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ALBUMS
par Pimousse
PROTOTYPES – Tout
le monde cherche quelque chose à faire
(Boxson / AZ / Universal) - [site]
Selon le dictionnaire, le prototype se définit comme
un "appareil construit à très peu d'exemplaires à titre
expérimental, ou pour des compétitions".
Or, sur la ligne de départ, ce nouveau petit bolide
des ex-Bosco offre bien plus de ressemblances avec K2000
qu'avec la F1 de Schumi. Une electro plus kitsch
que clash s'y associe à des textes gentiment
niaiseux qui nous ramènent en fait à la pop
eighties des Calamités, au mieux aux débuts
de Plastic Bertrand. Pas grand-chose d'innovant donc à se
mettre dans les oreilles. À l'image du single
"Danse sur la merde", "Tout le monde cherche quelque
chose à faire" reste un album de second degré versant
trop souvent dans la seconde zone. Toutefois, il n'est
pas dit que des morceaux comme "Un gars fragile" ou
"06 60 92 92" ne viendront pas animer quelques estivales
soirées enivrées.
GREGOR
SAMSA – 27:36
(Own
Records) - [site]
Immanquablement, la musique de Gregor Samsa nous rappelle
aux bons souvenirs des titres étranges et habités
qu'Angelo Badalamenti enregistrait pour David Lynch à la
grande époque de Twin Peaks. Dans une vie antérieure
(ou dans la chambre rouge), Samsa a dû être
tour à tour pilote de planeur, concepteur de bathyscaphes,
metteur en éprouvettes de gaz rares, préparateur
de canons à neige à Salt Lake City, voire
brouilleur de sons pour E.T.. Si tout semble éthéré et
abscons dans l'univers de Samsa (les 3 morceaux qui
composent "27:36" - durée de l'album
- n'ont pas de noms, les visuels du cd, comme le
site internet, sont flous et plus qu'avares en informations),
sa musique quant à elle sait où elle va,
voyage à son rythme serein et atteint ses buts.
Qu'il s'agisse de cimes enneigées, de
fosses sous-marines ou plus simplement de balade au bord
d'un lac, les nappes synthétiques, guitares
saturées et chants féminin/masculin croisés
de ce quatuor américain font de fameux sherpas.
THE
MOUNTAIN GOATS – We Shall All Be Healed
(4AD / Beggars
Banquet) - [site]
À l'annonce de l'arrivée dans les bacs de ce
nouvel album des Mountain Goats, présenté comme une sortie de l'ornière
lo-fi avec, enfin, pour les balades de John Darnielle une production digne de
ce nom, l'excitation pointait le bout de son nez. Allions-nous, comme il
y a dix ans, et l'édition du meilleur album de Daniel Johnston "Fun",
pouvoir prouver aux sceptiques, soit à la face du monde, que notre amour
pour ces petites chansons branlantes et bancales n'était en rien
du snobisme ? Juste la reconnaissance d'un talent d'écriture,
miné par le manque de moyens, débordé par l'urgence
d'exister. Malheureusement, il semble que la voix de Darnielle et surtout
son jeu de guitare si caractéristique résistent tant qu'ils
peuvent aux moindres petits arrangements. La plus-value tant espérée
n'est donc au rendez-vous que sur de trop rares titres. Il n'en reste
pas moins une présence et un songwriting suffisamment personnel et attachant.
Qui sait, les Mountain Goats viennent peut-être d'inventer le me-fi
!??
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