Albums - Marjorie Fair, the Dog Roses, Jay Bennett

08/02/2005, par Jean-Christophe Mauger | Albums en bref |
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ALBUMS par Jean-Christophe

MARJORIE FAIR - Self-help SerenadeMARJORIE FAIR - Self-help Serenade
(Capitol) - [site]

Un nom charmant : Marjorie comme la jolie rousse en robe verte de notre première boum, Fair pour les fées qui se sont penchées sur le berceau du duo formé par Chris Tristram (basse) et Evan Slamka (tout le reste) et qui, pour l'occasion, arboraient la silhouette gracile d'Aimee Mann. Car ces deux habitants du New Jersey auront beau protester, la cause est entendue : ils sont comme nous amoureux de la belle Bostonienne, au point d'embaucher Jon Brion au piano et Patrick Warren au chamberlain et de donner à leur disque la même tonalité que ceux de leur égérie (mélodies de choix en libre service, production suave et ondulations de mellotron). Ce compliment troussé, on peut passer aux détails qui fâchent : la voix manque de caractère et certaines chansons frisent la photocopie (la mélodie de "Hold on to You" est un parfait plagiat de "Nothing is Good Enough) - plus de brassage n'aurait certainement pas nui à la santé fragile de cette union à-demi consanguine.

THE DOG ROSES - Rosa CaninaTHE DOG ROSES - Rosa Canina
(Future Now) - [site]

Un groupe de soiffards londoniens qui écume les pubs d'Outre-manche (ils y jouent et il est vraisemblable qu'ils y boivent) et balancent une musique certes d'influences acoustique et roots mais nantie d'une énergie quasi-punk (ou, pour être plus juste, qui rappelle les ancêtres du R&B local comme Dr Feelgood ou les Inmates), sur le papier, c'est excitant. Dans la vraie vie, et pour des raisons qui seraient trop longues à expliquer dans le cadre d'une chronique aussi courte (en même temps, rien n'incite à délayer), cela ne marche jamais. Dans ses meilleurs moments, le groupe sonne comme une troupe de joyeux irlandais venus fêter à larges rasades de bouzouki et la Saint-Patrick et le premier grand chelem du XV au trèfle - donc festif et un peu lourd. Le reste du temps, cette tentative de plaquer un accent de Whitechapel sur la musique des Flying Burrito Brothers provoque en moi les même gesticulations fébriles que l'approche inéluctable de la fraise du dentiste.

JAY BENNETT - My Beloved EnemyJAY BENNETT - My Beloved Enemy (Undertow records) - [site]

Depuis son expulsion fracassante de Wilco liée à un conflit d'egos à côté duquel le duel d'OK Corral ressemble à une aimable opérette salzbourgeoise, il circule des rumeurs bizarres sur la santé mentale, voire la santé tout court, de Jay Bennett. Ce deuxième volet d'une série dont le troisième et dernier représentant est prévu pour avril, n'est guère rassurant de ce point de vue - le titre résumant à lui seul un divorce apparemment douloureux. Même si "My Beloved Enemy", dans ses arrangements de pop chamarrée et lancinante, souffre d'une certaine homogénéité, on conservera toujours un fond d'affection pour ce type, parfois auteur de très beaux disques ("The Palace At 4AM" 2002). Fidélité récompensée sur le final de celui-ci, au détour d'une ballade acoustique hantée ("It Might Have Looked like we were Dancing") ou d'une reprise de Tori Amos ("Pretty Good Year") aussi incongrue qu'intéressante. Pas de regrets, donc, de lui avoir prêté une oreille attentive.

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