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ALEXANDRE VARLET

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Le prix Olivier Chappe t'a été remis en juillet dernier, tu peux nous expliquer ce qu'il signifie ?
C'est un prix particulier qui porte le nom d'un jeune journaliste décédé à l'âge de vingt-sept ans et qui aimait beaucoup mon travail (Olivier Chappe est le fondateur du webzine musiqualite.net, ndlr). Le lauréat du prix s'engage auprès de l'Institut Pierre et Marie Curie à faire un spectacle pour des malades et devant tout un corpus de médecins et chercheurs. Donc c'est un contexte particulier mais, pour autant, ça ne me semblait pas anachronique de chanter pour ce genre de cause. Je me sens concerné même si mon engagement est plus sensible que militant. Après, ça m'a été remis de façon traditionnelle par Mathias de Dionysos lors d'une émission officielle sur une radio officielle avec des invités.

Alexandre Varlet

Y vois-tu une forme de reconnaissance ?
Non, je n'ai jamais raisonné comme ça. D'autant moins qu'en sortant mon premier album en 1998, j'ai rendu mon contrat assez rapidement. Il n'y a aucune gloriole. Je suis très calme.

Par rapport à ce parcours, as-tu le sentiment d'être un miraculé de l'industrie musicale ?
Non pas du tout parce que c'est arrivé à plein de gens même très connus. Je me rappelle du cas de Nougaro remercié par Barclay. C'est là qu'il a fait son plus gros succès, "Nougayork". Non, je ne suis pas un miraculé, par contre ce qui fait la différence dans ce milieu-là, c'est la ténacité.

Comment s'est passée la rencontre avec Fargo ?
J'ai été six ou sept ans en major, chez BMG. J'étais leur caution "projet alternatif" même s'ils ne savent pas trop comment gérer ce genre d'artiste derrière.
L'arrivée chez Fargo s'est faite naturellement. Michel a écouté le disque puis on s'est rencontré. Je me suis rendu compte qu'il l'avait bien assimilé. En plus, on a les mêmes affinités musicales folk, punk, post-punk. Il m'a dit que la ligne directrice de son label était la mélancolie. Pour qu'un patron de maison de disques te dise ça aujourd'hui...

A l'instant, tu évoquais tes influences rock. Comment expliques-tu cette exigence dans l'écriture des textes et le choix de chanter en français alors même que ta culture est anglo-saxonne ?
Très clairement, c'est le patrimoine musical anglais et américain de la fin des années 70 et du début des années 80 qui m'a donné envie de chanter. Je parle de The Cure, Cocteau Twins, Joy Division. Mais étrangement, j'ai pris le parti de chanter en français et qui plus est, de travailler avec une guitare en bois à la place des synthétiseurs, des guitares électriques et de la basse.

Pour devenir une rock star, tu n'as pas pris le chemin le plus facile ?
Ben non, mais c'est un parti-pris qui s'est imposé à moi et que je défends depuis dix ans.

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