Anika - Interview

16/12/2010, par Luc Taramini | Interviews |
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ANIKA

Blonde, la mèche sur l'oeil à la Sagan, un chemisier Agnès B sagement boutonné jusqu'au col, telle m'apparaît Anika, la fameuse "First Lady of Invada Records". D'emblée, je sens un truc un peu arty autour de cette jeune personne au fort accent qui vient de sortir son premier disque avec les musiciens de Beak> et qu'on attend pour un shooting photo. Chanteuse, journaleuse, clubbeuse, poseuse, elle enchaîne les rôles avec un naturel confondant. C'est une fin de journée promo et pour rompre la monotonie de la chose, les questions ont été écrites sur des papiers qu'Anika prend plaisir à déplier comme des crackers.

Anika

Quoi de neuf sur la scène musicale de Bristol ?
A part Anika et Beak>, je ne sais pas. J'ai principalement vécu à Berlin et Cardiff ce qui fait que je ne suis pas très bonne pour parler de Bristol en général. En fait, ces trois dernières années, j'étais plus impliquée sur la scène musicale de Cardiff. Je pense que ce que fait Geoff avec son label est assez nouveau. Son approche inspire le respect parce qu'il parle avec différentes sortes de musiciens à qui il offre une plateforme pour que leur musique puisse exister. Geoff se met toujours un peu en retrait pour laisser les musiciens se développer comme ils doivent le faire à la différence de nombreux labels qui tentent de les modeler selon leurs critères. La manière dont il choisit ses artistes aussi est intéressante. Je pense à DD/MM/YYYY ou Crippled Black Phoenix qui ne sont pas de Bristol mais qu'il a intégrés à sa communauté.

Quels sont les artistes sans lesquels tu ne pourrais pas vivre ?
Il me faudrait une heure pour faire le tour de tous ceux que j'aime. Tous mes Cd sont à Londres, actuellement je vis à Bristol et je continue à bouger. Heureusement j'ai pas mal de choses sur mon ordinateur : Billie Holiday, Patti Smith, Pj Harvey, Neil Young, beaucoup de choses des sixties, du garage rock ou de la musique mods. J'adore les années 60 et aussi les années 50 : Buddy Holly. En fait ça dépend du moment de la journée. Les années 50 le matin, les années 60 quand je sors parce que je suis aussi une DJ qui passe pas mal de musique sixties.

En fait, je voulais savoir toutes disciplines confondues ?
Euh... je regarde pas mal de séries anglaises comme "Spaced" et "Nighty Night" qui sont vraiment très sombres et déjantées. Je ne sais pas si elles sont traduites en français mais ce sont des séries vraiment super créatives. J'adore aussi la scène plastique berlinoise, ses galeries, ses squats d'artistes. Ma coloc travaillait à Tacheles.

Fais un choix dans cette liste et dis moi pourquoi : Bettina Koster, Nico, Marianne Faithfull
Nico parce que tout le monde en parle à propos de moi. C'était une intention, je dois l'admettre même si je n'ai jamais cherché à sonner comme elle. En fait ma façon de chanter vient de mon accent qui est la combinaison de tous les endroits où j'ai vécu : le Pays de Galles, l'Angleterre, New York. Et puis je suis moitié Allemande ce qui signifie que j'ai tendance à prononcer les mots en détachant chaque syllabe. Quand je chante j'aime vraiment prononcer les mots proprement, j'aime bien la manière dont ils sonnent naturellement. Je ne voudrais pas chanter à l'américaine en mangeant les mots. Si je prononce tout, c'est comme une sorte de réaction inverse !


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