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ALBUMS par Fred
SAINT THOMAS - Hey Harmony
(City Slang / Labels)
On a beau le savoir, on a du mal à s'y faire :
ce folk-rock dans la plus pure tradition américaine,
c'est un Norvégien qui le joue. Se défaire
des clichés (électroniques en l'occurrence)
n'est pas toujours chose facile. Je dois avouer que, malgré
un premier disque somptueux, j'avais trop vite imaginé
qu'il n'y aurait jamais de suite et que St Thomas tomberait
dans les oubliettes des premiers disques. Non content de
poursuivre son chemin, l'homme nous gratifie d'une formidable
confirmation, peut-être même plus constante
dans la qualité que l'opus précédent.
Il convient en outre de reconnaître à ce type
une plus grande audace sur "Hey Harmony" où
certaines compositions assez torturées le disputent
à d'autres plus enlevées, plus pop ou plus
rock et où les arrangements sont aussi discrets qu'étonnants.
Grâce à des chansons de facture certes classique
mais variées, ayant chacune sa personnalité,
St Thomas peut se vanter de l'un des meilleurs disques folk
de cette année.
MAPS AND DIAGRAMS - Free-Time
(Pause_2)
Il m'en aura fallu du temps pour savoir quoi penser de Maps And Diagrams. En général, ça n'est pas bon signe. Ici, hélas, c'est le cas, même s'il n'y a pas de raison d'avoir la dent trop dure contre ce disque. En réalité, c'est surtout le début qui gâche le plaisir que procure la suite et c'est toujours avec une certaine réserve que je passe "Free-Time" sur ma platine. Quand elle ne s'enferme pas dans de trop longues et monotones boucles, l'electronica de Maps And Diagrams s'avère de bon goût et assez fouillée ("Ideol", "Djur Hours"), les sonorités sales et sucrées s'y mélangeant sans écoeurement. Seulement voilà : ces moments sont trop rares pour que l'ensemble du disque ne reste pas un peu ennuyeux.
LAIBACH - Wat
(Mute / Labels)
Écouter Laibach, c'est comme faire un retour en arrière de deux décades. Datés au carbone 14 d'une génération musicale qui semble se plaire dans un univers industrialo-gothique aux personnages angoissants, Laibach reste dans la même veine. Dire que cette musique me semble datée, c'est peu dire, même si elle a évolué pour intégrer des sonorités plus actuelles, notamment côté électronique. Il m'est difficile de me défaire de la sensation d'écouter la musique de Diablo, vous savez ce jeu vidéo où un héros, dans les entrailles de la terre, affronte morts vivants, trolls et autres charmantes créatures. L'obscurité, la moiteur, "l'industrialisme" et l'angoisse qui caractérisent la musique de ces Slovènes accompagnent toujours ce chant caverneux et incantatoire venu d'outre-tombe. Jouant sans complexe de tous les paradoxes musicaux, Laibach fait fi des modes et se révèle toujours aussi doué. Le fan de la première heure s'y retrouvera sans peine. Quant à celui qui n'a jamais accroché, il risque de se casser les oreilles sur cet indispensable anachronisme musical.
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