American Music Club, bienvenue aux âmes perdues

19/03/2008, par | Concerts |
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Hier soir, j'aurais pu aller au concert événement organisé par Canal+ à l'Olympia, avec (entre autres) Gossip et The Kills. J'ai finalement décidé de rester fidèle à mes amours de jeunesse en allant applaudir American Music Club au Divan du monde. Evidemment, le public est nettement moins nombreux, moins jeune et moins hype. Le groupe de Mark Eitzel n'a jamais aussi bien porté son nom : ses fans forment une sorte de club, une confrérie communiant dans le culte d'un des secrets les mieux gardés du rock. En première partie, Lisa Papineau installe une atmosphère intimiste. Cette amie de Mark (qui chantera un morceau avec elle), Américaine installée à Paris qui joue avec deux musiciens d'ici, sortira bientôt son deuxième album solo. Une belle voix, un physique singulier et une vraie présence en font une artiste à suivre. Un peu avant 21 h, c'est un quartette qui monte sur scène. De la formation originelle d'AMC ne reste qu'Eitzel (qui se présente comme "Cap'tain Haddock", à cause de sa barbe !) et le fidèle, longiligne et impassible Vudi. La rythmique est nouvelle, jeune et impeccable. Ils commencent avec un morceau du nouvel album "The Golden Age" : "All the Lost Souls Welcome You in San Francisco", un titre qui résume tout l'univers du groupe et l'autodérision toujours aussi poussée de son chanteur. Ce pourrait être un hymne alternatif pour l'office du tourisme de la ville caifornienne... AMC joue une bonne partie du nouvel album, quelques morceaux tirés du précédent, et, bien sûr, une poignée de classiques comme les toujours bouleversants "Western Sky" (bon sang, quelle version !) et "Blue and Grey Shirt". Tel un Tom Waits période "Nighthawks at the Dinner", Eitzel parle beaucoup entre les chansons, revenant sur son inspiration - le plus souvent, des discussions dans des bars. C'est à la fois drôle et presque malaisant, parfois ; on ne sait jamais trop à quel degré le prendre. C'est sûr, ce type ne s'aime pas tous les jours. Peut-être est-ce le prix à payer pour écrire de telles chansons. Le groupe tire sa révérence sur une version presque cabaret (mais quand même sublime) de "Johnny Mathis's Feet", aux paroles légèrement modifiées. Les rêves de grandeur et le caniveau, tout Eitzel est là. Suit un rappel avec deux morceaux quelque peu bourrins de l'album "San Francisco" (curieux choix) et, pour terminer, le très country "Jesus' Hands" (tiré d'"Everclear"), en duo Mark-Vudi. C'est fini, et ils nous manquent déjà.

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