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ALBUMS - Why?, Mark Eitzel
WHY?- Elephant Eyelash
(Anticon/PIAS) - acheter ce disque
Avec "Elephant Eyelash", Yoni Wolf, également membre de cLOUDDEAD, mène plus loin encore sa progression dans l'indie pop (c'est à se demander s'il y a encore des gens qui font du hip hop chez Anticon). Cet album est plus homogène que "Oaklandazalusylum", plus élaboré, plus abouti, plus beau, et ainsi encore plus indispensable. L'influence de cLOUDDEAD se fait de plus en plus oublier, c'est logique, Why? n'est pas que le projet de Wolf, c'est aussi un groupe. Les trois autres membres de Why? viennent enrichir les harmonies emberlificotées du gars d'Oalkland et ne sont sûrement pas étrangers à l'évolution musicale du projet.
Le hip hop/lo-fi brut et sombre des débuts fait place désormais à un son plus clair et éclatant. Wolf chante plus qu'il ne rappe et s'autorise même des choeurs beachboyens (c'est à se demander s'il y a encore des artistes qui n'ont pas été influencés par Brian Wilson). Et quand il s'accorde des intros à coup de yo, c'est seulement pour garder un contexte hip hop dans une ambiance americana qui rivalise sans complexe avec les compositions de Jeff Tweedy ("Whispering into the Other"). Touche à tout surdoué, Wolf arrive à concocter des véritables petites merveilles pop comme "Gemini", essentiellement construite sur une ligne de piano, puis à nous offrir un peu plus tard un génial tube indie/lo-fi ("Sanddollars") qu'on croyait Stephen Malkmus seul capable de composer. Dans le genre bricoleur inspiré, dans les années 90 on avait Beck, aujourd'hui on préfèrera suivre les tribulations de Yoni Wolf. (Vincent Le Doeuff)
MARK EITZEL Candy Ass
(Cooking Vinyl/Wagram) - acheter ce disque
Bref rattrapage pour ce disque sorti en fin d'année dernière dans l'indifférence générale, malgré la relative renommée de son auteur. Après la reformation d'American Music Club pour un album très réussi et des concerts toujours aussi intenses, Mark Eitzel revient donc à son erratique carrière solo, que ce "Candy Ass" (soit "mauviette" en langage redneck : un peu d'autodérision ne fait jamais de mal) ne risque guère de faire décoller. La plupart des morceaux baignent dans des sonorités électroniques troubles déjà expérimentées sur lalbum "The Invisible Man", et tous partagent ce tempo stagnant dont le barbu de San Francisco a fait sa marque de fabrique. Pourtant, "Candy Ass" souffre de son hétérogénéité : outre quelques chansons où dominent les arpèges d'une guitare folk de loin les plus réussies , le disque inclut plusieurs plages instrumentales composées pour un film. Des instrumentaux par un type qui est avant tout un immense auteur et chanteur ? On dirait une blague, et si c'en est une, elle est plutôt ennuyeuse : dans le genre ambient tordu et brumeux, on peut trouver beaucoup plus passionnant ailleurs. Les fans hardcore (s'il en reste) ont déjà le disque ; aux simples sympathisants, on conseillera plutôt de télécharger (légalement, bien sûr) les quatre morceaux vraiment marquants de l'album : "My Pet Rat St Michael", "Sleeping Beauty", "Roll Away My Stone" et "Song of the Mole". (Vincent Arquillière)
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