Albums - Jenny Lewis and the Watson Twins, Le Coq, This Melodramatic Sauna

24/01/2006, par Jean-Charles Dufeu | Albums en bref |
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ALBUMS par Jean-Charles Dufeu


JENNY LEWIS and THE WATSON TWINS - Rabbit for CoatJENNY LEWIS and THE WATSON TWINS - Rabbit for Coat
(Rough Trade / Pias) - [site]

Fruit de collaborations multiples entre la charmante chanteuse de Rilo Kiley et quelques-uns de ses amis musiciens, parmi lesquels on trouve notamment M. Ward et Conor Oberst, ce disque n'en pas moins une relative déception. Si l'amateur de country-folk harmonieuse y trouvera à peu près son compte, les autres pourront passer leur chemin sans trop de regret. A l'exception de quelques chansons, l'album ne décolle pas réellement et ne tient pas les promesses d'une affiche pourtant alléchante. On a, certes, droit à quelques jolis refrains et à de belles polyphonies, auxquelles les deux sœurs jumelles Watson apportent leur élémentaire contribution. L'ensemble ne sort pas cependant d'une pop acoustique honnête, mais un peu trop gentillette, dont le titre, hors contexte, donne d'ailleurs un bon aperçu.

LE COQ - Tête de GondoleLE COQ - Tête de Gondole
(Saravah /Socadisc)

Ne comptez pas sur Le Coq pour vous réveiller le matin. Pour vous sortir du lit, il vous faudra sans doute plus que les mots à demi susurrés d'un chanteur qui sait pourtant les manier, plus que ces guitares acoustiques dont on joue avec force retenue et monotonie, plus que les mélodies d'ambiances qui fondent ces neuf chansons, toutes assez réussies. Les paroles, ni franchement drôles, ni vraiment désespérées, évidemment en français (avec un nom pareil !), posées sur un frêle édifice d'instruments finement agencés les uns avec les autres, et capables de faire éclore des atmosphères plus enlevées à côté du minimalisme de rigueur, ont une certaine élégance. A défaut d'être un disque qu'on défendra bec et ongles, "Tête de Gondole" (un titre bien sûr ironique) mérite l'attention de ceux qui dans la nouvelle chanson française, cherchent quelque chose d'inédit et de nouveau. Le Coq peut leur apporter le neuf attendu.

THIS MELODRAMATIC SAUNA - "... et les fleurs éclosent à l'ombre" THIS MELODRAMATIC SAUNA - "... et les fleurs éclosent à l'ombre"
(Effervescence)

Malgré une première chanson polyphonique a cappella relativement peu encourageante (qui a dit Pow Wow ?), cet album est celui des trois qui m'a le plus séduit. Autant ne pas se voiler la face longtemps, les raisons en sont limpides. Comme une fillette, je me suis laissé émouvoir par les très légères montées en puissance des couplets (montées à relativiser compte tenu de la voix, ténue, elle aussi, du chanteur) et les cordes de violon qui apportent une fraîcheur à cet ensemble acoustique, surtout lorsqu'elles sont pincées (ah, Andrew Bird...). Bon, d'accord, on pourra faire beaucoup de reproches à ce disque, qui se perd parfois en circonvolutions instrumentales mettant au second plan la chanson et qui s'octroie une certaine complaisance mélodique, sachant tirer les bonnes ficelles du quatuor à cordes sur lequel s'appuient les arrangements. Néanmoins, pour peu que vous ayez une âme de midinette facilement émue par une guitare et un violon, un penchant pour les digressions néo-folk, que vous ne soyez pas décontenancé par une voix sans réel charisme, cet album a réellement de quoi vous toucher. Si en plus vous êtes fan de Pow Wow et d'Andrew Bird, c'est carrément dans la poche.

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