Albums - Holopaw, Cursive, Rilo Kiley

27/08/2003, par Jean-Christophe Mauger | Albums en bref |
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ALBUMS par JC

HOLOPAW - HolopawHOLOPAW - Holopaw
(Subop)

Pour un groupe de Floride, Holopaw n'a pas choisi la facilité en passant par un label du Nord-Ouest (en l'occurrence l'increvable Sub Pop) pour sortir ce premier album, qui ne rappelle d'ailleurs en rien les scies grunge qui ont fait la gloire de la maison de Seattle. La musique d'Holopaw est en effet un mélange assez harmonieux de country-twang et de psychédélisme discret, dont les chansons commencent habituellement par un décalque de "Sweetheart of the rodeo", avant de dévier subrepticement de ce schéma sous l'influence d'une ligne musicale inattendue (un Fender Rhodes ou une trompette free dans le très bon "Cinders"). La démarche n'est pas sans rappeler celle de Califone (dont l'ex-membre Brian Deck officie ici à la production) mais sans la fulgurance mélodique du groupe de Chicago, qui s'est il est vrai admirablement extirpé de la mêlée avec "Quicksand-Cradlesnakes". Pour Holopaw, il s'agit d'un premier essai dont la transformation passe à l'extérieur, mais suffisamment prometteur pour qu'on suive la fin de la partie.


CURSIVE - The Ugly OrganCURSIVE - The Ugly Organ
(Saddle-creek records)

Si j'ai bien compris le thème, "The Ugly Organ" raconte la vie sexuelle post-divorce et débridée du leader de Cursive, Tim Kasher. Je sais, dit comme ça, cela rappelle les albums-concepts de nos grands-parents et cela fiche les jetons. Sur le plan musical, ce disque choisit une option assez originale, à mi-chemin entre le hardcore pour la lourdeur rythmique, mais avec un côté décalé (quelques breaks inattendus et un potentiel vocal indéniable) et des finitions assez chiadées (cordes et orgue d'église, dont l'emploi systématique finit d'ailleurs par agacer). Ce brouet diabolique At the drive in-Mercury Rev -pour aller vite- se supporte le temps de se cuire un oeuf dur mais échoue définitivement à tenir la longueur d'un album, et encore moins quand ledit album s'achève par un morceau, le mal-nommé "Staying alive", qui étire pendant plus de dix minutes tous les tics et la tendance à l'auto-complaisance qu'on sent pointer dans les onze titres précédents. Vous aviez raison d'avoir peur.

ZOLA - Siete MaletasRILO KILEY - The execution of all things
(Saddle-creek records)

Camarades de stabulation de l'écurie Saddlecreek, Rilo Kiley ne joue visiblement pas dans la même catégorie emo-core que les précédents. Le groupe de Jenny Lewis s'essaye plutôt à une indie-pop assez riche au niveau des orchestrations (et un peu de sécheresse n'aurait à ce sujet gêné personne), énergique et catchy. Il y a globalement dans ce disque une bonne moitié des chansons ardemment gâchées par une tendance redoutable au mille-feuilles (une couche de crème, une couche de pâte brisée, de nouveau une couche de crème) et une autre moitié dans laquelle le talent d'écriture du tandem Jenny Lewis-Blake Sennett incite régulièrement l'auditeur à presser la touche replay (en particulier "With arms outstretched", porté par une délicieuse partie de guitare acoustique). Côté découverte, on est encore loin de la grotte de Lascaux mais rien n'empêche les Rilo Kiley d'assécher leur tempérament exubérant pour revenir en troisième semaine.

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