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POPNEWS Décembre 2007 - interview - alela diane

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ALELA DIANE

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Vos chansons ont un côté intemporel, comment l'expliquez-vous ?
Oui, il y a plein de références à des choses qu'on n'utilise plus aujourd'hui, des choses qu'on laisse derrière nous. Je ne sais pas si j'ai un côté mélancolique mais je suis sans doute un peu contemplative ; je m'intéresse plus au passé qu'aux dernières nouveautés. Par conséquent, j'écris peut-être un peu comme certains artistes il y a une cinquantaine d'années ou un siècle. Ma conception de la vie ce n'est pas de gagner de l'argent ou de réussir à tout prix, j'aspire à quelque chose de simple : rassembler mes amis autour d'un bon repas, boire du thé, être avec mon chat à la maison… Ça donne ce genre de chansons.

Depuis la sortie de votre album, vous avez enregistré un EP qui s'intitule "Songs Whistled Through White Teeth". Connaissez-vous Andrew Bird, un autre grand siffleur de chez Fargo ?
De nom mais je n'ai jamais écouté sa musique. Je vais m'y mettre, promis.

Comment sonnera votre prochain album ?
Il sera différent forcément. Ça fait déjà quelque temps que j'y travaille, j'ai pas mal de chansons, il y a aura probablement plus d'instruments. Mais je pense que ce disque ("Pirate's Gospel") contient l'esprit même de ma musique parce qu'il est porté uniquement par la voix, la guitare et quelques discrets arrangements.

Où trouvez-vous l'inspiration pour les paroles ?
Dans la vie de tous les jours. A l'époque où j'écrivais les chansons de ce disque, je m'interrogeais beaucoup sur la définition du foyer parce que je vivais à San Francisco et que mes parents venaient de vendre la maison de mon enfance suite à leur séparation. Donc je n'avais plus d'endroit où aller. Mes paroles relatent cette perte de repères et aussi la mémoire des membres de famille qui ne sont plus là. C'est un album assez nostalgique.

Est-ce qu'on peut dire que vos chansons sont parfois proche du storytelling ?
Oui, un peu. "Pieces of String" notamment. C'est une histoire que ma mère m'a racontée à propos de mon arrière-grand-mère. C'était une femme qui collectait tout ce qu'elle trouvait dans un grand sac en se disant que ça pourrait servir un jour. Pour moi, cette chanson, c'est une façon de perpétuer la mémoire familiale, proche de la tradition orale même si je n'ai jamais connu cette femme et si elle me semble à moitié folle.

Alela Diane, par Julien Bourgeois

Et la spiritualité dans tout ça ? Le titre "Tired Feet" comporte un credo en latin "In Excelsis Deo" ?
Oh ça ! Je faisais partie d'un choeur quand j'étais plus jeune. On interprétait des chants religieux. On a même fait une tournée des églises en Italie. Beaucoup de chansons parlaient de Dieu et comportaient cette formule "In Excelsis Deo". Mais ce n'est pas une chanson à la gloire de Dieu. J'évoque le sentiment d'isolement que l'on peut ressentir quand on est dans un pays étranger et qu'on ne parle pas la langue. Le seul endroit auquel vous pouvez vous raccrocher, c'est une église. Je l'ai vécu personnellement.

Vos influences musicales ?
Mes parents chantaient dans la cuisine tous les jours. On n'écoutait pas beaucoup de musique, on en faisait. On avait quelques disques : Patsy Kline, The Shangrilas, surtout de la old country. On avait aussi un disque de Paul Simon, "Graceland". C'est à peu près tout.

Qu'est-ce que vous pensez du climat politique aux Etats-Unis ?
Ce qu'il se passe est assez malsain. Quand on voyage, on se rend compte que ce n'est pas facile d'être américain de nos jours. C'est même parfois assez humiliant. Mais pour l'instant, je ne me sens pas capable de me servir de la musique pour dénoncer la politique du gouvernement ou militer pour certaines causes.

Propos recueillis par Vincent Arquillière et Luc Taramini
Photos de Julien Bourgeois
Merci à Adrien.

A lire également :
La chronique de "Pirate's Gospel"
La chronique d'"Even Cowgirls Get The Blues"