An Pierlé - Interview

15/11/2006, par Gildas | Interviews |
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Pourquoi le choix de l'anglais pour tes textes ?

L'anglais c'est la langue forte, toutes nos influences sont anglo-saxonnes... enfin, pas toutes... on est aussi influencés par la chanson française, surtout les arrangements, mais l'anglais... c'est... naturel. C'est la façon de chanter qui dicte beaucoup comment ça sonne, quels sons tu peux utiliser. Quand tu chantes en français, il y a beaucoup plus de poids sur les paroles. Il y a beaucoup plus de mots dans la même phrase et ça change tout. C'est un medium en soit, comme un instrument avec une sonorité précise. Et quand on écrit en néerlandais c'est encore autre chose.

D'accord. Et le néerlandais, dans les chansons, c'est pour quand ?
Ben, on vient de faire une chose en néerlandais pour la première fois. Mais je n'ai pas écrit les paroles, c'est un poème qu'on a mis en musique.

Sur scène, les souvenirs que j'ai, c'est un public très attentif, presque religieux, assez en contraste avec ce qui se passe sur scène, où on vous sent plus joueurs.
La relation avec le public en concert est très forte. C'est très important je trouve. Je ne sais pas, on essaye de faire une sorte de dramaturgie, de commencer lentement, de les entraîner avec nous et d'accélérer. Et on essaye de les surprendre aussi (elle rigole) en faisant des choses que nous on aime bien, et on essaye de faire toujours de nouvelles choses. Je pense que c'est pour ça que les gens restent attentifs.

Est-ce que ton expérience d'artiste sur scène est influencée par ton expérience dans le public quand tu vas voir un concert ?
Bien sûr tu es influencé par tout ce que tu vois, mais ce n'est pas parce que tu vois quelque chose que tu vas le faire toi aussi. C'est plutôt que nous, on aime bien, enfin, mois surtout, des groupes avec un "performer", quelque chose qui intrigue. Et aussi la musique. La scène, c'est un medium très différent de l'album. Moi, parce que je parle pour moi, je suis assez vite ennuyée quand je vais voir un concert, il faut qu'il se passe quelque chose en permanence. Les concerts où tu es intrigué du début à la fin et ou tu ne t'ennuies pas, ça, c'est chouette. C'est ça le but, c'est ce que je voudrais offrir.

Et pour arriver à faire quelque chose de différent sur scène, est-ce que vous avez été tentés de croiser des choses différentes sur scène ? Théâtre, danse... ?
Non, pas vraiment. Parfois on fait des projets spéciaux, quand on est en création, on ose parfois se lancer dans des trucs non finis avec des contacts qu'on invite, comme des danseurs ou des réalisateurs pour faire des films. Mais on fait ça dans des petites salles, et c'est là que ça devient plus théâtral, moins fini avec des medias différents.

Depuis l'extérieur on se dit souvent qu'il y a une scène belge effervescente. Tu te sens en faire partie ?
Hum... c'est difficile à dire parce qu'on est très tournés vers nous-mêmes. Partout où on a habité, il y a toujours eu beaucoup d'activité culturelle mais on n'a jamais vraiment fait partie d'une hype ou de la tendance du moment. Nous, on est souvent en retrait. Mais c'est vrai que, vu de l'extérieur, on peut dire que ça "bubble" en Belgique. Mais c'est aussi parce que il y a beaucoup de "vieux" groupes en Belgique qui on eu le temps de développer un style bien à eux avant d'exploser.
On est un cas spécial parce qu'on joue en Flandres et en Wallonie. Et aussi à l'étranger ces derniers temps. Donc on est un peu en retrait, on est assez "sur nous". On est amis avec beaucoup de groupes, mais on ne travaille pas tout le temps ensemble.

En relisant des chroniques de vos disques à droite ou à gauche et à chaque fois pratiquement, il y a 2 noms qui reviennent constamment c'est Tory Amos et Kate Bush.
Hum... moui... Tori Amos j'ai du mal à comprendre, c'est pas vrai. Par contre, Kate Bush je comprends. S'il fallait vraiment nous comparer à quelqu'un c'est Kate Bush que je choisirais. Elle a une grande voix, très flexible, elle a un sens de la mélodie qui me plaît. Je ne sais pas, il y a un sens de l'humour dans cette musique, une volonté d'expérimenter et de s'amuser, de ne pas être gênée. Enfin je ne sais pas... celle me plait.

C'est quoi la suite pour le groupe ? L'album d'or, la tournée sold out, il ne vous reste plus grand-chose à faire...
(Rires) Si, si, au contraire, ce n'est qu'un début... Maintenant notre album va sortir vraiment partout pour la première fois. Donc on va aller jouer partout, partout et on va essayer de se faire connaître encore plus, on va faire des tonnes de promo.

Tu te sens à l'aise à faire la promo ?
Oh oui, c'est différent de l'écriture mais on fonctionne par périodes. Y a des périodes de création et puis des périodes de promo. C'est une vie avec beaucoup d'extrêmes, parfois on est vraiment enfermé, recroquevillé. Et puis quand c'est fini on veut vraiment sortir et parler de notre création on est enthousiaste. Et puis c'est bien aussi de se confronter aux opinions des autres...

Propos recueillis par Gildas.

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