Albums - Novela, Loren Connors, Farrah

30/07/2003, par Gildas | Albums en bref |
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ALBUMS par Yves et Gildas

NOVELA - Somewhere There is MagicNOVELA - Somewhere There is Magic
(Elp! Records / Mosaïc music)

Aperçus sur la scène du Village aux dernières Transmusicales de Rennes, les novelistes - comme ils se nomment eux-mêmes - terminaient leur set par une reprise down tempo du "Say my Name" de Destiny's child... la classe. Le premier album de ces cinq rennais (quatre gars et une fille au micro), nourris de pop et de soul sixties, évoque inévitablement les productions Tricatel (d'ailleurs Bertrand Burgalat n'est pas bien loin : il joue du clavier sur quelques titres). De sucreries pop sautillantes ("Singing Along" et "Read my Lips", deux tubes en puissance) en compositions plus intimistes ("Birds", "Watching From The Sky") en passant par des ambiances western à la Calexico ("Jack"), les chansons de Novela sont toujours arrangées avec soin, chœurs, cordes et cuivres venant régulièrement soutenir la formation de base. Avec "Somewhere There is Magic", Novela signe donc un album prometteur, mais peut être un peu trop classique dans la forme. Il ne manque pourtant pas grand chose à ce disque : un petit grain de folie, une personnalité un peu plus affirmée... ou une reprise de Justin Timberlake.

LOREN CONNORS - The Departing of a Dream IILOREN CONNORS - The Departing of a Dream II
(Family Vineyard / Chronowax)

Combien d'émotions différentes peut-on extirper d'une guitare ? C'est la question que semble s'être posée Loren Connors avec la série "The Departing Of A Dream". Pour ce second volume, il explore avec une virtuosité certaine les effets du jeux lent. Contemplatif, calme, méditatif l'album se décline en atmosphères étonnamment palpables. Les chansons sont tellement lentes que parfois on se demande si elles existent vraiment, si ce n'est pas simplement le bruit du vent dans les cordes qui a été mis à plat sur les bandes. Le son est plein de reverb, et l'utilisation bizarroïde d'une pédale wah wah réglée avec un délai maximum donne un effet aquatique plaisant mais parfois étouffant. Sans être démonstratif, Loren Connors expérimente et explore les capacités de son instrument avec un entêtement qui ravira les esthètes ou les ennuiera, c'est selon. Il n'en reste pas moins que cet album sombre et intransigeant réussit à faire jaillir des émotions très fortes avec trois fois rien... Parmi ces émotions, la peur et la solitude se tiennent au premier rang. Il ne faut pas être déprimé pour écouter cet album, ou plutôt si, il faut l'être pour le comprendre pleinement, mais est-il souhaitable de comprendre si bien le désespoir ?

FARRAH - MoustacheFARRAH - Moustache
(Polaris music / Mosaïc) - [site]

Derrière cette pochette hideuse se cache un disque de Power-pop très honnête mais loin d'être enthousiasmant. À l'heure où l'électronique se diffuse subrepticement partout, cet album qui fleure bon la pop british (circa 1992) des Teenage Fanclub fait l'effet d'une sucrerie oubliée trop longtemps et qui a perdu un peu de son goût. Ce disque est très simple, parfois un peu simpliste, d'autres fois carrément simplet, mais ce manque de complication le rend bizarrement attachant. Des chansons parlant d'amour, directes, qui excèdent rarement les trois minutes standards, avec de jolies harmonies vocales. Tout cela date un peu et ne surprend plus guère. Bien sûr, c'est bien fait, ça rappelle des temps meilleurs, mais ça sent aussi un peu le renfermé. "Moustache", c'est le disque qui aurait dû marcher il y a dix ans, et qui séduira les nostalgiques de cette période. Mais personnellement je préfère me replonger dans mes albums de l'époque (Teenage Fanclub, Posies, etc).

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