Albums - Jason McNiff, Puerto Muerto, Vive La Fête

17/12/2003, par Fred Tuc | Albums en bref |
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ALBUMS par Fred

JASON MCNIFF - Nobody's SonJASON MCNIFF - Nobody's Son
(Snowstorm / Chronowax)

Bien sûr, tout le monde dira : "Mais Bob Dylan a déjà fait tout ça longtemps avant ton Jason McNiff, mon gars !" Et Tout-le-monde n'aura pas tort. Et voici à nouveau relancé l'éternel débat au sujet de l'inspiration, du plagiat, du "de mon temps...", etc., entre les farouches défenseurs de nos ancêtres et les militants de l'éternelle renaissance. Mais, passons sur ces discussions de fins de concerts imbibées et accordons l'attention qu'il mérite à "Nobody's Son". Car, malgré les références nullement dissimulées du jeune homme, ce disque est un magnifique exemple de songwriting épuré et de folk dans la plus pure tradition où l'on retrouve la même essentialité dans la guitare que sur les disques de Bob. Les mélodies sont joliment tricotées, la voix est d'un classicisme qui sied parfaitement aux compositions et le ton est mélancolique à souhait. Bref, on avance en terrain conquis. Il n'y a pas grand chose d'indispensable à dire sur ces onze comptines qui n'apporteront rien à l'histoire de la musique mais qui auront le grand mérite d'être toutes quasi parfaites.

PUERTO MUERTO - ElenaPUERTO MUERTO - Elena
(Fire Records)

Le mystère plane sur Puerto Muerto. Cette musique étrange et envoûtante, sans racines précises (influences indiennes et bretonnes, entre autres), nous emmène pour un tour du monde singulier et angoissant. "Elena" est une "promenade" comme celle que fait Blanche Neige quand elle entre dans cette belle forêt qui, peu à peu, se transforme en terrible repère d'arbres crochus et malintentionnés. La voix grave et ensorcelante de Christa Meyer se fait assez vite inquiétante et on finit par se demander comment on va sortir de ce conte qui semble vouloir virer au cauchemar. La musique elle aussi est quelque peu atypique, mêlant de nobles instruments, tel un violoncelle perdu dans le lointain, et d'autres plus légers comme le vibraphone qui, contrairement à ce que l'on pourrait croire, renforce la peur ambiante. La suggestion de l'éloignement est récurrente et il n'est pas rare que les étranges scènes de "Elena" jouent à une sorte de va-et-vient dans notre perception, l'utilisation de la réverbération n'étant pas étrangère à ce phénomène.

VIVE LA FÊTE - Nuit BlancheVIVE LA FÊTE - Nuit Blanche
(Surprise / Lowlands)

Et hop ! Encore un produit "tout frais" issu des années 80 ; celui-ci façon rock-électro, comme il s'en fait beaucoup ces temps-ci. "Vive La Fête" nous vient de Belgique et se révèle en fait très réussi. Jouant avec aisance des clichés de la décennie mythique très (trop) en vogue depuis quelques années, le groupe a sorti toutes ses guitares ainsi que ses indispensables synthés. Les textes, naïfs et délibérément adolescents, sont chantés par Els Pynoo et son charmant accent. Ça n'a rien de très original, mais c'est très efficace, c'est sympa pour danser version délire-souvenirs et ça contient pas mal de tubes bien sentis.
Bien sûr, il y a un côté facile dans cette musique à la limite de l'usurpation tant elle manie les références fédératrices, mais il y aussi une dimension physique jouissive indéniable dont il ne faut pas rougir. "Nuit Blanche" sera vite oublié, tout comme ces plaisirs nocturnes éphémères que l'on a connus lors de certaines soirées enivrées. En attendant, dansons !

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