Albums - The Sights, Hand of Doom, Tara Jane O'Neil & Daniel Littleton

26/02/2003, par Monsieur Morel | Albums en bref |
  • Facebook
  • Twitter
| permalien

ALBUMS - par monsieur Morel

THE SIGHTS - Got What We WantTHE SIGHTS - Got What We Want
(Sweet Nothing / Chronowax)

Les Sights comme le laissait supposer la typographie de leur nom empruntée aux Seeds, lorgnent du côté des années 60. L'album débute sans déstabiliser l'auditeur par une power pop inspirée des Kinks, des Remains, des Rolling Stones et finalement de toute la pop garage des années 60. Ceci ne retire rien à leur aisance mélodique et d'interprétation (parfois évocateurs d'un Supergrass) mais les Sights jouent un peu trop les bons élèves pop. Il manque une sauvagerie, celle qui suinte encore à l'écoute des productions de l'époque et à laquelle les Von Bondies (du même label) par exemple parviennent à être fidèle tout en incorporant des touches personnelles. Puis The Sights me font démentir au cinquième morceau avec un "One and only" accrocheur à souhait, continuent lorsqu'ils embrayent sur un "Got what i want" au riff fiévreux d'un Aérosmith du début des années 70 et enchaînent sur un "Last chance" à la mélodie grosse comme une maison mais tellement irrésistible. Trois morceaux successifs jubilatoires. Je remonte le son, me réveille, il s'est passé quelque chose, oui un bon disque tourne sur la platine. Tout simplement. La fin de l'album le confirmera. Arrêtons de chipoter.

HAND OF DOOM - Black Sabbath Tribute, Live In Los AngelesHAND OF DOOM - Black Sabbath Tribute, Live In Los Angeles
(Idaho Music / Pop Lane)
Cet hommage au groupe du très en vogue Ozzy Osbourne par quelques beaux noms du rock américain tels Melissa Auf Der Maur de Hole/Smashing Pumpkins et Nick Oliveri de Queens Of The Stone Age, fleure bon l'esprit du fan. Les morceaux de Black Sabbath (ceux parmi les plus mythiques, composés entre 70 et 75) demeurent efficaces, fougueux et additifs sous les instruments de nos VIP qui s'amusent tout simplement à imiter son modèle. Mais peut-être qu'à force de jouer le mimétisme appliqué, le groupe en devient trop sages et reste condamné à n'être qu'un Black Sabbath de poche. Après tout, quitte à écouter une reprise fidèle autant se pencher sur l'originale. Melissa essaye de chanter comme Ozzy mais n'y parvient pas vraiment, les guitares se rendent proprement saturées lorsque celles de Tony Iommi étaient pachidermiques. Black Sabbath c'était crétin, primal, sonique comme tracteur au décollage (ça reste toujours au sol mais ça fait du bruit) et à ce titre assez jouissif. Hand Of Doom ne suit pas. Si l'exercice devait être assez amusant dans la salle de concert, l'intérêt sur disque paraît plus limité sans être désagréable. Espérons néanmoins qu'il insufflera aux novices en Black Sabbath l'envie de mettre la main sur les premiers albums du groupe de Birmingham.

TARA JANE O'NEIL & DANIEL LITTLETONTARA JANE O'NEIL & DANIEL LITTLETON - Music For A Meteor Shower
(Tiger Style Records / Chronowax)
J'ai un seuil de tolérance généralement assez élevé concernant les musiques instrumentales et atmosphériques pour peu qu'elles me laissent quelques repères mélodiques, qu'elles soient inventives et tortueuses. Peu importe la lenteur finalement. Même l'ennui d'une musique peut conférer une tension émotionnelle à un disque. Mais là je n'y arrive pas. Tara Jane O'Neil (Retsin) et Daniel Littleton perdent mon attention dés les premières trente secondes. Ce disque de musique chambre pour guitares acoustiques ne manque pas de douceur, de délicatesse et de confort bucolique mais rien n'imprime l'auditeur, il en ressort incroyablement vierge. Aucune mélodie, aucun thème fort, pas de ruptures de ton, il y a juste là une douce musique de fond. Ce disque est un plan-séquence vide de sens. Un seul titre toutefois se démarque et donne un idée de ce qu'auraient pu signer nos compères si tout avait été à sa hauteur. "Oh la la…" se distingue sous les traits d'une bossa aux airs country, chantée en français. C'est comme si Hank Williams avait convié chez lui Salvador et Caetano pour pousser nonchalamment la chansonnette sur le perron autour d'un bourbon. C'est frais, nouveau, charmant. Nos talentueux musiciens ont vraisemblablement raté un grand disque. Dommage.

les derniers articles


»» tous les articles
»» toutes les chroniques de disque
»» tous les posts du blog