Albums - Orange Humble Band, Warren Zanes, Mason Jennings

25/12/2002, par Jean-Christophe Mauger | Albums en bref |
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ALBUMS - par JC

JON SMITH - Jon SmithORANGE HUMBLE BAND - Humblin' (across America)
(Laughing outlaw records)

Difficile d'en vouloir à l'ancien batteur de Big Star Jody Stephens de chercher à revivre ces instants bénis où il a fait partie d'un des groupes les plus bouleversants et influents de la musique pop. Il a donc réuni sous le nom d'Orange Humble Band l'ex-Posies Ken Stringfellow et le producteur de REM période IRS Mitch Easter pour enregistrer sur un mini-label australien ces quinze chansons qui lorgnent immanquablement du côté de "Radio city". Le coup manque évidemment son but (comment égaler "September gurls" ou "Back of the car" ?) mais l'enthousiasme du casting finit par transformer cette pochade nostalgique en un très agréable moment de power-pop sincère et même ingénue. On ne retrouve rien du caractère acide et abrasif du groupe de Memphis dans l'OHB, sauf que quelques remarquables titres (délicats comme "Vineyard's blues" ou pétaradants comme "Any way you want it") suffisent à faire oublier un instant que Big Star a disparu il y a un quart de siècle et qu'on ne s'en est jamais vraiment remis.


WARREN ZANES - The memory girls EPWARREN ZANES - The memory girls EP
(www.warrenzanes.com).

Les Del Fuegos, groupe des frères Dan et Warren Zanes, sortirent au début des eighties deux albums de college rock très sympas auxquels il manquait toujours quelque chose pour être totalement irrésistibles (de bonnes chansons mais un son foireux pour le premier ; l'inverse, sur le second). Après une fin de carrière en eau de boudin, Warren partit enseigner à l'université (oui, comme Sterling Morrisson mais la comparaison s'arrête là) avant de revenir avec ce 5 titres déclenché, à l'en croire, par un chagrin d'amour. Agréable surprise : Les Del Fuegos étaient un groupe plutôt bas du front, Warren Zanes est un type raffiné. Il a ficelé ses chansons avec des mélodies réellement affriolantes et des textures musicales riches et caressantes (Billy Conway de Morphine souffle sur "Hey girl" et la partie de banjo de "First on the moon" est imparable) et, dans le genre, c'est presque aussi bon que le "Maplewood" d'Ed Harcourt l'année dernière. Depuis, Warren Zanes va beaucoup mieux, il joue tous les mardis soir au club Departure Lounge de New York et on lui souhaite de continuer comme cela.


MASON JENNINGS - Century springsMASON JENNINGS - Century springs
(Setanta / PIAS)

Mason Jennings devrait se méfier car il risqué de connaître prochainement la même aventure que celle que vient de connaître David Gray en Angleterre : celle du type pas spécialement doté d'un talent particulier (voix sans relief, capacité mélodique scolaire) mais opiniâtre et qui au détour d'un album (le huitième? Le treizième ?) se verrait touché par la baguette capricieuse du succès. Tout cela parce que le new-yorkais avance bardé d'influences qui plaisent au peuple - Lennon, Simon and Garfunkel et le folk britannique- et qu'une époque qui porte Ron Sexsmith au pinacle critique n'a guère de raison de laisser Mason Jennnings au bord de l'autoroute. Mention spéciale malgré tout au meilleur titre de chanson de l'année (Sorry signs on cash machines") qui, passé une gouleyante intro au piano, s'impose comme un hit potentiel - tiens, c'est bien ce que je disais.

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