Albums - Spéciale Label Slowcoloured

01/01/2003, par Fred Tuc | Albums en bref |
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ALBUMS SPECIALE SLOWCOLOURED - par Fred

Tels deux faux jumeaux, Pupille et Zul sont issus du même ventre (le label Slowcoloured) et possèdent le même patrimoine génétique (post-rock et slowcore pour l'essentiel). Ajoutez à ceci des références croisées, des transferts de musiciens d'une formation à l'autre et vous comprendrez encore mieux pourquoi les destins de ces deux groupes sont intimement liés.

PUPILLE - PupillePUPILLE - Pupille
(Slowcoloured)

Huit morceaux sans titre constituent cet album éponyme. On ne peut pas dire que Pupille noie ses auditeurs sous l'information! Ce disque a été fait pour être écouté d'une traite et le groupe nous le fait clairement sentir.
Teinté au début d'arrangements stratosphériques évoquant "La Muñeca De Sal", le son devient vite plus chargé - on pense à Explosions In The Sky - mais reste très structuré, comme le prescrit ce style musical très en vogue, avec toutefois, ici et là, des zones d'accalmie bienvenues.
Pupille distille en permanence l'impression qu'un drame se prépare. Et ça ne rate pas ; dans un déluge de guitares et de percussions. Ecouter Pupille provoque l'oppressante sensation de se retrouver dans un étroit boyau métallique dans lequel résonnent les coups d'un marteau, attendant le moment où les millions de mètres cube d'eau s'engouffreront pour se lancer à notre poursuite.
Dérivant franchement vers un rock solide comme une bombe de lave, c'est bien évidemment la face la plus sombre du post-rock qu'explore Pupille. De cette obscurité s'échappe pourtant de formidables sources de lumières, comme si le sol calciné du volcan se fendait sous nos pieds pour laisser jaillir de la lave bouillante, symbole de vie et d'énergie.


ZUL - El Golpe De La AgujaZUL - El Golpe De La Aguja
(Slowcoloured)

Si l'on se représente la Lune, sur laquelle Pupille occupe le centre de la face cachée, Zul est beaucoup plus près de la frontière entre lumières et ténèbres, histoire de voir ce que ça peut faire d'aller faire un tour de l'autre côté.
Ce que Zul semble rechercher tout au long de ce premier disque, c'est le mariage de sonorités légères (métallophone, piano et guitares parfois délicates), d'autres nettement plus lourdes (guitares bien sûr) et d'une batterie, tantôt dans un camp, tantôt dans l'autre, mais dont la diction est toujours très articulée.
Ainsi, ce groupe prêche plus la diversité que le monolithisme, trop souvent de mise dans cette veine musicale, se servant régulièrement à cette fin d'un piano et de voix aériennes. Les anticyclones sont cependant de courte durée et ce sont finalement les ouragans qui dictent leur loi.
On sent que Zul ne se sent pas bien à rester trop longtemps au pied d'un mur de guitares et que plus forte est l'envie d'en faire le tour pour aller se promener tranquillement dans les plaines illuminées qui se cachent derrière… ne serait-ce que pour mieux apprécier ensuite le retour aux sources, sombres et menaçantes.

Indissociables, liés par leurs points communs autant que par leurs différences, Pupille et Zul sont deux perspectives convergentes vers cette musique qui m'est chère et dont le label Slowcoloured a su intelligemment mettre en valeur les forces contradictoires.


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