Albums - Martha Wainwright, Richard Thompson, José Gonzalez

26/12/2005, par | Albums en bref |
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ALBUMS par Vincent Arquillière


MARTHA WAINWRIGHT - Martha WainwrightMARTHA WAINWRIGHT - Martha Wainwright
(V2) [site]

Après le père, la mère et le fils, je voudrais... la fille ! Sacrée famille que celle des Wainwright... Après Loudon, Kate et Rufus, c'est donc au tour de la blonde Martha de pousser la chansonnette - avec une puissance vocale à laquelle le folk ne nous avait plus guère habitués - et de nous livrer ses confessions. Sans convaincre totalement, son premier album (distribué tardivement en France après avoir été disponible en import) révèle un nouveau songwriter féminin à forte personnalité. Si le disque souffre par moments d'une facture un peu trop "mainstream" ou "adult rock" qui semble le destiner avant tout au marché nord-américain, il regorge de chansons brillantes, interprétées avec une conviction qui ne peut laisser indifférent. Martha règle ici pas mal de comptes avec les hommes (son père, d'anciens amants ?), mais ses textes ne virent jamais à l'aigre ou à l'exhibitionnisme. Sur disque comme sur scène - où elle reprend élégamment Barbara -, c'est dans le dépouillement, mots crus sur mélodies nues, qu'elle séduit le plus. Reste à savoir si, dans le futur, son écriture atteindra les mêmes sommets que chez le reste de la famille.

RICHARD THOMPSON - Front Parlour BalladsRICHARD THOMPSON - Front Parlour Ballads
(Cooking Vinyl / Wagram) - [site]

Richard Thompson est grand, on le sait depuis plus de 35 ans et ses débuts au sein de Fairport Convention. Mais son excellence est si régulière et l'homme si discret qu'on avait presque tendance à l'oublier. "Front Parlour Ballads" vient nous le rappeler d'une éclatante manière, en treize chansons qui se contentent pourtant de l'essentiel. Après tout, avec une voix et un jeu de guitare pareils, on peut très bien se passer d'arrangements alambiqués et d'accompagnateurs de luxe. Pas de Mitchell Froom, de Pete Thomas ou de Joey Waronker cette fois-ci, donc, mais une inspiration des grands jours, des mélodies superbes, un art du storytelling à son zénith. Comme le titre l'indique, les morceaux sont pour la plupart des ballades, aux tempos alanguis, mais d'une telle richesse que jamais l'ennui ne guette. Derrière ces madrigaux modernes, d'un extrême raffinement musical et littéraire, se cache une sensibilité résolument pop, dans le meilleur sens du terme.

JOSE GONZALES - Front Parlour BalladsJOSE GONZALEZ - Veneer
(Peacefrog) - [site]

Amateurs d'ironies, ce disque est pour vous. D'abord, José González est... Suédois, comme son nom ne l'indique pas vraiment. Ensuite, le titre de son premier album, "Veneer" ("apparence", "vernis" en français) décrit assez mal son contenu, dénué de toute fioriture, réduit à l'essentiel - une voix, une guitare privée d'électricité, un rien de percussions, une trompette sporadique. Enfin, le quatrième morceau du disque, "Heartbeats", sert de musique à une pub pour des écrans de télé haute définition (un produit qui techniquement, est à l'opposé du son naturel, presque lo-fi, du disque), où des balles de toutes les couleurs descendent les rues pentues de San Francisco. Et comme par hasard, il s'agit du seul morceau que González n'a pas écrit (c'est une reprise de ses compatriotes electro-pop The Knife)... Pour le reste, "Veneer" est une belle collection automne-hiver de folk-songs dépouillées comme les Scandinaves savent si bien les faire, un peu frustrante par sa brièveté (une grosse demi-heure), mais extrêmement prometteuse. Y brille particulièrement le riche jeu de guitare de l'ami José, pétri d'influences latines - comme son nom l'indique davantage.

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