant qui chante) et de grandes chansons. Comme les
enregistrements des fêtes de fin d'année, on
l'écoute deux fois : une par curiosité, une
pour rigoler en écoutant les mômes massacrer
les standards. Et on finit par se dire que, si c'est charmant,
ça donne surtout envie de remettre un bon vieux Bowie
sur la platine (bizarre, je n'ai jamais eu envie de réécouter
"Nationale 7").
LOOPER
- The Snare
(Mute / Labels)
J'aime pas chroniquer les disques que j'aime pas. Mais j'aime
Looper, groupe qui, à ses débuts, se résumait
à Stuart David (un des seuls Ecossais qui ne participe
pas au collectif The Reindeer Section) et à sa femme.
Ils bidouillaient dans le multimédia ensemble, dans
la musique, dans le dessin, et il avait publié un
livre qui reste hautement recommandable : "Nalda Said".
Ils avaient sorti un premier single chez Subpop, "Impossible
Things", génie d'inventivité électropop
bricolée. Ils avaient joué live à quelques
festivals, et il se dégageait de leurs performances
juste ce qu'il faut d'originalité, de fraîcheur,
et d'expérimentation. Ils avaient inventé
une twee-electro, ni trop twee ni trop élec. Mais
de l'eau a coulé sous les ponts, et ce n'est pas
la plus pure. Aujourd'hui, sur ce disque, le troisième
(après un premier album moins inspiré que
le single et un deuxième album moins inspiré
que le premier), il n'y a
ben, pas grand chose à
récupérer, en fait. Comme on sait que Looper
a des ressources et du talent, on va se contenter de fermer
les yeux et les oreilles, en attendant la suite. A moins
que je n'aie rien compris
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